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Tant de déverfes Poëlies ver:

Les Ouvrages de }:ax

& les Piéces du Different de € LEME!

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S Pices |contènues dans. k Tome VI.

Sen LT th: Des Oeuvres. ds a. La

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Vi Recudit 44 Pée Su ‘fférend ënte Clerient … Marot, François Sean & la | | “ic Rs sk L an À por & cofitre,

de wi.

ou us | E Gap. PES a 3 : à EAU à Sage ’ S£ecre —srtaire de P de Saïpt Eburoult Contes nant la nf à deux Épifires de Clrague © Marot retiré Ferrare.. ML vi Pag. à Aux Leüteurs du Coup dE Efay. Erobogue addreffani les pas bb pis pad se . 1536.

Des

“ Ë Maroi , qui fe À + Bomimer . bér finis du TL; ref

É an, pe 8 disque d du “a Dix te de Fu al ee ee Dixain a fie Her fra mat “+ | 4

A RS >} y Fr Betis Prologhe add} re Des Ep. tehanlive ave . _. deux fœurs, à 4 Mes Danes de, Frances deux. Drayes fœurs parfaicles ammyes. s … ibid. Fifre Par François de Jœurs de. à

Sagon Secrétaire aux deux: sUenE M ed npWr confuter ir .

iv es JF AY B A En u’il L ur avoit envoyée ; ou fainétement 4 hemité GX dé-foy. 26. Prologue addreffant PEpifire qui enfuit à la Roy- ne illufire de Navarre ; ponr. la faire entendre aux trois Princes és fe de France, pour. lef- quel. ellefrie faite v: Lil ci d3s Dixain à la dile Royne de Navarre. 26 pire auÿ trois freres. Princes -ds mime France. Chant Royal à La. lousnge di Roy. 1rès-chrefien François premier de cé nom. 44 Chañt Royal pair conter par qééatre raïfons na- turelles lès infenfez Lufheriens. 46 Dizain pour la fin du Coup d'Effay. Repoñfe par lung ds Æmys- de Éimbririenr ce petit ITR, 2" LL incongnes ; Comtrefai” ‘ fant le Poëte.: à * 50 Ze Valet de Marot, Frippeli ppe » Secretaire de + Clement Marot, à Frauçots Sagon Secretaire à Je l'AbRE de Saieif Evronl. 7 sÉ a grande Geneglogie de Frippelippes ; - compofée LEE. jenre loëte champefire », ‘avec une fre nrddref{ent Le sont à à François: Savon.6& Éa grade plas fnelite 1S-hmirabtle Éenealo- sr die der tite FORD. avec la see

re ie Marot di& Fri spelipes & à fer Maire è Éneque Le tie 137. de L r cribt à Fran os Sagon AH . ne. ête nu pefêre faëti At Are a } ex + Bpes avecques un Rondian SRE far Clement MAP AIR jee poëte: |" * ‘Bo Le Rabais du se vu de Fribpelippes & de Ma- “rot dit Rat pelE. 85 Epifire. refponffve 2m Rabnis d Sagon: 118 KRemonffrance à Shgon; à à la Harierie Gras poë- Ÿ fe

d 5

DU TOME vI. 1

te champeire par Maifire Daluce Locet, Pn. : manchoys, : 12

Epifre à Mars, À Sagan, cp à La Hueterie.

13 Les Difcibles dr Amys de Marot, contre Sagon 4 Euéterie, cd laxrs xderenpe. Ù

#bolgie de Maiftre Nicole Gloteles, de Vitry en . Fartoys pour Cleens Maror. . 149 Pour Miro Abfent eontre Sagon, par Bonavenis. 6; Valet de Chambre de Là Royne de es . ë £ . | 4 Epifre. 2 Saçon & à La Husierie, par C, Fone

‘ taines,

r7 8 hi ie C 11 de François Sa- " 804ÿn; diff Sayon, envoyée à Fripehbpes, va

st de C. Marot, par C. Fontaines. 190

4 Ives de Sagon , Marot: lx Hweterie; Pañres, Falere , ARAZ , Cor cetera. . ‘202 Contre Sagun dde frens: Epiffre nouvellefaitte

bar nng 4m, de Clement Maror. z08

€ Marot dy Sagon les Treves,: Donnez jufqu'à | nr dès febues, pan l'anclorisé de l'A4066 des Conardz. - | 215 Foro à LAB des Cangvade de: Rome. 21% Le Diférens de Clement Maros G de Franpois : Agon, APERT | :

: 227 Rmced'ane ques me erormmse poire, à l'E ire 4 alla, qu dre s'ef) point nommé, fee à

106: à Sagon, Cp Hueterie, 231

* 3 . &ue

vI JR DE

, si .. : ES ES AL Fa bre

Auires petites ne Gites à à limitation de CI, Manor, ou à fon fujet. {- ù f

i. D un qui vois dre Prafre. Par € Coin ‘Collin. _— Ars. CET, ÎL.. : De Frere Coin: Par + en ntrs : 236 ÏII. De Erere Tea. &. de la vieille. par M. G, PR A ibid.

iv. De Lrère Pr "Par Lion Jamet. ibid.

Y. D'yndvqcat Cn.de Ja femme, pars Ss Roi

y-mard. 1287 V 1: Quelle. doit. fre OUTRE “PRE gris: cu Lai d'A, re ibid. VII. D'une Nana prâs de Laiis: de Macrinus. ‘ 23 VII. D'un qui. aimoit une. vieille, Par no 0 IX. D'une jeune fhoufée, par B.D,. . 239 X. D'un Curé ignare, par B.B. ,. ‘ ibid, KI. D'Alix. Par L. M. .. 240

XII. Dixain de Lion amet à Marot » quelque tems après qu'il eut vi le grand Epitaphe d’Alix qui commence, Cy git qui eft une

. grand’ perte dc. ‘ibid,

XIII. Epitaphe de feu CI. Marot , dit le D de France, par M. G. a

XIV. Autre par Monfieur du Val Fou à

. Séex. __., id

XV. Autre par Saint Romard. . dbid.

XVI. De la ‘refporfe de Margot Noiron à ur : gentilhomme qui avoit couché avec elle. Par

242

XVIL. Ballade al nom de C. Marot contre Sa- - go. ! ibid.

. XVII.

|

- ! , -- CCLXXXVIIL La

DU TOME vr.: VEr XVIÏT, Ipitasion d'un Efigramme de. Th Morus, par Marc Antoine Muret. 244 XIX, D'un Gordeliét va de fon hoflèfe. - ibid. XX, D'une grofe Garce qui feignoit effre. grofe «d'enfant, par Saine. Romard, . 245 F4 VE nas FE }

PoËhes" Nouvélles pur tes deuk pretniers Tô- : mes des Oeuviés de Clément Marot, ”

omai

>= — -

VIT AN RE - XIT. OPUSCULE, Douleur go volupté, ” ‘246

XXIIL, Chans Royal, 2f4 RonoEaü LXXI Dé Barbiers. 257 7,7, LXXII, Pogr avoir de l'argent. 258 pee = CXXIIE: ,

1 :: RE .. Sur ces mots, Chacun Toit

| Dame qui faifoir DCE promelles 2 [es amans. 263 ” *- CCLXXX VII. Sur la fottife de A

ibid. mort de Margot.

ibid. *- - CCLXXXIX. 7! faut aller droit aubut.

ibid. *-- CCXC. Mars & Venus. 26ÿ

- - CCXCI. Loyauté recompenfee. ibid. ”*.- CCXCIL. Autre Epigramme. EC

ir TABLE DU: FOME: VI. ErteriMME:: CCXGI: $ar Base lé ee

nes CCKCIY. ie Efiprerme. ibid; : -_ - CCKCV. Le dendemain des uôces. 267 = - CCXCVI. Resmge. . ibid. 0 UE De médi anse. 268

“se CCC: | 1 Di .,- = GCCI., De Saiséle ar 4 Pb Manot , jurle bruit de fa mort. ‘.. 2j

co des Oeuvres de. CI. Marot. Lu

Ex LP Ne dé fn sroW vën£ 1 les Oenvres re '7. CL Mit. “289 Table. iles Maëierès contebnies dal és “Trois pre-

mers Tomes de Clement are, 83e

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2 in de TA du Toi VE .

DR OR Ha Dee LAN \: | . , ae . Va “Les . L CE . ! LE LP ee LE : . * te * . eee SES + a + va Re 24 er ES d e ? A tR TO NT D Tete LV 7e | : an RS ï : CS 4 : 5 , a Les ouate « + ° -

& . Ù, :

COUP D'ESSsA y

FRANÇOIS DE SAGON, Secretaire de fain@ Ebvroul ; conte.

nant Ja refponce à deux Epiftres de CLEMENT Manor » retiré à Ferras _ 1€: l'une addreffante au Roy Très.

à deux Damoi- elles Sœurs. +

Avec wne Epiftre faiée par icelluy Secretai. TE aux trois Princes fi enfans de France x & en la fin. Lung à la louenge à felluy Roy Trés-Chreftier. L'añtre à Ja confufion de l'opinion perver- € d'aucurs modernes. Le tout addreffé

VÉLADE QUO +.

Teme VIT, | A AE 0

tre COUP

pane FU RE

À U X.

LECTEURS

D U

‘CO U P. D'E S S A Y.

gzee ‘U X:jeux d’esbat recreans la pere

me fonne

4)1 Le coup d'eflay n'eft jamais re- fufé.

S’il F bien fait, ce bien , bon ‘efpoir donne. S'iteft mal fait, ce mal ëft excufé:

: Si donc (leéteurs) ; je me fuis amufe . Au premier jeu faire ung coup d'aventure Contre Marot, fon venin, fa poinéture, .. Et les erreurs defquelz plain je le {çay,

Excufez moy par doulceur de nature

M'eftimans rien mon premier coup ee 2

VELADE QUOY

P R« 0: L 0 GUE Adérqun les refponfes Jfhbfequentes au Ry … Trés-Chrefien.

CE TET AR

LE fens me fault, | l'efprit vital fe trouble ; “pee m eu lt, bonte ay cueur {e rç- double, 7 main me dat & n’ofe avant aller, Le langue branfle, &-puis laiffe à parler, | F m 'eftrain@ de liberté la corde, ù edans moy je fns tant de difcorde, Que je demeure aigfi comme esbaby 0y bien aymé , mieuly cranét | très obey) je combatz en moy-mefme, ant que l’efprit endure peine extrefime 1 l'ennuyeux repos,

telt contrain@ mon Cueur Changer propos. u fu

Cquer l'invention premiere, Que.

defr cuydoit mettre en lumiere, dant le cueur tend à mettre par, efcript, L'affe@ion pores à petits

tourner quai Fe pe Ainf l re afGilly de difeordz,, | Cher erchant tUng point, dont {on cueur Le retire n une fievre entre, qui le martyre, | n hors de c she es C arDitre avec ues la rar{on. Dont vient sa à És Fo d d’audace prie. Qui

- My ARE. mn

N

4 LE COUP Qui faiét la crainéte? une haulte entreprife. Qu'’ay-je entrepris? Trop moins que mon devoir,

‘Plus que puiflance: & oultre mon fçavoir.

Quoy ? une Epiftre a Marot refponfive Blafmant la fienne en injure exceflive, .

Je fuyvray donc: il n’en peult mal venir, Mais au contraire il peult bien advenir Qu'ayant fi hault pourfuyvy mon audace

Du très-hault Roy conquefteray la grace,

Si je ne J'aÿ : au moins j’y tenteray,

Et ii je É je m'en contentcray. 2 Si non l’efprit foubz droiét de confcience

: Praticquera le droiét de patience.

Je ne fuys de tout feul fol & hardy

ms de la plume ayt le cueur enhardy Vouloir pourfuyvre impoffble entreprife. (Roy vertueulx qu’on ayme, crainét & prif) Porte moy donc, fi je fais cas pareil

A Phaëton charretier du foleil

Qu'on excufa, ou toute poëfie |

N'eft que fain@tife, & fable, & fantafie, Où l’on ne deuft fi toft la foy donner,

Si vault-il mieulx fuyvre qu’abandonner

De Phaëton la fable vertueufe,

Dont la vertu eft très-voluptueufe,

Puis que louenge & gloire à l’homme ‘rend Quant fur povoir quelque chofe entreprent. Or fçay-je bien ma force eftre inhabile,

Le povoir foyble, & ee tant debile, Qu'en le cuydant faire fi hault monter,

Ou pretendant ma honte furmonter, Renverferoit pluftoft mon efperance Dedans labifme & fofle d’ignorance,

En luy lafchant la bride fans fcavoir

Qu'il ne feroit d'exeufe à mon debvoir,

Debvoir d'efcripre, ou refpondre à celluy

D'E S$ $s «À Y: ÿ Qui mefdira de tous, & puys de luy: ” Debvoir, de dire ainfi que par deffenfe Contre Marot fon crreur & ofenfe : Eovoir, de France

t {on ha t bruyt contre luÿ fouftenir: ébvoir monftrant que j'ay volonté bonne € {upporter Jufice &'la Sorbonne : EbVoir, de veoir fi Marot à raifon D'en avoir fic ung fi mefchant blafon: = toutesfoys me fentant incapable

Je te fupply Roy difcret en faconde R

Y; & Roy feul de ce mondes l'en acceptant ce Pauvre & petit don {e pardon, 0 {Upportant Pefprit du perfonnage, €! t'adjure & Prie par fon aage.

ar le remors de trop peu de fcavoir ,

ar l’humble ac ui moindre que fon devois Et par le bruyt de ton honneur profpere

: offert Ul l'efprit trep hardy labbandonne, Entreprenant mettre au jour verité, Jantfance à ton auétorité, | ue ta doulceur rend trop plus honorable, on qu'en ce lieu Ma caufe eft favorable Veu qu’elle tend | € QUE pretend Paflier & couvrir L Clement Marot, foubz une Epiftre fainéte , Qu'il n'a efCripte (à mon advis) qu’en crainéte, Ou pour Monitrer qu'il ne vit qu'en langueur : : A 3 sé

6. LE COUP

Ou que fa langue eft oppoñite au cueur.

Tu le diras après l’Epiftre veue, Comume je l’ay de refponce pourveut;

Ce que j'ay faiét afin dé mieulx juger; Lequel des deux faiét plus à corriger:

Ou ce Marot qui blafme theologie,

Et dit, foubz toy juftice mal regie: | Ou ce Françoys qui veult monter fr haut Que pour cuyder corriger le default

De ce Marot, cheoïit én danger & faulte: . Qui vient fouvent d’entrepriñfe trop haulte, A ceulx qui n’ont la prudence ou Poe | De faire bien l’acquiit de leur devoir. Defquelz je fuis & augmente le némbre Quant de vertu ne puis.avoir que Purnbré, Et qu'entre biens fuis comme ung Tantalus- Aa bit enclos de Dédalus. | (Tant qu’à prefent le meilleur que je veoyes C’eft de chercher quelque ouverture ou voya Pour en fortir: afin de commencer A retourner de Marot le penfer, | Où je crain@z bien d’avoir jufte reprife.

Et dy en moy que foubz telle entreprife

Je tumberày: non feray. Qué fçait-on? Ou fi je tumbe ainf que Phaëton:

Au moins j'auray auléune grace acquife D’eftre tumbé foubz tant haalte entreprinfe, Or t'en va donc ma refponfe, au hazart

De rencontrer la poinéte du lizatt: * Mais fi tu fens que trop au vif te picque, Revien à moy chercher picque en réplitques

RON-

TS

-D'E.S $ À Y. | ? RONDEAU de | An Roy pour exeufe & Laëinr, 1536. |

LE moins que rien : crain@e corromt l’ats on tente , . | Que par Peffet du deftr qui me tente : Je viengne aux poinétz dont me fuis entremis, Ou que l'efprit te peult avoir promis | Quant tu verras ce que ma plume attempte,

Si La carriere euft efté d’autre eftente,

e euft rendu ma muf plus contente De kfcher bride aux cinq fens tous remis, "+ De moins que rien. Ce moins que rien eft de facille entente, Je le comméétz foubz ta prudente tente, Où je n'ay rien par cy devant commis Dont plus feray à ta bonté fubmis, Si mon efprit à prefent te contente.

De moins que rien,

dux Lelleurs. à | 1536.

Eêteurs, avant que faire jugement Prenez loifir de veoir l’epitre entiere De ce Marot : dont le courage ment A 4 A

0

RE ME es —

8 LE COUP

A lefcripture & fubjete matiere:

Voyez après la refponce derniere

De ce Françoys, qui vous femblera nud Juiques à tant que l’ayez bien congneu. .

Et fi les deux ne femblent gueres bonnes, A tout le moins, par debat advenu,

Vous congnoiftrez aux œuvres les perfonnes.

RESPONSE

Par Françoys de Sagon Secretaire de l'Abbé dt fainéf Ebvreul, l'Epifire prernier dudit Clement Maret an Roy.

1536.

T°: mal penfèr me bien loing ta penfée Près du foucy de ton ame offenfée, Qui fait juger en fi mal efcripvant

Ton efprit mort dedans ton corps vivant: Ou s’il n’eft mort: qu’il travaille & labeure, Et de fa mort ne faiét qu’attendre l'heure, Veu que desja les deux yeulx de ton cueur Sont aveuglez par faulte de liqueur,

Dont fe nourrilt l’evidente lumiere

De Dieu, où gift verité premiere;

Qui faiét congnoiftre ung efprit eftre mort Quant il n’a plus fon amoureux fupport. Sçays-tu pourquoy tu ne fçays qui te garde, Que l'œil du corps, mort d’efprit ne regarde? C’eft ton efprit de ta chair ennemy,

Qu'on voit par elle en toy mort à demy.

_ Sçays-tu pourquoy? pource qu'il n’a pas vie

Envers fon Dieu par bon amour ravie, re . LE e Lé \ Tu prefche bien charité à tes fœurs,

Et

. Y

D'E $S S A Et tu n’en as toy-mefmes lés doulceurs. Tu efcriptz tant les moyens de ta vie Qu'on n’y peult veoir finon mort Ou envie, Dont tu ferois aflez medeciné Si charité t’avoit enraciné, Mais tu ne peulx avoir fans efperance * De charité ne de foy l’affeurance. On a peu veoir comme ung des jours pañlez Tu en promis de bouche & de langue aflez Par ung efcript fortant de ton pulpitre, Tranfmis au Roy en forme d’une epiftre. Mais il fçait bien que tu n°es qu'un menteur Et que l’épitre en a plus que l’autheur, J'entendz du bien de charité non fainéte, Qui chaffe honte, & donne efpoir fans crain@e: Où lefprit fain congnoift la verité e foy antique ayant fyncerité, Et monfire à l'œil la fource & la fontaine De l'eau cœlefte infalible & certaine, Et fi defcouvre ung feu de charité, Qui rend ardeur contre feverité Du froit yver des pechez deteftables De tous humains qui ne font veritables, Lequel yver fi froit eftre ne peult, : Que & l'efprit d’ung bon chreftien veult A De pierre dure il ne recueille ou tire Ce feu divin, dont fa chair le retire. ? U 25 peu veoir ce que tu as efcript Arai La pierre avoir figure Jefu-Chrift : ais ton efprit, qui ment le Catholique, - Obtenebrant do@rine Evan lique, Ne ÊX comprendre ung F baultain efe@&,. Par lequel Dieu, foubz nom de Pierre , & fai Semblable au feu ; qui chauffe tout le monde ; Et au condui& d’eau vive pure & monde, : Dont Abrahæn avoit au temps pallé - . : A 5 Main-

,

+ L'E, 6 © V'P inte cifterne , & maintz puytz compaik ‘ Ayant fondé les veines de la terre, : -. Jufqu’à trouver l'eau vive en cefte pierre. Êt toutesfois on {çait bien que depuis Philiftiens eftouperent les puytz, Lefquelz Yfaac feit en eftat remettre, . Pour fe monitrer tel comme il devoit éftrés En expolant premierement le.cueurs : Mais tu corrompz la fubftance & liqueur De cefte eau vive , en faignant routoir boire! Tu convertis {a couleur blanche én noire, Et.fà doulceur en gouft fi très-amer . Qu'on ne t'en peult iuffimiment blefmer, Qui ne vouldroit tourner à ta louënge Que tu en boys comme lymon & fange, . . Ou fa liqueur. tu gouftes tellement : Qu'elle te nuyft au cueur mortellement. Et en.eft plus ta langue degouftéé | Que ff jamais. fu ne l'eufes gouftée, … Ainfi troublée en la rive & au bort 1 Où l'on ne pefche autre poifion que mort. On trouve affez l’efprit qui vivifie * Deffoubz la lettre & fa philofophie, . Mais ceît elprit {e tient elos, &. caché Au fo] defir qui tient l’humme en:péché, - : Et ne fe vepit en. cefte vie Hurtiaine Qu'en defcouvrant une.cœlefte veiné, _ Où le cueur prent .ung fondement fi haalt: Qu'il fait l'efprit s’eflever.en uüng fault De terre au ciel, comme l'eau.eft fillante Par les conduiéEz de fontainë bouillante, | : Dont f 'homnie eft {comme toy) mefdifans> H pert le gouft en ka fource gifant, : " Êt ne peult veôir, s’il:n’eft bon catholique, ‘ L'efprit couvert foubz Ipttre dpoñtolicque. En y lifant jai reéueilly ae.trugét,. . ot 7. oÆ

+

%

EE —

*

tr te monftrer que tu n'es pas infrui&

Sufifimment, à reprendre Sorbonne,

S’elle auroit dit chofe qui' ne feuft bonne,

Puis qu'autrement tu n’entendz verité

Et qu'en plain jour tu meétz obfeurité,

Cuydant brouiller le texte Evangelicque

Que le fçavoir des doéteurs nous explique,

Et où fans eulx l’homme ne comprend riens

Ou s’il comprent, ne le comprent fi bien,

_Et tu mefdiétz de tous (dont je m’eftonne)

© En ce mot feul (d'ignorante Sorbonne) | Qui mieulx vauldroit n’avoir efte conceu : En ton efprit, qui t’a par trop deceu . Et en ce mot & en mainte autre chofe, Qui m’esbahyt encor plus comme tu ofe Ainfi fuitif te faire nommer, | Et que tu veulx chreftien te nommer. | Car de novice en la foy chreftienne s À ( Tu t'es rendu d’ordure Lutherienne, _: : \ Et as efleu comme obligé profez Le nom de l’une & de l’autre les faiétz. Parquoy raifon permeét qu’on te renomme D'effeét contraire à ce nôm qui te nomme: Et qu'ainfi {oit: tu as nom de Clement, Mais c'eft en toy le premier nom qui ment. Lutherien, ou nom d’aultre hereticque . : Convient trop mieulx à ta folle praticque. . : Accufe donc ton cerveau efventé 2 Qui l'a fur. toy le premier inventé, . | Et non pas ceulx qu’à tort tu en accufes; Qui n'ont icy befoing d’aultres excufes, Puis qu’en ce point n’ont diét que verité, Et que ce nom tu as bien merité, u Auquel ne {ert pretendre couverture | Par le rachapt de toy & de nature Qui ne fut fit de Luther, mais de Dieu, - -- À 6 Ce

LC LE C O UP

Cela ñe peult conclure en ce lieu. : : ® Que fi quelcung Lutherien te nomme | | N'ayt-mieulx nommé le nom propre de l’hom-

me, |

Que fi t’avoit chreftien baptizé nu | Ung fi beau nom te rendroit defpuyfe. | Que refte il denc? le nom de ton baptefme, Qui > mentir lefprit, l’eaue & le crefme | Du facrement mundant l'erreur d'Adam,

Sera tourné en la fin à ton dem. . | Ne pren donc gloire au nom de ce baptefme: k Si tu le dis, dy l'en fi très-bas tefime : Qu'on ne l'entende, afin que ton peché Ne foit. pas tout publicquement prefché,

Et diffimule ung petit ta malice

Pour obvier au ds de la juftice,

À qui tu as reproché à grant tort

Qu'elle à livré maint innocent à mort, Que tu as bien plufeurs fois meritee

D'avoir rigucur de juftice irritée

De crime cfoal à leze majefté, A yant ainfi faulfement attefté : Que R juftice a la bouche tant molle | Qu'on luy veoit faindre & faillir la parolle, Ou.chanceler à ung pañlage droit, Ou differer longuement ung bon droiét, En affermant par dueil ou faterie : … ! Sur les fuppoftz d’icelle menterie. © fainét fenat! © prudens fenatours! Meritez-vous eftre diétz inventeurs : De ces grans maulx qui onteuregne en France Fault il penfer que France ayt eu fouffrance ; De fà juftice ayant glaive trenchant Au feul rapport d'homme qu’on fçait mefchant Fault il juger que foyez corrompables | À l'appetit de lung des plus coupables...

Au

jÙe

DES S À y. 13

Au bruyt commun eftimé en Paris

Et par lequel tant d’autres font peris ?

Encor après tu mefdiétz fans propos

De la juitice en lung de fes fuppoftz,

Quant tu as fait du juge Radamante Similitude à raifon repugnante

Au lieutenant & royal officier,

Qui a le bruyt de jufte jufticier,

Et d’eftre à tous équitable & droit homme, Son bon renom ne craint point qu’on le nom-

me; Et par ainf c’eft Le bailly Morin, S'il te tenoit dedans fainét Saphorin

: Près de Lyon plus près du mont Tarare,

1 n’y à duc ne ducheffe en Ferrare Qui l'empefchaît d’execurer en toy Le droiét vouloir de juftice & du roy. Penferoys-tu Juftice eftre endormye ? EONAUOr- di tu qu’elle t’'eft ennemye Et que {ür toy porte une vieille dent Sang ung remordz de ton mal evident ? Juftice n’a la dent für ta charongne, Mis tu fens bien, où te menge ta rongne, | Qui te contrainét en fuyant reprocher Blfme au fenat dont n'ofes approcher. Eftimes-tu que ton enfer terreftre AYt provoqué de juftice la dextre, Tant que lés pointz où tu as offencé ? En le penfant tu as très mal penté, au contraire ung chafcun très-bien pen{e, Que veu le mal forty de ton offence, De ton confeil & machination, Et ta conftance en obftination , On faict peché de nourrir ton ordure Dont en Paris puanteur encor dure Plus que des corps qui par toy font tous mors, 4 7 Mais

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ET eee en = RCE AR mu,

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i4 LE COUP

Mais ton efprit maling faulva ton corps, En l’ayant faiét evader une efpace Soubz vaine attente & fol efpoir de grace: Dont tu n'auras jamais don nÿ octroy,

Droiét le deffend, la juftice, & le roy

Pourtant qu’en as abufé des fois maintes, Et que fur toy fe font nouvelles plaintes,

- Dont la plus doulce a bien prouvé au roy :

Que tu eitoys caufe du defarroy, Vs Porte guydon, guyde, pourtraiét, exemple De tout le mal qu’on faifoit vers le temple

En maintz endrdictz tant de nuyt quede jour,

Lors que fefois’ dedans Paris fejour ,

_ Où mäinterant on ne plaingt ta fortune

Pource qu’on diét, & l’hyltoireeft commune; (Dont on 2 eu congnoiflancée trop tard)

Que tu mengeois en Karefine du lard, Non pas caché, mais devant tout le monde Qui t’a congneu de vie trop immunde,

Et de ce lard tu fefois maïz Megret

A l’homme ethique, hereticque en fecret, Qui fans goufter l’efprit vif de la lettre

S’eft fait juger au vivre infidele eftre.

Qui eft Marot, dont j’aofe tant parler? - C'eft ce Marot, dont l’arrogant parler

Ayant credit foubz parole trop haulte.

A faiét tumber l’ignorant peuple en faulte. Par trop avoir foy mife en fon efcript.

C'eft toy qui n'as, raifon, fens , ou efprit,

Au moins és lieux ou par gloire tu aofes

Du texte-fin@ blafmer les fainétes glofes, Et appeller ignerans les docteurs Qui n’eurent onc, maiftres ou correéteurs

Fors dieu parfaiét, lafchant pour eulx la bride

Au fain@ efprit, fuivy d’eulx comme ung guide, En chethinant par les fâcrez deférs,

À

Où

DESS A Ÿ.. 1j ° |

Où tout alafi que prudéns & diférs né Cueillent le fruiét du texte évangelique, Prefigufé par la manne angelique,

Dont autresfois ung peuple eflu vivoit,

Quant Pharaon à mort le pourfuyvoit.

Tous ces doéteurs füyatit bien tranfitoire | Ne cherchent rien que la divine gloire, . Qui eft la fin de leür intention | Du tout cotitraire à folle invention,

Dont tu preténdz blafonner thcologie

Que jufque ieÿ léfprit fainét ategie, En luy donnant tant dé force & vertu,

Qu'après avéir par raifon combatu

Maint philéféphe & la philofophie, Faict qu'à prelent Dieu {eul on glotifie, Et que le haulf où contemple de bas, -

Sans alleguér philofophaulx débatz, | Par le moyen de cefte theologie, Co | Et par l'effaét de. fà grande energié | (Qu'on diroit dtieux efficace en françoys) “ie Sceptrés püuiflänis des ernpéreuts & roys Sont contrainétz faire à Dieu obéyflänce,

Dont par dééteurs lés roys ont côngroiffance ; Telle qu'à Dieu fai&t lés haultz fürmionter, : : Et fes doétäuts par bon éfprit mnônter. | Et neantmoltis tu äs tant d’infolence k Que peñfätit nuyre à leur grahde excellénce ;

Tu nas eu hônte ignorans les nôinier, Ce qui fera léur bon bruit renommer, Autant où plus qu’on fçait en touté ville, Que ta langue eft injurieufe & vile,

En les blafmäñt tu ñe peulx ignorer

Qu'on ne les-vueille encor plus hônorer:

Dieu & le monde aÿment leur fimple vie, |

Et Congnvift tr6p chaf£uh d'eulx toe envye ; Dont voluatiéfs tu nüyroys à leur bien, di

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Y |

‘16 LE CO u Pp

Mais on t'eftime encores moins que rien,

11 eft bien vray fi tu avoys fcience,

Qu'en tes efcriptz on prendroit pacience

Où tu auroys credit foubz verité .

De blafmer ceulx qui Pauroient merité;

Mais tu n’euz onc {cience ne demye,

Fors feulement langue & plume ennemye

De gens fçavans, comme {ont les dotteurs

Ou jufticiers, comme les fenateurs, ,

Dont feit ta plume epiftre mefdifante,

Au lieu de langue ennuyeufe ou nuyfante

À toutes gens, de qui lauctorité

Te contrainét taire, ou celer verité.

En efcripuant tes blafmes ou menfonges ,

Ou par malice, un chafcun jour tu fonges

Nouveaulx propos pour le peuple abufer,

Que tu ne peulx d’ignorance excufer:

Car on a veu en toy grande partie

D'erreur nouveau depuis ta departie,

O, departie aggreable à chafeun! L

jou bien efleu, qui n’en a chaflé qu'ung uquel la vie infame, vile & orde

Tout le furplus faifoit vivre en difcorde.

O, le grant bien que la France receut;

Et le fr du peuple quant il fceut

De fon Marot la proffitable abfence,

Cachant fon mal foubz folle adolefcence.

O, France heureufe ainfi t’avoir perdu,

Mais quoy perdu, j'ay très-mal entendu :

Car c’eft Marot qui la France a perdue

De fi follie en icelle efpandue,

Et puis la vient ingrate renommer

Se permettant fon poëte nommer.

Penferoys-tu France eftre diffimée

Pour eftre ingrate en tes efcriptz nommée ?

Eftimes td”qu'elle ayt moins e credit

À près

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D'E S S A Y. 17 s Après avoir fon Marot interdi@ ? | Arilides fe monftra bien plus fage, j Combien qu’il fuft bien jufte perfonnage, | Et plus que toy de bonnes meurs garny: k Car fe voyant par envye bany : Pour faire paix en la ville d’Athenes, Sa libertéontraignit par deux-refnes Pour mieulx le mors en la bouche ferrer, Et puis avant que par pays errer; Je prie aux dieux (dit-il) qu’en telle forte Le bien public de la cité fe porte Qu'en profperant le peuple n’ayt befoing D'Ariftides, quant il fera bien loing. Je ne demande aux dieux pour recompenfe Qu’Athenien jamais à moy ne penfe, Ou qu'il ne puifle avoir le fouvenir D’Ariftides jufqu’à fon revenir. Auf fut-il revoqué de grand erre Lors que Xerxes en Athenes fift guerre. Ainf vainquit le jufte & patient ! Ariftides; mais tu n'es pas {cient ; Sufifimment pour dire en la maniere, : Ayant rayfon foubz la chair prinfonniere. : Toutesfoys donc que tu vouldras fonger De blafmer France, il fault ton frain ronger, Penfant qu’elle a Françoys pour te refpondre; Si tu pretendz {on grant honneur confondre, Sa fleur de lys par toy plus blanchira, Et ton erreur encor plus noircira, Si tu ne veuix ta fauite recongnoiftre Te monftrant tel que tu veulx fembler eftre, Or ceffe donc d’efcripre ces propos, Et donne ung peu à ton efprit repos, Puis fi tu veois que ta fureur s’appaife, Envoye au roy chofe qui plus luy plaife, Car ton efprit Juy a fi fort defpleu

Que

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EE RS TE —

18: LE COUP Que toft après qu'il en eut ung peu‘tu Il congneut bien qu’à tort & par malice Tu aceufas Sorbonne & la juftice; L'une blafmant d’ignorance & vertu, L'autre du glayve aguyfé & poin@u Pour corriger des pérfonnes l'offenfe ; Affin que Dieu tant fouvent on n’offenfe,

Je m'esbahy que de honte ne meurs. ’aofer ainfi vituperer les mœurs D'hommes qu’on voit par couftumes civiles Gouverner roys, peuples chafteanlx & villes,

Ge que par droiét de ja juftice ett fai

Par fens moral eft conduyt & parfai&,, Veu'qu'on maintient la doétrine moralle

A la civile eftre fort liberalle 5

Mais tu pretendz par tes iniques vers . Monftrer aux gens ce monde eftre à lenvers:

Il branfle ung' peu , mais s’il tourne ou renverfé

Tu en cs caufe, & ta plume perverfe,

. Qui tant d’erreur au monde a fuffité

u’encor en a quelque perplexité. Sen donne donc à Éb repen. Elle va droit, & d’ung feul pied ne cloche; Son jufte poix qu’en féneftre main tient Rend à chacun ce qui luy appartient,

_ De f mam dextre où tient fa droite efpée

Oncques ne fut perfonne à tort fra pée. Ses yeulx font he de tout terups & fayfon Pour ouvrir ceulx de prudence & raifon : Elle oyt bien cler, l’oreille n’a couverte,

Elle 4 tousjours (pour tous) laboucheouverte,

Dont elle rend à j’homme en verité

Ou bien, ôu mal, ce qu’il a rncrité,

Si tu ten plaings, cC’eft fans caufe ou matiere Puifque: vers toy fut tant ferme & entiere

Qu'elle ne peult fuccumber aux grans faitz "a

|

DES SATY% 19 De tes efcriptz menteurs & contrefaiétz, | Tu l'efprouvas de tes épiitres folles, | Mais en fondant le fons de tes parolles À Ê Sçeut que le cueur, le vouloir, & l'efprit | Difimuloient en ta lettre & efcript Et que fuyvant opinion très-faulfe, Tu defguifoys verité d’une fulfe. Vela pourquoy de juftice te plaings oo. | En tes efcriptz de menfonges tous plains, : Cuydant monftrer {à vertu eftre vice, Ou fà bonté couvrir foubz ta maice, Luy deffendant l’huis de ton cabinet, Dedans lequel tu n’euz onc habit net, Qui nefuit deu, emprunté, ou en gage. On retiré par ton fardé lngage, Qui t'a fait croire ung fécond Pathelin, Ung fin. Villon, ou traiftre Cathelin. … Car on jugedit à te veoiren la fâce, ton maintien, ta patolle, & audace; Que pour defféndre urig article dé foy On n'euft fçeu veoir homme fi preft que toyi Mais on a veu eri la fin le contrafre, Veu qu'en pénfant de ton cabinet traire Quelque grant bien, richeflés ou trefors, On n’y trouva que tes livres très-ords, Livres mortels, livrés remplys d’offence, Livres gatdéz contre jufte déffence, Livres tradui@tz par ung tas de païllards, Placards fouillez, tynutes 8 broillards: Vela l'offerte & bien qué tu éonfacres, Et tes trefots que tu appelés fâcres, Qui font dimniez, reprouvez & rmmauldiétr;:. Pour te purger, & faulver, tudys Que par iceulx, n’eft ta foy offenfée. O povre fot, povre beite infenfée\ : Sçais-tu pas bier qu'on ne touche à fa poix | | | . Sens

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20 LE C'Ou P

Sans offenfer ou maculer fes doitz ? Veulx-tu tirer doulceur d’amaires herbes ? As-tu point leu Salomon aux proverbes Tant bien provans que l'occupation N'’eu nn ds ou converfation

Telle qu’elle eft, foit mauvaife ou foit bonne, par meurs ou bonnes vertus donne. Et tu vêulx eftre eftimé vertueux , Faifant trefor d’efcriptz voluptueux, Dont les aulcuns te fervent pour induyré A fol amour, les aultres Paie feduyre Ou efgarer du chemin de la foy, L'homme s'il n’a meïlleur efprit que toy.

“Car on. fçait bien que ton oultrecuydance

Garde le tien dé faire concordance

Ou conformer ton defir à la loy,

Quant tu y. veulx mefler du faulx alloy, Dont tu corromps du vray {ens la fubftance,

: En t'efloignant par plus longue diftance

De cefte touche où tu pretendz toucher, Dont ne peult ton efperit approcher,

* Effant de foy tant defnué ou vuyde

Qu'il fai {on dieu de Tibule ou d'Ovide: Encor ne font de luÿ bien entenduz.

…. Tu dys après que les artz deffenduz

Aux chreftiens de neéte confcience Te font permis par le droié& & licence Dont on a veu les poëtes ufer.

Cela te peult plus nuyre qu'excufer, Au moins icy. Peult eftre qu’italie Supporte mieulx que France ta folie. Et y pourras tant croiftre en fol renom Que tu auras de poëte le nom,

Sans eftre en France orateur ne poëte, Mais au contraire infdele interprete, Dont eft {orty au peuple tant d'erreur

Que

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——“———.—....————-—_

ct D'E S S A Y. -AL Que la memoire en faict avoir horreur. Et tu pretendz licence poëtique Pour te defendre, O povre pou ethique, | Quel ver te poingt, ou te picque le cueur, ' D'ainfi troubler poëtique liqueur ,. Qui par conduytz d’une grace degoute Et les efpritz arroufe goute à goute? Tu as elcript, Chacun le peult fçavoir. ‘ Mais ton Ha a trop petit fçavoir je 1 Pour augmenter des poëtes le nombre, Ung tel foleil n’a befoing de telle umbre. | Je te pry donc efcripre une autre foys Marot ayant credit en vers. François Sans te nommer le poëte de France, | France n'auroit grant honneur en fouffrant ce: Car luy penfant de poëte {ervir | ‘Tu ha feroys à grant blafme affervir, Ton povre efprit qui t'a gafté & gate, Te fait penfer qu'elle eft vers toy ingrate ? Mais fi tu veülx à ton fai@ bien penfer, Et {es grans biens d’ung peu recompenfer, Tu congnoiftras qu’à toy & ton eftude, Se tournera toute l’ingratitude, D Elle t'a faiét feulle plus de doulceurs Que n'ont pas fait enfemble tes deux fœurs; Qu'on jugeroit eftre fort charitables, Si tes efcriptz eftoient tous veritables. : Ung jour dant au fainét temple à Paris

femmes vey, Dieu faulve les marys, Je te prometz que ces deux damoyfelles: La grace ont bien de couver deffoubz elles Ung rien qui vaille, ou ung jé ne {çay quoy Qui vaille moins ou auffi peu que toy. Tu les as bien pour le moins empeichées En cefle epiftre, ou tu les as preichées | Qu'on ai en France augmenter par tourmens | | L’honn

Maro fans T', triumphe en latin grave,

“22 LE CO UP

L'honneur divin, où follement tu ments; ” Non en ce point feullement, mais aurrefte De ton epiftre, ou plus je ne conteite, Craignant aux gens de mal la porte ouvris

Si je voulois ta faulte defcouvrir. + Or donc (Clement) je te prie & conféille Tourne ton cueur: affin que lefprit veille

A ton falut , & penfe deformais .

_ À mieulx penfer.que ne penfas jamais.

© Vela dequy.

cDIZAIN

Addrefant audi Marot qui fe faifoit nommer

_ Maro par fubfiraition du T. lettre finale de” ee . fon nom.

Aro fans T'. eft excellent poëte, Mais avec T. il eft tout corrumpu. Il prent de T. marotte pour houllette Et peult fans T. ce que plufieurs n’ont peu. Avec T. c'eft ung beau nom rompu, “Tourné fans T, c’eft le latin de Romme, : Droit avec T. le François d’ung. fot homme

Et avec T, demonftre en François comme :

- Ung'glorieux fans raifon faiét le brave.

*88

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DI-

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: luy-mefmes en dialogue de luy & de lan.

… Frangors. Ve dit Marot chaffé du parc François à CR Marot, :. Mais toy (François) pris au filay des mufes. François. J:y dueil qu’on tient ton efprit aux abbois, Marot. ‘ El'j'ay regret qu’en Françe tu t’abufes. François. | Ton corps (ung temps) cit faulvé partes ruée Marot. Le bn efprit ce bon tour luy a fai&, François. , L'efrit tenu ton corps 4 deffaiét. Marot. D'efprit tant prompt, la pride Le fai@ rare; François.

$i es tu mort d’eftre ainfi par Juy fait Fuitif François fort fafché en Ferrare,

DO DES

-.»

DIZ A I N | _ De e juflice par fens moral, L Ce congnoift par moyen de juftice”

à

Le bien & mal pour aymer & blafmer

Ce qu’elle blafme en puniflant, eft vice. :

G £ qu le approure, on doit Tata. ee

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24 . LE COUP

Dont selle faict roftir & enflamer

Les œbftinez en doétrine Arrienne

Et les profez d'ordre Lutherienne

Nous laiffant vivre au patron paternel

C'eft pour monftrer noftre foy chreftienne ‘Eftre fondée au gré de Péternel. : |

D 1 Z A I N .… De Sorbonne.

Ui fai congnoiftre & le vray & lefaulx Qui peult juger de l’occulte penfcei Qui favorife à pugnir les deffauix: Qui rend enfin l'ame recompenfée? Qui meét au corps la raifon difpenfée? Qui rend clarté en maint tenebreux lieu? Qui mect au fens latin grec & hebrieui Qui fai trefor de toute chofe bonne? Qui faiét monter l'homme au ciel après Dieu? Grace-& l’efprit, & avec eulx Sorbonne.

PETIT PROLOGUE,;,

Adareffant l'Epiffre refponfive des deux fœurs p mes Dames de France ; deux vrayes fœnts > parfaïidles amyes.

1 je penfeye qu’on euft trouvé fort bonne Si povre epiftre excufant la Sorbonne; Et fupportant juftice en {es fuppofñtz, Je n’auroye faulte à préfent de propos:

Je ne craindroye à prefent la reprie. _

+ 20 Ne

.D'E S S A #Y. sf De trop d’audace ou trop folle entreprife De vous aofer cefte epiftre adrefler, Je vous Paddrefle, & fi ne fault penfer Qu'elle ayt etté pour vous mife en lumiere, Comme veoirrez par l’Epitre premiere Que refcrivoit Marot à {es deux fœurs, Troublant d’amours & de foy les doulcears Je les congnoy il ÿ a longue efpace,

t fi n’eus onc defir d’avoir leur grace, { Mais ce qui tant a pouflé mon cfprit Contre Marot & fon damnable efcript . Tranfmis aux fœeurs en forme d’une cpiftre, C'eft que vous deux avez le premier titre,

De fœurs qu’on fçait joinétes par charité, Et qu'on ne dift finon la verité | En afleurant qu’eftes mieulx renommées, ., Que ces deux fœurs par Marot tant aymées, , Si ay-je fai la refponce en leur nom. Mais pour autant qu’on leur donne renom . D'avoir prefté à leur frere l'oreille, . | Et qu’elles font de farine pareille,

J'ay bien aofé & voulu vous donner

Ce que Pefprit m'a fai@& abandonner

Contre Maret, qui par fainte cautelle 7, À fes deux fœurs efcript lettre mortelle, Où je refpondz en luy contredifant

À tous les pointz où il va medifant,

Comme fçaurez (Dames) fi d’adventure

De mon epiftre oyez faire le@ure.

Où fi par cas vous mefimes la lifez

Je vous fupply que vous y advifez

Si doulcement, & fi de bonne forte .. Que ha ledture ung plaifir vous rapporte, Qui ne fera fi Dieu plaift tant petit | Que de mieulx veoir ne vous caule appetit.

Tome PL, à . B | EPI:

28 . LE CO.UP

EE PISTRE

Par François de SAGON Secretaire, Aux deux Jœurs de Clement Marot ; pour confurer rille qu'il leur avoit envoyée ; parlant fainélemeit de charité & de foy.

Ç pour troubler d'amitié les douleeurs, Le maulvais fraire abandonne les fœuts: Si fol amour de dueil le recompenfe:

Si tout luy vient contraire à ce qu'il pet

S’il penfe encor du Roy avoir pardon:

Si voftre féxe a fouffert fon lardon:

S'il a trouvé la fin deue à tous blafmes: S’il a mefdit, à tort, d'honneftes Dames: S'il ne faiét plus es fonger & refrer: S’il ne fçait‘plus fur quel pied fe lever: Sil croit qu’on ait pitié de luy en France S'il prevoyt cheoir lItatie en fouffrance:

Si contre Dieu fà femme a bien hiffé:

Si fes enfans ne l'ont au cuéur blecé:

Si de n bien (bien petit) il n’herite:

S’il eft fuytif aînfi comme:l merîtë: S’il vit en crainte , en peine &c'en tourient : S'il eft troublé en fon'entendement : S'il eft banny ainfi comme il vous mânde: Si feu mortel par fa vie demande:

S'il eft contraire à toute verité:

Si fain@tement parle de charité: . .

Et s’il ne viten cueur que de foy mate, ,

Ef-il befoing que je vous reconfortæ, :

Vous aurait ên Pesbahifment Dore ue vous avez de {on bannyflement?

@E | ” re | APoib-

ES

"DE S'S A x. 27 Détbvent les fours prendre mekencolie De veoir leur frere abignt par:fa folie? . Eft-ce pourtant qu’il de dit voftre amant Ë Que vous Pallez par regret reclamant? . Fault4l monfirer qwavez douleur plns grefre t# Que n'eut jadis: une dolente véufve. . F5 Quant ellé vit fon flz dique mort? 19 Si de Marot le remors vous remort . | te er asp ci a vil le-conduife en ung.champ:clifées : :.i 1 Se ue ‘Helye:au nat Pinadis, DL n Ou qu'il revive, ainfi que fift jadis L’unique enfant de kveufve dalente ; k Quant il-fut mort par‘da mort violente, .. Orn'eft:il mort, #il n’eft mort en l'efprét: | Comime on peut veoirpar o qu'il vous sefcript ; Où il'a faiét'le cueur, la main, k plume : Monftser fon mal trop plus que de. coutume]

Donc fi avéz pour fi compai

Douleur d’efprit, & au cueur pañon, Conformez-vous à volunté divine: :"\ Qui vous rendra chacune plus encline . ” À corriger de {on mal la poylon, :

En efli ant . par ref s de raifon : , {J Le r'addrefler au chemin véritable, Et vous ferén'éuvreofortcharitable, : : 1 Si emttedta voftre poflible effort ::. Povés:fuivér softre frere à la mort: .… Il peult changer nonobftant fn abfence: ..” L'eftat de coulpe: à l'uftat-d'innocence. | Coufillez juy.& vous ferez très-bien, .. Et s’il le faiét, lu: dre prendra bien. . + Si vous layinez comme’foœeurs foat:lerfepez : Octroyez luy-feéburs en tel'affise > *::1 211) Où n'a befèi dé fils affeétion, ue . us

Mais plus: ’cËe #& d'execution, :: FANS à

/ B 2 | Fai-

- 28 _.£ EE "CO U'P

Faites luy donc charité-mieulx pourfuyvrer: Et par efpoir {à foy morte:revivre. I L'accompaignant des œuvres qu'il nous fault Pour effacer (avec grace) ung deffault. I] le fçait mieulx, que ne luy fçauriez dire, Et toutesfois bien povez luy refcripre . Suivant les droiétz de loyalle amitié Qui de fon mal vous faiét avoir pitié, . Je m’esbahy des chofes qu'il vous compte, Et encor plus: qu'il ne cefle par honte. Car il ne {çait ung feul mot de latin .. Et veult prefcher comme ung fainét Augultin, Faifant traité de vie chreftienne tn A fes deux fœurs, comme il fait à la fienne: L'ung vers vous deux. contrefai& leprefcheur, L’auitre mandoit de bon zelle à fa fœur, : u'il congnoifloit. plufeurs vivants au ronde Eftre tant:plains d'ignorance profonde, Que trop cuider aulcunesfois fçavoir … : Venoit fouvent leur efprit decevoir, - Tant que par nuyÿét de leur ‘grande imprudenct Du jour n'avaient veritable évidence. Vela le poinét:du fol entendement. : : ..::: Où s'eft perdu voftre frere Clement. :: ri N’entendant pas que foy ne,peult:attrairé: : Le vrai flut fins œuvre falytaire::. 20 Et que Dieu rend felon l'œuvre à-chaçune. Chacun le dift, ce mot eft-fout comraun. Mais il eft bien difficille à entendre » Si Dieu ne veult grace en Péfprit eftendre: entends efprit humain... Car quant à Dieu 1 ne pretend fecours en, aucun ligui: ». 7? Et quant à l'homme il eft. fol s'il4e fie: 1” Que fans effeét {eulle foy: juftifie.: 5: Avec la foy, :moyén.de grace, fault:..: : :: Pour faire bien-êe:chañer le defaults: : A

Pf "7 F4 )

——

D'E 8 S)A-Y.. 29 À faire bien:la foy eftla Re rs | Pour impetrer de grace la Jumigre: ET | Cet L ubftance & preinier fondement ‘ ‘

ü bon efpoir qu'a noftre entendement: # | Et nentmoins fauje que ab y pe Où foy l'indwiét par € moyen de grace, Tous Mi oinétz à l'homme fon Avant qu'il'ait fon vrai faht acquis,

t ‘acquiert-on Par vertu du merite . |

‘oy;. dont l'une à Pautre herite,

Car grace ai& par foy juftifiers .

‘efprit qui Veult fa foy vivifier uivant la grace indui OMtrant qu’ung bien à l’autre

t requis |

prouver éte cfcripture, € nourriture

6 povoit que certain temps nourrir ; Prés lequel perdoit tout Padvantage

Our at _'euen ordonnoit lufaige: el e

Par raifon En telle foy je fais Comparaifon,

‘is à ceftui povre paralitique 10Y, le moyen

Sans

3 LE COŒOUP Sans efmouvoir tant de colère où d'ire - Qu'on vienne à tort des jufticiers mefdire{ Ainfi qu’à faiét voftre frere fui, Qui fans raifon des juges d'inefi@, : - - : … Lefqéels faifans en Paris leurefice Ont fait'au feu-des mefchans fichier: 21 Et croy qu'äutant eri: euflent de lay fi&æ- S'il n’euft fuy congnoïflant ff mesfi@,. Doibvent-ilz pas avoir! plus grâände éfiie En leur eftat ; quant leur ghive reprime; : De telz mefchans l'herefie on l'érreur?- Font-ilz pas bien, quant leur jufte fareur | Rend'aux maulvais une bonté par crainte, ! Ou'que l'exemple engendre une contrainéte ; | De vivre bien, en chaffänt le peché, ‘ … Dont voftre féere a le cueur entaché®t | Ne foët-ilz pas re d’avoir louenge, | Puifque par eülx Fhigmme de Dieu 1e venge? Ne penfez donc mes fœurs en Jefus-Chri : Que rien foït vray de ce qu’il vous efcript, D Mais eftimez que ceulx de la juftice Ont très-bien faict debvoir de leur office | En pugniflant telle forte de gens: Car fe monftrans eftre plus negligens ” 1] n’yceuft ei raifon, ordre ou police Qui euft {çeu vaincre une telle malice. * Parquoy ont faiét felon droïéte équité ‘. D'ainfi avoir leur debvoir acquité, Quant par fe aux ignorans propice Feirent à mort des maulvais facrifice. Où ilz n’ont eu hotte ou reproche aulcun; Veu qu’à l’eftime & rapport d'ung chafcun Jiz ont miculx faiét que ne diét voftre frere, Lequel:vous a refcript tout le cbntraire, Dont je le tien pour très-bien éxcufé Pour fon erreur qui l'auroit 4bufé, ° :

.—

L D' E. $. S A Y.. 31

En vous mandant qu’on avoit mis en France : Le nom.de Dieu & fon regne en fouffrance : Ce qui eft faulx plus qu’il n’eft vrai ou feur Qu'en miel doulx il n’y a finon doulceur, Et qu venin rigueur & amertume. nn Pardonnez luy, ce n’eft que fà couftume D'eftre contraire à toute verité ‘ | Et faindre ung mal foubz bien de charité, Quant à celuy que je vous viens de dire . Du mal de France »ün'eft befoing d’efcripre Excufe en France, on la congnoift aflez Tant de prefent que des aages paflez : On fçait très-bien que France eft la premiere Qui {uyt de foy la tant clere lumiere, ‘7 France eft entiere en {à religion: 0 France n’a Juifz dedaps faregion, °: - Re. Ce qu'ont plufieurs des nations prochaines ‘: France eft encor la fource des fontaines: France eft la fleur du trefor terrien : France a le Roy nommé Très. Chreftien :

rance n'eft qu'une & n’eft en foy partie: France contient fon tout & {à partie: France a le bruy für toute nation S’on prent honneur Jour. domination :

rance eft en fleur florente & fort feconde. France fai@ frui@ » France eftriche en feconde, Bref on ne va en place ny en lieu Où tant qu'en France on face honneur à Dieu. Parquoy ne peult eftre contaminée

ar ce Marot qui l’a importunée. Et fi direz avec luyenlhfin Que fon efprit pour France eft trop peu fin, Et que le poin qui l’indui& à mefdire

€ deféfpoir plain de colere & dire,

1 le contrainét avoir mortelle horreur

ar le remors qu'il a de fon erreur s

B4 Et

LE COUP

32 Ét d’eftre hors de naturelle terre En ung pays où l’on va mener guerre:

Où l'on veoirra le François conquereur

Si briefvement n’a paix à l'Empereur.

Penfez donc fœurs , fi Clement voftre frere

A bien raifon de fe plaindre & defphire,

SET in {on facheux a

Qui luy prepare ung danger évident.

Tout ce El dit bien n’eft que par faincte

Couvrant fon mal ou mieulx qu'il peult , p# crainéte

Diffimulant le vouloir de fon cueur,

Tournant ung doulx en amere liqueur,

Cachant foubz fueille en chacun boütdeligne

Le fruiét portant la doulceur de la vigne,

Tant qu’on ne peult finon de l’efprit veoir

Ce fruit caché qui faiét l'œil decevoir.

Ce qu’il vous prefche eft toute flaterie, vray bourde de menterie.

Ou bien, une Pourquoi ne fault toute chofe approuver En ung auteur qui tant fçait controuver.

Et au contraire en la foy & l'églife Credulité fans moyen eft requiie,

Et n’y doibt-on de rien doubter en cueur, Mais puis qu’on f{çait que ce frere eft moqueufs Que de mentir ce n’eft que fa couftume,

Et qu’à mefdire il employe f plume,

1] convient lyre & veoir diligemment

Ce qu’il efcript, puis faire jugement,

En approuvant la chofe qui bien fonne, |

Et ne mefdit ou parle de perfonne,

En reprouvant comme il eft bien decent

Ce qu’à la loy de Dieu ne condefcend, Comme eft l'endroit où il dit fur la terre Avoir veu faire aux innocens la gucrre,

Par juiticiers équitables & droictz ss

\

SZ

DE Ss À #. .… 33

Ce qu'il repete en plus de cent endroïdiz ;

Qui fai@ juger Je confeil qu’il vous donnc--

T Eftre Contraire À ce que f:

F Etfiledift cftre conforme À Dieu,

: a Mais il abufe & du textè & du lieu :

ke tquel on veoit en La fainéte cfcripture

M Que lepromift à mainte Creature

cine, & Tourment , pour {on nom "His | end'mal, & g vici |

4 Knormement à promeffe divine, > À

F Ce qu'il en di&, Pa efprit le devine, |

1 Etn’a fcours d’efprit vivifant,

Ourcé qu’au fien par trop fe va fiant. Si a il mal deviné d’aofer dire Lu

) Vivre en mariage,

Ontrévenant à leur pr .

! qui pourroit Dieu faire ourfuyte, Et prevenir au d de k Ft É ! 1€ des aultres condamnez M1 ont efté au feu abandonez :: … Uyvant larreft de juftice équitable

€ d'tous, & à tous veritable, |

€ ne {çay donc quel ver le picque & mord ainfi blafimer tant droiéte & jufte mort; S'il ne vouloit prendre la fienne exemple

A dicremie occis auprès du temple, En Efiye en deux partz devifé,

he B s .

34 LE-CO UP

En fain@ Eftienne à tort martyrifé, Ou en quelcun des martyrs ou prophetes Defquelz la mort faiét celebrer les feftes. Mais quel prophete? O quel conftant martys O bon prefcheur pour peuple fubvertir ! Dont le cueur faiét accomplir le pres Prophetizant le ferpent defloubz l'hesbe,

O prudent œil qui fe Rare garder. : *: Du mal qui vient de fes faiétz regarde ! O que fS tique honnore bien la bouche... Si tel parler ne s’en va fans reproche, .…: : : Mait tu doïibs bien palme ou lorier tedir : Si par efcript luy veulx contrevenir.. : ::: O le bon cueur qui par moyen fidele Peult furmonter le cueur d’ung infidelel. © que l’homme 2 la penfée en bon lieu S’elle peult vaincre ung ennemy de Dieu!: O que l'efprit aura ung jour de gloire. D'avoir vaincu l’appetit tranfitoire! . :. © doncques fœurs fuyez ung tel ferpent Qui de picquer jamais ne fe repent;

Mais en mordant a tousjours plus d'envÿe De mordre encor jufqu’à mordre la vie. Donnez-vous garde il vient pattelinant, .

L}

” Les yeulx baifiez &: la tefte enclinants

Faifant des croix ung millier {ns matierct Fuyez devant, évitez le derriere, Et n’efcoutez la chanfon ne la voix ::. De l’ypocrite avec fes mille croix, . Qui toft mourra nonobftant repentance En feu, en croix, en roe, ou potence.

se ee fs a & .

s ; aff x

DES S A +. 5 PROLOGUE

Adrefant lepifire qui enfuyt à la Royne illufire de Navarre, pour la faire entendre aux troys

Princes @ filx de France » Pour lefquelx elle ef faidte, |

J# eu long temps k volunté doubteufe,

La main tremblante & k mufe honteue , Premierement que d'aofer par efcript

cétre au hazart mon lourd & gros efprit, Soubz l'aventure & fortune incertaine | D’eftre excufé » Où d’acquerir la haine |

€ l plus part des facondes lecteurs, Qui pourront eftre, ou rudes cotrelteurs, Où doulx amys par doulceur amyable Qui leur rendra mon ciprit aggreable,

‘ toutesfois après avoir doubté ,

ain affeuré, & honte furmonté,

n la parfin j’ay. conclud prendre audace Pour {oubz efpoir de voftre bonne grace .

€ Ce triangle & trinité parfaite, ..: Ont avez eu l’epiftre.& petit don : . "e Je Commys au feigneur de Loudon, de ce pays du Maine, Our efläyer l’heur de guerre inhumaine.

is Pour autant que je ne fuys certain, Obftant rigueur du pays fert loingtain, Où de prefent eft la court arreftée S'il vous auroit mon epiftre portée,

ay bien voulu la meêtre cr icy

a BG -

Peur

_ Et fuys fafché de te par esbat

36 LE COUP .: Pour m'en ofter du tout hors du foucy. . Sachant aufly qu'après la trefpañlée

Avez encor ung triangle en penfée,

Qui vous faiét tant aymer la trinité

De troys ayans fraternelle unité,

u’il m'eft advis qu'on ne {çauroit rien faire A leur honneur, qui ne vous doive plaire. Vela pourquoy j veulx à cefte foys | Vous addrefler l’epiftre de ces troys;

. En efperant avoir par vous leur grace

Qui eit le tout que l’epiftre pourchañe.. D I Z' A IN A la diffe Royne de Navarre.

Le de la court près d’ennuyeulx repos, Mort en fortune, & vif en efperance, e n’efcry rien, & brouille cent propos. a tantoft dueil , tantoft resjouyflance, ’efpoir joyeux & fatale puiflance, Dont mon efprit s'efleve & fe rabat: .. . Ainfj pour paix Jay ung mortel débat, - , Où l’une vainét J'autre qui eft maiftrefle, -:

Aulcunesfois mes faiétz ne vous addreffe, |

: Le a, CR

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‘D'E S S A Y. 37 EPISTRE Aux troys freres princes enfans de France.

Uidant trouver foubz raïfon bien profonde

L'ordre du ciel, la machine du monde, Et troys degrez des fimples elemens Pour de vous troys former troys argumens; L’efprit s’'eft mys en fi haulte matiere Que je n'ay plus la liberté datiere À retirer de ce papier la main. Sans aclerfir d’ung cœlelte, ung humain, La main ne peult du cueur eftre .efconduiéte Ces deux ont eu de l'efprit la conduite Ainfÿ j'ay faiét par moyen de cestroys, Troys motz d’epiftre aflaillys plufieurs fois ; Dont le premier peult les aultres comprendre Pourveu qu’on puiffe en efprit bien l’entendre, Ou feullement penier la dignité Du mot de troys, d’ung Dieu en trinité, Suyvant la foy, qui fans philofophie | L’efprit humain en ce cas vivifie, . Et rompt la corde à toute opinion Qui d'ung en troys veult rompre l'union. Ymaginant realitez qu’on penfe En diftinguant par raifons une effence. Or font donc troys en la divinité En leur fübftance ayans fimple unité, Jouxte l’effe& du fonge Platonique

Ain

Parfai

Et demonftrer que l'effence eternelle :

Conduyft en vous ee fraternelle. | 7

se veoit en VOZ troys Cueurs-regner

Où fe troys poinétz amour demeure unique.

amour pour.mieulx les gouverner, : .

18

*:] L'E- COUP

Mais defcendons ung degré de fi hault. Pour eviter de cheoir ung trop grant fauir. Sont pas rendaris à Dieu gloire & louenges En paradis troys hierarchies d’anges. Supreme, infime, & moyenne entre deux, Et troys degrez de fain@tz du bien heureux?

Véla les troys du fpirituelk monde, - Venons au ciel & en k fphere ronde, Signes y {ont troys.en quaternion- : . Mebile, fixe, ou en communion:

Et de chafcun la maifon & regie D'ung de troys pointz qu’enfeigne aftrologie, Où l'on pr veoir en trois quaternitez

Ung feul de.trois fur quatre trinitez. | Cela eft vray, mais j’ayme mieulx m'en tané Pour depefcher le monde elementaire, Subgect au ciel, dont les fignes ja diétz

” Sont encor plus fubge@z au paradis.

Les elemens ont trois degrez d’efpece:

Car les ungs font penfez en leur fimpleñe Les fecondz non, mais en leur mixtion. Quant eît des tiers, grande eft la queftion Comme eft leur droiét nom ;, propre & verl Dont il parfont maint effet profitable.

Ces trois raifons font à l’homme difcret Des elemens entendre le fecret,

Et à l’efprit font premiere ouverture

De concepvoir tout effeét de nature. Vela comment par trois moyens certains Je vous compare aux trois mondes haultains A l’ung très-hault pour voftre intelligence, Sabtil efprit & commune regence,

Qui vous faiét trois n'avoir qu'une amytiés :

Et lung aux deux pértir tout à moyrié.

Au fecond Quoy?. Gloire où vertu cœlefte: Vous y compare, Et puis on juge: au du 3 . È EH u

+ .. +

Ex

Non pas

DE S SA > CRE 39 Qu'E voz fubgeëtz eftez doulx & clemens, Et tout ainfi que les quatre elemens

Donnent aux corps les graces corporelles

Par mixtion de chofes naturelles: | Ainf vers tous s'eftand voitre amytié,

ainfi, mais .mieulx de la moytié,

Au mineur monde y à il par femblable D'ung feul en trois umion‘amiable? Qu'en diétez vou$,: meflieuts les naturelz ; Ÿ trôbrez vous trôis fieges corporelz ‘” Defquelz châcun correfpond à ung monde ?

Je croy

ue ouy. Tefte où l'efprit abonde

Peult énfeigner monde intellé@tuel Plus hault que tous & plus fpirituel. Le cueur fecond, vray fiegé de la vie

Refpond Le tiers

au ciel, dont la vie eft fuyvies requis à generation

Et où nature a reparation

De chair

vivant à la mort tributaire,

Je le compare aù monde elementaire, Monde infernal contient troys trinitez'

Où trois

fœurs ont premieres digniter,

Une Ak@o, Trefiphone & Megere. Chafcune prompte aux tourmens, & legere D'executer à X rigueur des loix,

La volunté des juges , qui font tro S;

Ung Eacus, Minos, & Radamant €,

Qui font Corps &

punir de pèihe vehemente cfpritz des hommes condamnez

Et par fentence au feu abandonnez. J'entendz au feu de flammes im mortelles

Où font

pecheurs, apoftatz, infidelles

Tous trois pugnis felon jufte rigueur, _. Deinoit fans fm ai tourmente le cueur;

Vela comment, » cinq tri On peult trourcet én voz frâternitez.

fix, cinq trinitez Veli

Led

49 L E C OU P Vela les pointz dont je faiétz de trois freres Comparaifon à trois divines fpheres. Par la vertu de ce nombre de trois | Reçeu de Dieu en recepvant. trois roÿs; Et approuvé par trois filz d’ung Roy pere Dont fortira le bien que France efpere Malgré fortune & fatal accident. | Qui favorife au priñcé d’occident . | jus au temps que les troys filz de Frarce . ourront combattre ennemys.par outrançe,: Et employer leur bras & forte main . : Pour refifter à l’empereur rommain:, Ou pour luy faire en ung befoing la guerre S'il affalloit ou occupoit leur terre. O donc triangle & ternaire bien fai Nombre de trois premier nombre parfait, Nombre facré, Nombre de grant puiflance, De trois vertus donnant la cognoiflance Par l’ordonnance &. ftatut theologal. 1 Nombre qui plaift à Dieu, d'eître inegal. À Nombre qui faiét en noz divins offices, | _Recommencer trois fois les facrifices | Nombre qui peult par trois motz vehementz | De mer troubler, appaifer les tormentz. | (Pourveu qu’hiftoire à la foy accordée Vueille approuver la fable de Medée) . | |

Nombre de trois, quant trois qualitez font

| Ung feul ternaire en long, large & profond.

| Outre ces trois Fee nombré on recouvre . D'invencion quelconques ne..fe trouve, Et ne peult on adjouter fans mesfaiét, Au cofps de trois accomply & parfaiét, Sur Ariftote en ce point je me fonde En ung traicté qu'il fait du ciel & du monde, Où bieh au long’a diét & éxpolé Que tout effeét au moride eff difpoié a )

‘ ms | ET t 4 Par

. ._æ

1

"DE S S À %Y. 43. # Par une loy, qui en trois eft partie, 6 Et cloft en foy ung tout & fa partie Sur tout effect la loy s’eftend, afin

__ D'avoir moyen commencement & fin.

x Letemps aufy d’ung en trois on mefure: Du temps prefent, de la faifon future Et du pañlé, qui ne peult revenir. Encores trois, Dieu veult au monde unir,

w C'eft affavoir, nombre, poix & mefure,

: En deffendant de ces trois pointz Pufure. Doibz-je plus oultre encore, m’empecher | Pour-les vertus de ce nombre chercher : oo

+ On congnoift trop l'amour qui vous affemble Et fai& fervir ung cueur à trois enfemble. 1 Chacun fçait bien que voustrois n’eftes qu'’ung; N'avez befoing d’ayde ou fecours aucun,

, Et que vous trois avez telle concorde Qu'en ung lyen ne faiétes qu’une corde, La corde en triple à grant peine fe rompt, Et le triangle en un cercle bien rompt +

— Eft une chofe infrangible ou bien forte Qu'il foit ainfi à chafcun m'en raporte.

__ S'il veift en France ung triangle parfait, | De trois à ung, que la mort a deffaitt, L’ung d’entre eux eft encor plain de vie, L'autre de deux par la mort fut ravye, ; Affin d’avoir au ciel communion FX Pour fon loyer d’avoir faiét union,

Et appaifé la difcorde & la guerre D’entre les roys & princes de la terre. Vela comment ce triangle pañlé Par une mort eft rompu & café. | | Mais les deux coings du triangle demeurent | Très-bien unys jufques à ce qu’ilz meurent, | En affémblant par la mort d’une mere |

Deux cueurs en ung de la fœur & du frere. |

: du rs E CE Dar —e = A nm D PS ee me Ed Me re

L'E' COUP:

A&: O que ces deax font ung nombre à louer

De tout efprit qui en a Le povoir. O quantes feys j'ay voulu entreprendre Parler de deux que je n'ay peu comprendre, eee de deux:en perfonne & eu corps e mefme efbrit dont viennent les accordz, Et d’ung cueur feul-qui faiét à lung complaire Tous cé'que l’autre entreprend & veult faire. Ces deux en ung monitrent en verité Le bien d'amour & frui@ de charité, Qui tellement l’ang avec l'autre lye Que l’ung des deux jamais l’autre n’oublye. Ung feul peult bien eftre aflilly d'aucun, : Mais deux unys refiftent à chafcun.. ee Bésucoup moihs peult ung feul que deux er femble, De + Et mieul* vault lung quant à l'autre on l'af . femble, CE Pour recueillir le fruit à la moytié De veritable, & certaine amytié, | Qui fut par grace entre ces deux oe Quant du triangle une à la mort fur mife. O quel amour aux deux recommença Lors qur des trois la tierce trefpañla. Vous jugerez fi la mort d'une mere Aux frere-& fœur caufa douleur amere, Confiderans par ung corps corrompu La mort avoir ung triangle rompu, Auquel avoyent obey les trois mondes Luy fubmettant Pair, feu, terres & undes. Or eft par mort ce triangle def, Au lieu duquet avons ung pair parfaiét De deux en ung & d’ung en deux parties» Qui ont effé par amour imparties

‘Pour demonftrer la double dignité

Qu'ung philofophe à mife en l'unité l £t

DES SAYS . 4 Et la vertu ‘qw'il difült:eftre: er de" En prenant ung, pour l'éffénce eterselle D'ung Dieu er trois, 8 pour urg bon efprit Si nous croyons Eufcbe qui Pefcript. - Ainfi ces deuxt:paé bétité fouveraine:. - : Ne font 'qé'ungi ro &-Yefptit d'une royre, : ‘ Defquelz le monde a telle opinion. . Qu'il n’en vouldroit fepater Funion, * Et dxt-chafcun que morte une Logfe … Reftent ces deux, deux tables de Moyfe, Efquelles Dieu æpprouva & figna : La loy antique au hault mont de Syna. Ces deux, [us deux eftoilles fcintillantes, : | Ou encor mieulx olives diftillantes | ! Huylle fort doulx, dont chacun a befoing Qui veuit avoir: Zacharie en tefmoing, © :- Chacun des deux a diverie ornature ; . | Diverfe grace, & n’ont qu'une nature, : Il n'appartient qu’à Dieu divinement ÿ; Double nature en ung corps feulement, :

” Auquel avoit, comme on lift en maint texte ;

Nature humaine & nature cœlefte.

De vouloir donc comparer en ce lieu

Nature d'homme à nature de Dieu,

Ce feroit trop; & toutesfais je penfe

Que leur nature eft de divine eflence.

Tant ont Pefprit net, pur, vivifié, .

Et des efpritz du ciel clarifié. _ J'en diroys plus, mais je crain@z avoir titre De papelard ou flateur en epiftre, Se je nemectz- bien toit conclufion :

À mon efprit plaint de confufion. : * Donc pour conclute & faire.fin de lettre;

Si trois en ung voulez unir & mettre,

On dira l’ung fi très-fort & puiffant

Qu'il vous rendra le monde obeyffant; | Non

L:'Æ :COU’'P

j on feullement.le monde:tranfitoire,.…. :

Mais l’eternel où confifte la gloire, Dont vous aurez avec Dieu bonne part Tous trois ung jour après mortel depart, qu fera tatd plus qu'on ne pourroit dire. S'il pe vous vient premier qu'on le delire, Vela déquoy. Dh en Ne 3 ; _ CHANT ROYA A la louenge du roy très-chreflien FRANGOXS pre« _ sier de ce nom. |

NN TT

N° pas le roy le plis heuréux du monde; Quant Dieu luy faiét ceite grace d’avoir

Force de corps, lefprit fain,- le cueur munde,

Femme & enfans, habondance d’avoir ae foy, prudence, & bon fçavoir. : Dont il maintient en amour & concorde Tous fes fubjeétz, & avec eulx concorde.

. Certes fi eft, mais il ne fault obmettre._

(Qui ne voudra.blecer fa confcience) . Dire qu’il a tiltre imparfait, ou mettre Reftaurateur de l’humaine {cience.

Ceffant la guerre, après qu’il fot femonds, de

Traiéter la paix qu'on peult en France veoirs

Veït que parefle ou negligence immunde Avoit prins cure à l'homme decepvoir: Et ne faifoit à {cience debvoir, Par ung erreur qui frop lafchoie fa.corde, . Dont luy voulant faire allegeance, accorde :; A fes nt les medecins commettre

Pour de fCience ofter le mal, fi en ce . R : | €-

!

Te nee men ee EE

Pour veoir au-ciel n'a. que foy pour feriettre.

“DES S À #Ÿ. 4$ Remede avoit, 2 vault autant comme eftre Refaurateur de l'humaine fcience, … -

Donc par moyen de {on confeil il munde

Ars liberaulx, que Dieu luy fai@ fcavoir,

1 I rend grammaire en fon eftat fecunde,

2 D'arithmetique, il fai chafcun pourveoir 3 En rethorique, on peult appercevoir, ! Qu'il n’y à plus (comme il foulloit) difcorde. 4 Son droit plomb met Geometrie en eorde, $ Il nous deffend’en la logique admettre. 6 Le faulx pour vräy.'Mufique eft en eflence, 7 Aftronomie à recouvert ung maïftre Reftaurateur de l'humaine fcience.

Cela rendu en fa beaulté feconde - :- À fon Amour faict chafcun efmouvoir, Mais plus y {ert l’eloquence & faconde Dont peult à luy cueurs attraire & mouvoir. Le dire (en grace) a quelque autre devoir. L'homme ne peult fans qu’à raifon difcorde

Que. s’il les meét en rime on peult congnoiftre

ts (6.

Qu'il rend à l'art poétique excellence, ” .

Et

_

46 EL BE € D “UP

Et fon merite:attend en pinces Luy fufifant aux humams: apparoifre.: . Reftaurateur de humaine {cience.

LENVOY

Prince gternel regnant au diyin éloiltre : :

Je te fupbly vouloir tousjgurs accroiiire L'aucorité , Je pouvair, la-regence … ° : Du Roy. Fragçeys, À nous rucilles permettie De le nommer en ce monde.ër has etre 1,

Refaurateur de l'humaine {cience. ©

CHANT ROYAL

pour confuter par géatre raifons naturelles ls . 7. énfenfez Latheriens.

’Ay eu Fee tout-preft à‘ vaciller Soubz le fardeau des raifons apparentes, Qu’erreur voutoit'en:mon cueur dif iler Par Es Cons & oo tes Mais le donneur des ‘erdcef profperantes es Me voyant rs po A contes RE Ung vent de cie par faveut'effonhés "7" Ayant la foy pour fa circunference, … Où Fay ‘fondé Fans tete Evange re Quatre raifons de bien grande 2f JeRCCs à: Pôur confater la Rte Lu hériqde. "7". Dee 5j Pari es Lim à sonate D LE Here rhone Ur _ Sens natwieléf veni eéhféler 7 ei. e. Mon £ns troublé! d'ofirfions recétités Lot Mo:difént ere die Hipne 1480 7:77 ".

A4 if

"Ur confuter la fe Lut

: Droite Juice efend fon bras en

D'E SS À y. De contenner de noz peres les fentes, Puis qu'à la Joy de Dieÿ fônt condefcentes. bien ordonné Jamais on n’eft de Dieu abandonné, ette confcience . .

‘

Où tout ainf qu'en chofes tranf |

» Entre autres 4 Paix à parens &'pare

intz Rep eea la Picque, | Pointz fuffit l'efperience kerique, | | À Tierce rain, t fens'appaife de “ni . ce mes fens a He ‘les tourmeures oi Faifant fon feu de rivus i |

langues violentes : |

arquoy Our confu

Quna<

LE COUP | — Quatriefme raifon. Grace luyfant fur moy comme ung efchir M'a defcouvert les figures latentes De l'efcripture, où j'ay veu bien à clair. De ces mefchans.les fins incompetentes, Lefquelz faifoient lettres clofes patentes En illuftrant le fens par eulx donné, Mais onc de Dieu n’en fut ung guerdonné, ‘ Meétant pour luy miracle en evidence Ainfi qu'il fäi@ au gré du catholique ; En confermant ma lettre de crédence Pour confuter la feéte Lutherique.

Ervoy addreffant 44 RY.

Roy très-chreftien, Dieu qui t'a couronné; Et de la foy ton fceptre environné; . Eutt faiét vers toy & tes peres offenfe En vous donnant ce tiltre pour deffenfe Des bons chreftiens contre gens Plutonique, Si en l'ayant, par faulte de prudence Avyez comme eux de fecours indigence Contre la dent & poifon cerberique;

Mais jufqu’ici avez en innocence Ofté par feu, du feu la violence . Pour confuter la fèéte Lutherique. - ::

#5

d ee :Fides' #, Sagontina, À

DI_

!’

Ü M d

1

16,

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DE

D''E S $ A Y.

PASenenA: 4

DIZAIN.

\ : ‘Aigle rommain volloit en Aragon 4 Lors que fortune aydant à l’infidele Luy feit choifir La ville de Sagon,

| jnant que toft pourroit triumpher d'elle;

ais en [a ville eut euple tant fidele; Qu'après avoir par Ée rehfté, Et en Ja fin extrefme perfifté, Qurut au feu pour garder foy promife À Ainfi. j'ay Pris (d’ennemis mo efté) Fan, Force, Foy. Pour triangle en devife:

ù Lu #8

DIZAIN Pour la Fin dy conp d'efay.

V: Coup d’effay effäyer la fortune

D’eftre agreable au vioilant leéteur, Le temps. eft propre , & L cure eft oportune De veoir Jouer contre Marot l'aucteur.

ung a bleffé n g On Voye en matiere Jol Après ‘fly bon jeu par luy dreffé, VELA DE QUOY ALIQUID NE NIHIL:. Fin du Coup d'efay, Time vr,

49

CÇ RE:

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RESPONSE k&c.

Ô A pAAñneAS

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ñ n,7,

RESPONSE

Par l’ung des amys de l’Imprimeur de ce pe- tit traité , à ung incongneu, contrefaifant | Je poëte.

"nn J

Difant que l'Imprimeur a perdu credit , fes biens, & honneur à l'iniprefion d'icellay ; d dome l'Anteur à tous les diables.

Ui eft ceft homme de renom Qui {çait fi bien tourner fon nom:

Voire {on nom, & fon pays, . (Dequoy le plus je m’esbahis) En motz barbares & rufticques ? 11 n'entend pas bien les pratiques De tourner les noms en François. . C’eft uñg Poëte pamanchois Appellé Daluce Locet, Qui en tel cas gueres ne fcet * Et n’enfuit pas la belle couftume

Des François ufant de la plume,

Qui ont cefte perfection

De trouver quelque invention Sur leurs noms, ou quelque féntence: 11 a bien gaigné qu'on l’en tence Comme ung {ot digne de fonnettes, Qui a cfcript en fes fornettes

Des cas dont le contraire appert, Difant que l’imprimeur expert.

Du coup d’effày (6 le menteur) Donna à cent diäbles l’Autheur Dudiét traiété; mais de fa bouche Ne faillit jamais te] reprouche, | ge

C2

: Et croy (pour p

LE VALET DE MAROT. sr Et fi n’a perdu fon’ credit, Comme le beau Poëte di& Dedans fa fotte remonftrance, . Et fi en a eu delivrance Telle que c’eft la tierce foys . Qu'il eft imprimé, toutesfoys II dict que imprimeur eut perte; Mais fa R eft trop apperte. us luy faire honte) Que le prouffit du livre monte Plus d'argent que luy ne les fiens N'eurent jamais vaillant en biens. Ne juge donc fans certitude Toy qui te faings par ung nom rude Je fçay ton nom fans nul deffault

Etton pays ainfi qu'il fault.

LE VALET DE MAROT

CONTRE SAGON.

CHRISTOPHORUS RICHERIUS

in Saguntinum.

Vah , qui Clementem furiofo dente fatigas; Et dira landes improbitate petis. | Di tibi dent Furias, rabieque agiteris edaci Atqnue Saguntina difcruciere fame. FRIPPELIPPES Secretaire de Cremenr MarorT, à FR4NÇois SAGox Secretaire de l'Abbé de fainét | EvVROUL. P£ mon ame il eft grand’ foyfon Grand’ année, & grande fayion De C 2 ;

+

s2 LE VALET

De beftes qu’on deuft mener paiftre

Qui regimbent contre mon maiftre, e ne voy point qu’un fainét Gelais, ng Heroet, ung Rabelais,

Ung Brodeaux, ung Seve, ung Chappuy, |

Voyfent efcripvant cantre.luy.

Ne Papillon pas ne le poinét,

Ne Thenot ne le tenne point.

Mais bien ung tas de jeunes Veaux Ung tas de Rymaffeurs nouveaux Qui cuydent eflever leur .nam Blafmant les hommes de renom

Et leur femble qu’en ce faifant,

Par la ville on ira difant ,

Puis qu’à Marat ceulx-cy s'atachent, Il n’eft poffible qu’ilz n’en fachent. Et (ee lés faultes infinies | Dont leurs Epiftres font fournies) | I] convient de deux chofes l’une, Ou qu’ilz font troublez de la lune, Ou qu’ilz cuydent qu’en jugement

Le monde, comme eulx, eft juments

Dei vient que les povres beftes (Après s’eftre rompu les teftes) Pour le bon bruyt d’autruy brifer;. Eulx-mefmes fe font defprifer, Si que moa maiftre (fins mefdire) Avecques David peult bien dire: Or font tombez les malheureux En la fofle faicte par eulx. Leur‘pied mefme s’eft venu prendre; Au filet qu’iz ont voulu-tendre. Car il ne fault pour leur refpondre D'autres efcriptz à les confondre Que ceulx-là mefines qu’ilz ont faiétz, Tant font groffers & imparfaiétz:

Im

|

nl

| Ne veut point THE :

DE MAROT.: Fmparfaitz en fens, & mefures., En vocables, & en cefures:,.

Au jugement des plus fameux, Non pas des ignorans comme cul.

L'un eft ung vieulx refveur Normand:

Si goulu ; friant. & gourmand De R peau du povre Latin Qui l'efcorche comme ung maftin :. L'autre ung Huet de fotte grace. re out voler la place ‘abfent: mais le demandeur But affaire à ung entendeur. O le Huet en bel-arroy Four entrer en chambre de Roÿ:. Cé Huet & Sagon {e jouent. Par efcript l'un l’autre { louent, Et femblent, tant ilz s’entreflatent ; Deux vieux Afnes qui s’entregratent.

Or des beftes que j'ai fus diétes, _

Sagon, tu n'es des plus petites: Combien que Sagon: foit urt mot;

Et le nom d’un petit marmor.. Et fçaches, qu'entre tant de-chofes

Sottement en tes dits enclofes, Ce vilain mot de concluer M'a faict d’ahan le front füer.

Au refte de tes efcriptures, Jl ne faut vingt, ne cent ratures Pour les corriger. Combien donc? Seulement:une tout du long.

Auffi Monfieur en tient tel conte,

Que de fonner il auroit honte Contre ta ryde cornemufe - Sa douce lire: & puis fa Mufe Parmy les Princes allaiétée

3.

53

Hér- |

$4 LE VALET

Hercule fit-il nuls efforts Sinon encontre les plus forts ? Penfez, qu'à Ambres bien fierroit, Ou à Canis, qui les verroit, Combattre en ordre & equipage, L'un un valet, & l'autre un page.

Jay pour toy trop de refiftance: Encor ai-je peur qu’il me tance, Dont je t’efcri: car il fçait bien Que trop pour toi je f{çai de bien.

Vrai eft qu’il avoit un valet, Qui s’appelloit Nichil valer,

A qui comparer on t’euft peu: Toutesfois 1] eftoit un peu Plus plaifant à voir que tu n'es: Mais non pas du tout fi punais.

Il avoït bien tes yeux de rane, Et fi eftoit fils d’un Marrare, Comme tu es. Au demourant, Ainfi vedel & ignorant Sinon qu'il fçavoit mieux limer Les vers qu'il faifoit imprimer. Tu penfes que c’eft ceftuy-là,

Qui au lit de Monfieur alla,

Et fit de fa bourfe mitaine.

Et va, va, ta fievre quartaine, Comparer ne t’y veulx, ne doy:

Il valloit mieux cent fois que toi. Mais vien çà, qui t’a meu à dire Mal de mon maiftre en fi grand’ ire?

Vrayement il me vient fouvenir, Qu'un jour vers luy te vy venir Pour un chant Royal lui monftrer, Et le prias de l’accouftrer,

Car il ne valloit pas un œüùf. Quand il l'euft refait tout de neuf,

_

_

DE MAROT.

À Rouan en gaignas (povre homme)

Agent quelque petite fomme, Qui bien à propos te furvint, Jour la verolle qui te vint. :

Mais pour un fueur, quand jy pen£e;

Tu en rends froide recompenie.

lfemble, pourtant, en ton livre,

Qu’en le faïfant tu fufles yvre:

Car tu ne fceuz tant marmonner, Qu'un nom tu lui fceufles donner. Si n'a il couplet, vers, n’epiftre, Qui vaille feulement le titre,

Dont ne fois glorieux, ne rogue:

Car tu le grippas au prologue

De l’Adolefcence à mon maiftre: Et qu’on life à dextre,. ou fenetre On trouvera, bien Je le fçai,

Ce petit mot de Coup d’eflay, .

Ou Te d’eflay, que je ne mente,

© la fotie vehemente! À peine fera jamais crain& - - Le combattant qui eft contrainét

D'emprunter, quant vient aux alarmes ,

De fon adverfäire les armes.

Ha ruftre, tu ne penfoys pas Que jamais il deuft faire ung pas, Dedans la France: tu penfoys, Sans pitié ce bon Roy Françoys, Et le paignoys en ton cerveau, Auffi Tigre que tu es Veau:

Ceft pourquôy les cornes dreflas. Et quant tes efcriptz adreflas, Au Roy tant excellent Poëte,

Il me fouvint d’une Chouette Devant le Roffignol chantant, Ou d’un Oyfon fe REA

| | 4

55

LE VALET Devant le cigne pour chanter.

Je ne veulx flater ne vanter, Mais certes Monfieur auroit honte, De t’allouer dedans le compte, . De fes plus jeunes apprentiz.

Venez fes difciples gentiz.. Combattre cefte lourderie.

Venez {on mignon Borderie. Grand efpoir des Mufes haultaines. Rocher, faictes faillir Fontaines : Lavez tous deux aux Veaulx les tetes. Lyon (qui n'es pas Roy des beftes, Car Sagon l’eft) fus, haut la pate Que du premier coup on Pabate. Sus Gallopin, qu’on Îe galloppe. Redreffons ceft Afne qui choppe Qu'il fente de tous la pointure,

Et nous aurons Bonadventure-

A mon advis , aflez favant,

Pour le faire tirer avant.

Vien Brodeau le puifné fon filz: Qui fi très-bien. le contreñs Au huiétain des freres Mineurs, Que plus de cent beaulx devineurs ; Dirent que c'’eftoit Marot mefme, Tefmoing le Griffon d’Angoulefme,. Qui refpondit Argent en pouppe, En lieu d’yvre comme une fouppe.

Venez donq fes nobles enfans, Dignes de chappeaulx triumphans , De vert Laurier; faites merveilles: Contre Sagon digne d’oreilles À chapperon. Non; ne bougez, Pour le vaincre rien.ne forgez.:

Layflez ceft honneur & eftime;.

A là dame Anne Philethime

ÿ

DE MAROT.

De qui Sagon Pourroitapprendre, .…

Si la peine elle daignoit prendre De l'enféigner. Trembles-tu point Coquin, quant tu ouys en ce poiné&®,

Hucher tant d’efpritz ; dont le moindre

Sçait mieulx que toy, louer & poindre. Je lille ung tas d’yvrongneries

Qui font en tes rymafléries ,

Comme de tes quatre raifons,

Aufli fortes que quatre’ Oyfons,

De ces deux feurs Savoyfiennes, .

Que tu cuydoys Parifiennes,

Et de mainéte autre grand folie : Dont il n’a grand’ melancolie. Mais certes il deult gramment ;._ De t'ouyr irreveranrinent, Parler d’une telle Princefe ; Que de Ferrare la-Ducheñe, | Tant bonne, tant fige, & benigne. O ns fois en {à cuyfine Ton dos a efté fouhaitté Pour y eftre bien fouetté! . Dont (peut-eftre) elle euft fait-deffenfe, t bien pardonne à qui l’offenfe. Mais moi je ne me puis pie De t'en battre, & te nazarder: | Ta mefchanceté m’y convie; Et m'en faut pañlér mon envié: | Zon deffüs l'œil, zon fur le groin, Zon für le dos du Sagouyn, Zon fur l’Afne de Balaan. | Ha vilain vous petez d’ahan, Le feu fain& Antoine vous arde, Ca ce nez, que je le nazarde.

Pour ta pee avecques:deux-doits :

onneur où tu ddis.”

Àporter po C5

57

£o-

on). RE ne SU SE

LE VALET

Enflez vilain, que je me jouë: Sus, après , tournez l’autre joué: Vous criez : je vous ferai taire Par Dieu, Monfieur le Secretaire De beurre fraiz. Hou le maftin, Pleuft à Dieu, que quelque matin Te vinffes à te revenger: L'Abbé feroit en grand danger De voir par maniere de rire Monfieur mon Maiftre lui efcrire,

. Et d’eftre de lui mieux traicté,

Que de moi tu ne las efté:

Car il {çait tout: & fçais comment Te fit exprès commandement

De t'en aller mettre en befongne Pour compofer ton coup d’yvrongne: Ce que lui accordas, pourveu Qu'en après tu ferois pourveu

De la cure de Soligny.

Quand à celle de Sotigny, Longtemps a par élection

Tu en prins la pofleflion.

. Que je donne au Diable la befte: I] me fait rompre icy la tefte A fes merités collauder, | Et les bras à le pelauder :

Et fi ne vaut pas le tabut. = Mieux vaut donc icy mettre but, T'advifant fot, t’advifant veau, T'advifant valeur d’un naveau, Que tu ne te vis récevoir Onques tant d'honneur, que d’avoir Receu une Epiftre à outrance D'un valet du Maro de France. ‘

Et crains d'une part, qu’on t’en pride: Puis (d’avoir tant de peine prit) " .

ie ai

.__ DE MAROT. fo J'ai peur qu'il me foit reproché, Qu'un Afñe mort j'ai efcorché.

Qui friplt in Marotum, | HENDECASYLLABUM.

Pœnas Stefichorus luebat olim, Lingua Tyntariden loquaciore Dum léfit, merito licet, nec iram, Fagit fœmineam bonus Poëta, Sed cacus varium canit coatlus. … Ehen quid tibi jsm putas futuruns Ingens ardelio ? putas Maroti Numen vel levius, vel effe vires Infra id, quod muliebre robur eght ? Non jam corporels, mifelle, ocellis Sed demens capiere luce mentis.

D I Z A I N

Conforme aux vers precedens , par Charles | Fontaines.

Teficorus le Poëte de Grece : Après avoir efcript encontre Heleine Qui en beaulté a furpañlé Lucrefe I] fut pugny par une telle peine

Qu'il ne vit goutte. Or pour fa veue pleine

Toft recouvrer, luy convint contr’ efcrire.

Ainfi Sagon, il te convient eflire _ De ces deux cy ou He _ l'autre voye : Ce.

6o LE VALET DE MAROT.

C’eft, à ton œuvre à prefent contredire. Ou que remply de vergongne on te voye..

HUICTAIN Envoyé à Clement Marot par ung fien any! SE doibt faire à ton vallet refpondre

Sa chambriere, & jure de couraige, (Ou en abyfme il po toft confondre) Qu’à cefte fois (s’il peut): il fera raige, Or du remede, il fault bien (s’il enraige) Le garrotter de cordes à gros neux:

: Puis le mener, pour le-faire plus fige,

Droiét à Larchant comme ung Mathelineux:.'

Eh du. Valet de Mare.

E4 GRANDE

GENEALOGIE DE

FRIPELIPPES,

Compofé par ung jeune Poëte.Champeñtres.

. Avec une Epiffre » Adreffant le tout 4 FRANS

Ç015 SAGON.

SRE RO RONA RON PC IICIDOTD CLP SO RICE Lettre va Pen: do ne faitix long fejour.

Te prefenter devant l'autre greban

Afin qu'il ayt tout fon arriere ban

Contre Marot premier qu’il face-jour. -

1537e

REX Alut-à toy, gentil Secretaire, EN RAA Que dit ton cueur (qui fçait le

1 _ fecret taire KR 98

SSS ourdy

Un © parfait, à peu que je ne dy

(Si une foys à rimailler ma rote)

C 7 _ Se

Quant il eft Ep) de:ce.qu'un

62 LA GENEALOGIE Sentant le feu au tour de fa marote À contre toy voulu tendre fes lacs ?

Si tu le veulx ilt’en dira, helas!

Ton coup d’effay luy a gratté fa rongne

Plus mal fentant que ne faiét la charongne, Ton coup d’eflay à fon ulcere actain&

‘De feu mortel & de’ vinaigre aftainé ;

Mais fi tu veuix faire à bon efcient | Il congnoiftra qu’il n’eft gueres fcient, | Et qu’il fera tout befoing äu bon fre. . De naviguer jufques en Antycire

Pour neétoyer & purger fon cerveau

De elebore, obftant qu’il n’eft qu’un veau, Pour ce qu’on dit qu’il n’en peult eftre deux, Et toutesfoys defpit fuys & ne veulx

De ce-qu’il a tant prins de hardiment

Te provocquer, mais on fçait bien qu’il ment, Fors d’ung ieul mot, qu’il a voulu d’efcripre, Dont fuis contrainét prefentement de rire. Qui ne riroit? faignant Democritus! Fuft-il Craflus, fuft-il Heraclytus Ou Photion, ou l’empereur Philippes, Quant ce Marot s’eft nommé Fripelippes. Democritus fut Philofophe antique . Lequel par Vers, par Profe, par Cantique

_ Tousjours ryoit, fe mocquant des humains:

Et Craflus fut ung des Seigneurs Romains,

* Lequel a ris une fois feulement;

Les autres troys avoient ris nullement Quant ilz vivoient, mais fi reflufcitez Eftoient tous trois, ilz feroient incitez | Rire fi fort qu'ilz chieroient en leurs chaufiés Happe, Marot, & en feras tes faulces

: Pour arrofer ta langue non habille

A bien parler, mais à font mal labille, Hola ie faulx, car je penfois parler: ”

DE FRIPELIPPES, @j À ton valet, dont le bruit court par l’aer. Pardonne-moy, car je n'y prenois garde Que je füys fol quant par tout je regarde Marot eft luy, & luy eft {n valet: Que pendu foit le meïlleur au collet; | # Mais quant Marot sf pour partir houfé | Ïl a fouvent valet qui eft ofé Le debouter par faulte de monture. Je voys changer propos, il en eft heure, Si fault-it dire encor deux ou trois motz : À ce Marot le prince des marmotz, Qui eft valet du valet des valetz ; Telz qu’en ce monde il n’en eft de fi laidz: Ce nom qu'il a Fripelippe eft decent Et {on vouloir en choitr ung de cent: Mieulx confonant il {eroit impoñible, Car luy fripant advis m’eft qu'ung porc fyble; Ou que je voy ung gros afne à la ne © Fy qui vouldroit tous fes cayers eflire L'on n’y verroit que toute ripperie Plus orde au fons que vieille tripperie, Vien ça frippet qui à tout mal s’attire te congnois, j'entend bien ta fatyre : Prefumes-tu, & toy & ton Fontaines | Faire tarir les fources tant haultaines Au filz Cretin dont tout fçavoir diftille? Prefimes-tu participer du flille Lequel defcend de £a plume dorée, Laquelle par toy deuft eftre adorée ? O x Efpoir que pource entreprendrois Une cheveche an lieu d’aigle preudrois, Dont PR et & l’autre ne peult veoir Comparaifon tu ferois pour tout veoir D’une teftude où limaz tardiffime À Pegafhs cheval velociffime. | Tu contrefaitz te valet & le page . : | N4

LS

64 LA GENEALOGIE. Contre Sagon dreffant ton équipaige-

Il m'eft advis quant je voy ce faire,

Veoir ung formy. befte de povre affaire

Qui tondre veult le Lyon roy des beftes; Ou que je voy ferpent ayant fept teftes, Eftre aflailly d’une petite mouche. | Tues morveux; il fault que je te mouche. Fy du vilain, regardez comme il bave Fuy toy d’icy, va dire que on te lave. Laver non fault, c’eft la tefte d’ung afne Malgré en ayt la Déefle Dyane, L'on 2. perdroit que fa peine & fon temps. Haulce le groing au moins fi tu entendz. Eft-ce pas toy que le Satyre Pere

A proclamé tant icy comme en Perfe

Pour à Mydas donner grandes oreilles ?

Si ce n’eft toy, tu en as les pareilles. Tû marmonnas gentil Prothenotaire-

De Montfaulcon, Sagon te ferataire,.

Ce n’eft à toy de corriger fa mufe. . | Je crye en vain, je pers temps & m’amuke A ung marmot duquel on ne tient compte; Soit bien, foit mal, faifant d’aultruy fon compté Il deuft taxer queleun comme luy herre.

Au vin à vendre il ne fault du l’hierre.

Ung Elephant de fa Mouche n’a peur;

Sagon aufh n’a cure du trompeur; | Que luy chault il fi tu le blafme ou loue; : Tu ne fçaurois faire pys que la moue.

C’eft aux enfans à craindre le tounoirre: , . A tout le moins s’il.n’eft faiét' que d’un voirré: Ne le crains donc, 6 parent de Mercure; Gentil ve tu ne prendras srand cure; Pour confuter Frippet & fes fuppoftz;,

T'u as les Éd pour ce faire Époftzs

Mais mande lu y que l’'Evefché des champs EA

Le

| |

_ DE FRIPELIPPES. 6 EI refervée à luy comme aux mefchans, Qui luy femblans de voulenté non bonne.

Ont eflayé denigrer la Sorbonne, :Dy qu'il pourra la beneiflon du pied

Faire aux paflans quant auront bien piay. Mais qui m’induict te refcripre à prefent Contre Marot qui ne fut onc prefent Devant mes yeulx, veu aufli qu’en ma vie. Je n’avois eu de te refcripre envie? Que dis-je, envie à toy. je n’ay parlé: En mon vivant, je ne fuis emparlé . Pour me:trouver devant fa doulce langue Digne de faire à ung Roy la barengue Voicy pourquoy quant j'ouy le renom Que ce Frippet avoit changé ton nom, J'en euz grand dueil , pource que je fçay bien Que plus que luy tu as apprins du bien. On le voirra fitu mectz plume en œuvre Auprès de toy ne fera que nienu œuvre. nc me fuys mis à revolver mes livres. Lefquelz ne font de fcience delivres: . J'ay regardé cayers & grandz volumes Et du depuis certes nous ne voulufmes ,

Mon clerc & moy, cefler de fueilleter

Pour reparder qui voulut alaiéter,,

Dont defcendit & d’où print origine: Ledit Frippet bon fouillart de cuifine, Je vy premier les livres de latin

Comme la Bible, après fain@& Auguftin.'

Puis fainét Jherofme, auffi Bonaventure,

Et finct Gregoire auquel bonne adventure -

_ Dieu envoya, mais de tous ces gens-là

Aucun d’iceulx ung {eul mot n’en parla:

Je veiz: après Tite Live & Plutarque

Les triumphes maiftre François Petrarque ; Thucidides de vincent les hiftoires,

Et

66 . LAGENEALOGIE

Et de Guaguin qui font aflez notoires, AS LE » d'Anthoine Sabellique, : Et de Cefar en fa guerre Gallique: | Je vy Juftin, Lucan, Pline, Suetonne, Qui n'ont efcript de Frippet, dont m'eftonné: Mais quant je vins à voir Perfeforeft Alors Je mys ma plumette en arreft: Car j'en trouvay la fource primitive, Incontinent ma plume fut active D'’efcripre tout. Puis Huon de Bordeaux Me recompta d’aulcun de fes hardeaux: Après rencontre ainfi que m’esbattoys Merlin, Giglan & Gyron le courtoys; Pentagruel, Efopet, Mandeville, Qui m'ont compté jufques en cefte ville Le demourant de fon antique race Et puis après que fut-ce? que fera-ce? gr faiét extrect de fi genealogie

our t’inciter de faire apologie Encontre luy, je t'envoye la minute. Je te pry donc ta langue n'eftre mute,

Voyla que c’eft Sagon loyal amy,

Je ne fçay donc plus propos ne demy Qui ton efprit fceuft faire resjouyr, Fors que pry Dieu qu'il te face jouyr, Après avoir vefcu les ans Neftor,

De paradis plus riche que n’eft or:

C’eft ung lequel eftant für banc ou felle N'a pour rebut que mal au cul fe felle. Si vous voulez fon nom y trouverrez Ne plus ne moins ainfi que vous verrez ;

Et pour devife ACOAQQ,

C'eft aflavoir amico amicus.

Toft & tard . Feftina lente. Le

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DE FRIPELIPPES. 6} ICRA ADCRDE LPC TDR TOROC RAID IRL NOINC LIEN

La grande plus inclire € très-amirable Genea+ logie du magnanime Frippelippes , avec la Cronicque.

pee & le jour que l’on menoit les veaulx

Pour païftre aux champs les gens eftoient | nouveaulx,

Frittetrippe enamoura Marmotte

Et la fringua demy coup fur la motte:

Qu'en advient-il? elle chia Frion .

Trois jours après, donc fault que nous ryon:

Ceftuy Frion eftoit ung petit nain

Lequel alloit pefchant avec ung hain

Soubz petit pont, & la merde n’efchappe

Que incontinent le dit Frion ne happe

Pour fon difner, & ne feift en fon temps

Aultre meftier : ainfi comme j’entendz,

Il ns Friet ce bon marchand

De blanc favon , mais le povre mefchant,

Après qu’il eut engendré Friollet,

I! fut pendu bien hault par le colet.

Ce friollet courant par montz & vaulx

Fut à la fin efcorcheur de chevaux,

Et engendra Friquet près Montfaulcon, ‘

D'une putain qui avoit ung faulx con:

Car Friollet fetft tant qu’il fut au rolle

Des gens de bien qui ont eu la verolle,

… De cela vient que tous fes fucceffeurs

En ont efté tousjours vrays poflefleurs. Son filz Fricquet qui beuvoîit à-grans traiétz Fut aprentiz de cureür de retraïctz, efya s’en faire pañler maïftre, Il fut chiffré parquoy il s’alla mettre Pèr defefpoir deflus une loudiere, . | Et

L]

_ Le pays

68 : LA GENEALOGIE

Et feift Fricquot qui chauffa la chaudiere, En'ce temps-là, pour boullir les rongneuz’ Des-monnoyes. © le villain rongneuz ?

. Qu’il.fut heureux s’il vivoit deprefènt,. .

On luy feroit quelque noble prefent, Car il eft trop de ces rongneurs de doubles. Le bon Fricquot fe mift en quinze doubles, Pour. maczonner Monfieur Friquelimicques,. Lequel:vivant n’euft fçeu valloir trois nicquesi

1] füt tant ot qu’il befongna Marote,

Son vray meftier fut de porter la hotte. De Marote il euft ung gros Friant,

Maulvais garïon danfant, chantant, riant ;

Lequel.alla au faffran de bonne heure,

Et n’avoit prins qu’ung.afne pour monteurt- Fut-il bien loing? au pays d’Albigeois,

Ou Touloufan, attendez, je y fongeois,

- C’eft à Cahors qu’il menoit fon charroy. Et en quel temps? Du temps que le bon RoJ

Di& Se its Philippe Dieu donné.

AÏby avoit Libané A feu & fang à Symon de Montfort, . Qui combatant fe trouva le plus fort: Car il occift les mechans heretiques, Bougres fallez.& puantz {chifmatiques. Fripperie {e mift entre les-mors, Et par ce painét {€ faulva près Cahors. Friperie fut une garce infaiéte, Toute galleufe & toute contrefaiéte. Des Albigeois: tant & tant culletée. Que du depuis ne fut que valletée: Mais-toutesfois Friant fut amoureux,

uant il la:veit, 6 qu’il fut malheureux!

H la fengla, puis il gobba la mouche NE Qu'il à {es hoirs laifla.de fouche en fouche.. Pardonner fault doncques fi Fripelippes La

l J

DE FRIPELIPPES. L'a gobbée & -mife entre fes lippess C'eft de race, or le friant tappon De fripperie engendra le frippon. Frippon vefcut tant qu’il devint vicillart Et f-v'aprinit fors à manger du lard En quarefme, & à chañler les chiens Des caignardies, grans rhetoriciens : De fripon vint & d’une caignardiere Maiftre Frippet qui Laifla la maniere De bien parler à ceulx de luy venuz;

. Ce nonobftant la Déefte Venus

Ne luy fut lors tousjours bien ferme & fable: Cr il fut prins au-quignet d’une eftable Où il forgeoit (il ne le peult nier) ” Ce notable baron de friponnier : Et que feift-on au gentil godebilles ? On luy couppa ric à ric les deux billes, Et {on pinart fripponnier eftoit jà

edans le con de celle qui foulgea: Elle enfanta, friponnier devint grave, Très-bien taillé, mais il cheut en la cave Du Fe cerf, & luy fift on acroire Qu'il ne vouloit du bon mufCadet boire, Et par ce fut, dont c’eftoit grant dommaige Efloreillé devant qu’il fuft en aage. Jen parleray encor icy deux motz , De cela vient que les gentilz marmotz N'ont aureilles, s’ilz ne {ont empruntées De leurs coufins les afnes, mais crottées Sont quant il pleut, pource que trop bas pendent; Voilà qu’en £ft de ceulx qui en: defpendent : Ce friponnier engendra ung fripier Lequel fut mis.au meftier de tripier. Non fut, fi fut, car il lavoit les tripes, Et ce Fripier engendra Fripetrippes: Fripetrippes fut homme de renom

Et

|

70 LA GENEAL. DE FRIPELIPPES. Et fi acquift bien-toft fur terre nom, * Car tout foubdain fe mift à l’adventure Leicher broches, mais c’eftoit de nature: ” 1] fourbifloit pareïllement les cafles | Avec le groing, quant elles eftoient grafles: I] fut furprins en humant le brouet | ‘D’ung gros tricquot, Dieu fçait comme il brouait :

. Mais qui me faiét fe jargon efcorcher? Frippetrippes lequel j’avois tant cher, .Qui le parloit & tous fes heritiers, Le parlent mieulx que moy de plus du tiers. Frippetrippes quant il fortit de paige

Luy ennuyant qu'il n’eftoit en meinaige,

Il chevaucha fi tante Frippemerde, Laquelle avoit tousjours au cul la merde, Et d’elle vint le crainét & redoubte Fripelippes; mais qui fe fuft doubté

Qu'il euft fuivy les traces paternelles, Lefquelles font-& feront éternelles ?

£ n'en dy plus, car on dit que Sagon

efcript fa vie & la meét en fac, on

La voirra bien, c’eft fon paige, je mentz, Lequel efcript qu’en a fes grans jumens . De Lombardie à faiét des frilippeaulx : Qu'au diable foyent données toutes leurs peault- Voylà doncqües leur genealogie

Enfemble auflÿ leur ethimologie.

Toit & tard Feftina lente, ,

Fin de ln Genealogie de Fripelippes.

RÉS

* FRIPELIPPES, Et à {on M aïftre Clement. | Par là Huetterie.

1537.

ue le cler farnom de Vergile ass À efté prins & ufurpé

PS . . Le 5% $ Ung qui fai trop du huppé, € le puys nommer bardy-

ment , Ceft Marot aultrement Clement,

SES L eft Yray comme l'Evangile <

SN J

us bergiers tournez ce belier, Qui fait du ramina grobis, Et feduit toutes n0Z brebis:

. Sans ÿ

72 RESPONCE © qu'il menge mainte bonne herbe,

De quoy faire on peult bonne gerbe , Mais il court & va comme ung lievre

Ét en fai& des crottes de chievre.

A la fm il eft retourné, *

Combien que fon furnom tourné

Soit (à mort) il m’entend affez ;.

Son nom & furnom compañlez,

Ainf qu'à mon advis me femble

Ilz font tous deux meflez enfemble, donner autre comment, Clement Marot, clame tourment.

Or reconfeillez ce povre homme Chafcun luy donne quelque fomme», Devant que d’affembler preflé Pour faire chanter une Melle Affin que le ciel abolie De fon cerveau celle follie, Ceulx qui luy portent amytié N'auront-il pas de luy pitié? 1l chante comme une corneille,

Et monte ainfi que une chenille

. Pour menger les bourgeons & fleurs.

Ha les coufturiers feront pleurs . Mauldiffans ces grandes fortunes Que plus ne mengeront de prunes. Digne eft-il de ce nom poëte,

” ] contrefaitt bien l’alouette,

Laquelle le beau temps voyant En l'air hault fe va devoyant, Et de fon bec ung chant dehache: Ainfi Clement va &t revient |

Pour ung Dieu gard il a fouffrance , O le beau poëte de France!

ui les autres cuide régler En quoy on le veoit aveugler, ;

; Car

dl

A M AR O T. 73 |

Car fans aller chercher plus loing |

Ryma Sagoing defus groing, |

Et aultres où je ne m'arrefte, | |

Où l’on Congnoift bien qu’il eft befte,

Voire en des endroictz plus de dix

Que pour cefte heure je ne diz. |

amais n’euft {ceu jouer {on rolle -

S'il n’euft recité la verolle ,

e fon evefque & le valet, ar mon ame cela eft let,

Et m'esbahiz comment il aofe. | OU redire tant une chofe, | crtes C'eft par prefumption

Ou bien faulte d'invention,

uy du renom d’autruy goulu

À efté mal que Jay voullu

Sa place au bon Roy demander: ne me {çauroit gourmander

S'il y a faulte de ma art, r0ÿez que de luy elle part :

fi fandalifé ne feufle à place demandé je n’eufle, outesfois qu'eft-ce que Jje-cempte?> ‘a-il perdu toute fa honte > lave la tefte d’eau vive

J

D'ung afne y perdant la haiffive.

, Que diray-je donc fur cela? non qu'il lit par Cy-par là

De l'evangiile fes fainétz motz ;

*$ mafChant comme font marmotz , ns fçavoir ce qu’ilz veulent dire, Plufieurs blfinant par f lourdeire, ommant l’ung Veau &t l’autre befte, uys Pautre ung afne deshonnefte:

€ plus avant parler il n’ofe,

ar il n’y entend aultre chofe Tome VI, | |

ne “

RESPONCE

34 | © En fon pathoys & fol langaige.

J1 fera bien ung fot ouvraige

Que lon dira commtmement,

Cela eft venu de Clement,

Lequel on vendra au Palais,

Mais faire ainfi qu’ung fin@ Gehis

Qui poife comme en la balance

Ses nobles vers pleins d’éloquence,

Et fans en referver aucun |

11 a la grace d’ung chafeun:

Auf faiét ce n'eft chofe neufre;

Le bien voullu la maïfon neufve, Cela qu’on le meéte dehors,

Il faiét trop grand honte à Cahors;

Tout.ainfi que chatz & fouriz

Ilz s’entr'aiment luy & Paris.

On le haït bien ailleurs fins faulte:

Car il eft befte male & caute,

Qui ne fçauroit en lieu aller,

Si n'eft pour d’autruy mal parler,

En quoy gift fa mufe profunde

Pour acquerir gloire en cé monde,

Et quant blefiner veult à oultragce,

11 y pert {on fens 8& conftance

Sans y donner quelque raifon

Ou autre argunient d’oraifôn,

Et fes vers vont ainfi merchans Comme ung oifon pate au champs. Au demeurant bien je le fay Qu'il reproche le coup d'efäy A Sagon, ë&s de fon creû eftre.'

_ J'oferoye bien giger & mectre : tuf

Que fur tout teét fuit-il de chaulme L'on faiét coup d'efliy à là pauline, Et devant ce {ot mot j’en gr. | Iz difent pour le coup d’efy

‘

- Os

À MAR OT.

On fçait qu'au moride terrien nouveau on ne trouve rie, Ainfi que le recite Horace Qu'il nait eu en lumiere place, S contre {on Ds ” t que fa viälief urpenfe, - Auf tout ce qu'il ÉiA & œuvre

OAS-temps a qu'il eft mys en œuvre.

Or revenons à n0z MOUtONS, Et ce petit mot efcoutons: Ne füt-il foité À Ferrare? arot a affranchy la barre , J'entendz quant 1] fut à Venie Lors plus oultre efoit f devide: Jamais efteuf ne fift tel bond Que luy y eftant vaccabond. O le Clement ne dormoit pas Talloit plus toft que le pas

C'eft entierement le. Page ui a ouvert la forte trans u chemin de grace Françoife, Et il demande encores roife, Gardez bien que ce Rat pellé En ce parc François rapellé,.

2

+5

Pen- |

CT UE

76 -RESPONCE Penfant doulcement repofer ,

Mais il eft venu difpoler.

Et me drefler une harengue,

Yflant de fa legiere langue,

Et m'alleguant quelques auéteurs. Certes aucuns d’eux font doéteurs

Et luy monftreroient fa leçon,

Ou de bien parler la façon,

Les difant {es difciples ettre S’ilz n’avoient point:eu d’autre mañftre,

1] leur defplairoit grandement. Cherche il m’a premierement

Par fes {etz efcriptz qu’il recite, Parquoy à parler il me incite.

Si Saigon luy donne entremeétz D'injures, hé! qu’en puys-je? mais Failoit-il pourtant que fes dens Plains de mauldiflons évidens,

Sa plume aufly le vint m'efcripre? Je ne m'en faiz pourtant que rire : Ce qu'on ne doit trouver eftrange, Car c’eft aufly grande louenge

Par ung noté defpris avoir,

. Que loz par ung bon recevoir.

Or venez ceulx de renom cler | Que Clement prent pour fon bouclier, Voyez comment de vous il s’ayde En requerant icy voftre aide.

C’eft qu'il veult eftre receveur

De voz graces, & grant faveur, . .:: Et après en avoir les fommes

Qu'il puifle combattre tous hommes: Quant fur nous plus ne pourra prendre . Lors tachera à vous reprendre... : .: Maintenant vous diét doulcement . Cella, s’il eftoit.autrement

f

A MAR O: T. Vous fembleroit-il pas meilleur ? Mais le Gaultier c’eft ung ailleur Qui faict de la petite bouche, Et foubz doulceur il mort & touches. Ung jour le vouldroit reprocher Si Ê venoit à fe fafcher. : Le greffier qui fut fon amy N'en à il faiét fon ennemy Pour ce bel oifeau fouftenir ? Autant vous en peut advenir. Ayant voulu vous eftimer, Voz noms il a faiét imprimer Par fon Valet de fi@tion ; Mais qu'il en ait fait mention En fes cpiftres & ballades, 11 feroit plus-toft ambaffades. Contrefaifant quelque pacquet Par fon faulx" babil & cacquet, plus de ‘mil autres fineñes Qu'il eftime grandes prouefles ; Que je ne dix en cefte epiftre; als Je les tiens en un regiftre Qur quant ce viendra à picquer,!

U par fatyre replicquer. Ses vers font fai@z fi fottement Qu'il leur fa Upuys on diét qu’il couche & fait on difcours tant doulx & parfait,

: n'eft pas fouvent, toutesfois

2 efCript bien aucunesfois :

Difficile eft qu'en ung grant clos Quelque bon fruiét n’y foit enclos. 1S aucuns il couvre & habille 41 ne vallent pas une bille. t puys Clement veuit triumpher

Qu'il garde bien de m'efchauffer

3

ult ung François comment,

77

PA s _ 4 Te ee ST EE De are : su PAL:

Sa a ee TE 3

= = ne ee MT po

ee

ET

_ Car il n’y à valet ne maitre

_ Voyez gentes Parifiennes,

Et voftre cler nom envenyme. .

38 RESPONCÉ

Que je n’envoye aux chardons paiftre. Avez-vous veu oe beau fourgon

Dont en paiature il bat Sagoa ?

Prenez efgard en celle marge

Ou de nazardes il le charge.

Verrez ce poëte ancien

Bien mauvais rethoricien,

Caï de deux lignes en deux lignes

I parle com sl des vignes,

S’amufant plus à l’infolence

Qu’à la doulceur & excellence

De la fuite de parler bien,

Difant , enflez , tournez, combiea

Qu'au deffus y ait pouir t’aprendre,

Et‘bien d’autres pour le reprendre, .

Que fe m’y roulé nue

Trop m'y fauldroit le cemps ufer. Venez ceulx qu’il nomme bigotz

Et ceulx qu’il ap CagOf£ ;

Pappe, Cardinal, en QUE,

Voyez comment il vous defpuifes

Rcligieulx & poteftatz,

Venez hardyment tous eftatÿ,

Et voyez le chief ferpentin

De ce fatricque matin,

Vienne, clame tourment, à poinct

Qui luy melimes fe mord & point. Voyez Dames & Damoifelles,

Voyez filles, voyez pucelles,

Les efcriptz & epiftres fiennes;

Marot qui contre vous s’anyme,

Pas je n’auray grant intereft

ile cl oui ” Si je le laifle Las cf, .

ue

MAÀAROT. 79

À Sans plus de {es fai@z me debatre, N'y en fon abfence Je batre, Zont ne daigneroie faire ung pas, Aufÿ bien ne le vault-il pas. Mais fi par fortune il s’aplicque Ufer envers moy de replicque

Jr bien le moyen de De ir

our luy & fon valet confondre, .

Fin de la refponce à Marot dif Fripelippes! |

FRANÇOIS DE SAGON; Et au jeune poëte Champeftre,

Faéteur de la Genealogie de FRIPELIPPES

Avecques ung Rondent , fait par CLBMENT MAROT, du dis jeune poète.

CRDI ED IDE MDP DONNE BORNE RESCRIPT

4 Clement Marot.

UGS E que j’efcrips aux blafonneurs E Marot (à qui je doibs honneurs, EU/ IN’eft pour deprimer ta fcientt: M Ta plume eft aflez fcienteencés 2% Pour à Sagon fçavoir refpoñ

—

Ve

Et tous tes ennemys confondre.

RES:

A et

G: RESCRIPT

4 Sagon G au jeune Poëte Champefire, fadtesr de la Genealogie de FRirPELIPP ES.

Efferas-tu falce langue lezarde Mefdire ainfi de chafun? ha regarde Que tu efcrips, que tu frabrique & forge ft-ce point toy? non, tu mens par la gorge, "et toy Sagon, car de vray bien le fçay, ui de Marot a fait ton coup d’effay , 1e ouvrage bien pollie, & limée

Fort triumpliante & de tous eftimée.

€ nies-tu ? on Congnoift bien ta vaine: Qui à vray dire eft en cela trop vaine. 15 qui t'a meu Sagon, à quelle fin retendois-tu ? tu n'eftois aflés fin, ar tu debvois plus lo “F contre lui ton coup d’eflay eftendre. 4 tu penfois (quant m’en peult fouvenir)}; Len ce pays ne deuft jamais venir uis Sagouin, que dis-tu de nouveau € (on amy le jeune Jehan le Vèau, Ni en ton nom ufe ainf de replicque Contre Marot & à rymer s’aplicque ? Vaudroit mieulx qu’ilallaft aux Champs paittre: ue {oy nommer le poëte Champeltre. 4 Que dis-je ? tu es l’autre greban. M à Marot denonce arriere ban: -C€ pour lui faire guerre ou bataille? Tais-toy Sagon, que ton Abbé ne faille. Tays-toy, s'il nue que Marot mecteen œuvre: Sa plume d’or » & ta vie defceuvre. : D $ Ta

€z _. RESERIPT Ti ne feras ny en di& ay enfai& Par luy nommé ne veau ne fot parfait, Mais te paiadra de tes propres couleurs;

Et t’envoira porter ta ryme ailleurs.

Tu le nomme fot parfait, vien çà, dy En a tu veu de telz? à l'eftourdy.

Redipe luy fès {otz en ung rolle,

Sus que dis-tu, pers-tu fens ou parolle? Ha gardez bien que monfeur ne sæottes À rimailler, car fi prent fi marotte

Il en fera par tout des maulx affez.

Sus c'eft monfieur, pañez villains, pañez; Et faluez monfeur du coup d’efay:

” C'eft Sagouin. Non eft, & fi ne feay:

Car de ce faire il n’en porte la trongne. C’eft ung gallant, c’eft ung prateur Ae ronge Petis enfans gardez vous, retournez

A la maïfon, gardez le mouche ner.

Qui n’en riroït ? de qui? de Sagouin,

Qui contrefaiét fi bièn le babouin.

. Monfieur Pabbé, abbaiffez luy voz chaufles, Que Sagouin vous face bonnes faulfes Poùr desjeuner vous &t voftre coufine;

Car il eft bon fécretaire en cuifine. Hola je faulx, je parle au jeune veau Qui à rimer fe rompt tout le cerveau Et n’y entend en ce nÿ a, neb,

. Moins que Sagon cronicqueur de l'abbé Le térchecul, vray dieu, & qu'il eft laid, Ha ha que dis-je, il eft très-bon valet, Très-bien inftruict & favant pour fon age Pour à monfieur faire ung bon am uereliye Tu le reprenis qu’il a blafmé les dames,

. Mais fur ma foy feurént jarnais disfames

"Sinon par toy, qu'il les maine à la meflé .

| De ton monlieur, leur ufant de promefle. e

A SAGON Sa

Ha que tu es uag parfai@ blafonneur

Quant tu leurs caufe ainf grant deshonneur, Es-tu point tel? GUY Quoy que tu grongne, Si tu eftoys du pays de Gaïfcon

Je te diroys coufin de fon valet,

Ha que tu es hardy humeur de lai@, | Sçayitu, Marot, pour quo cès gentils veaux F lafons nouveaux

Et te blament ainf à grant vultrance?

Qu'en ton Dieu Bat n'as de pareils vers this* Dieu gard Sagon la fleur de Normandie es poëtes le roy quoy qu'on en dye, Dieu gatd auf le Champeñtre poë flz aifné d'une vieille-chouette, ien be S & en vers & en prote, Si fault-il dire encore uelque chofe, Tu prens phifir & pate ton envye Tacompter de fon valet a vie, | tes pére & mère &t parentz

Entend à mo Fr 'ppetrippes thamoura Marmotte | Et fringua , enteñd cecy & note, . Qu'en advint:i] » ung Nain de Barbie.

Par mon ferment il fault que je m'en rie:

CE D 6

Ce

| | | | Î

83 RESCRIPT À SAGON. Ce nain & toy Sagon eftes coufins,

Car fon genre & le tien font fort confins Êt fi appert par la tienne raifon

Que fon valet defcend de ta maifon..

_Viençà Sagon, eft-il au monde befte

Qui reflemble mieulx de corps & de tete A ung Marmot que faiét une Marmotte? Refponds Sagon, & hors de foucy m’ofte. Qui que tu {oys, 6. poëte nouveau, | Fout ton favair ne vault point ung naveau Quant tu aurois du fens encore une once. Marot m'a dit qu’il te mande & annunce Que n'efpargne contre luy marmoter,

Et tu verras comme il fçait Marotter.

RONDEAU DE CLEMENT MAROT: Fait dudiéf jeune Poète champafre.

U’on maine aux champs ce coquardeau. Lequel gafte (quant il note Raïon, melure, & texte, & glofe, Soit en balade, ou.en. rondeau: Il n’a cervelle ne cerveau. C’eft pourquoy fi hault crier efe, Qu'on maine aux champs ce quoquardeaw:.

S’il veult rien faire de nouveau.

. Qu'il œuvre hardiment en profe,

ee s’il y fçait quelque chofe). en ryme ce n'eft qu’ung veau. Qu'on maine aux champs...

En LE

| L E | : RABAIS DU CAQUET ; ; | D E . FRIPELIPPES, ET DE MAROT,

| 7

| RAT PELLE.

© Fu par Mavrmisu de Bouricni » paige de Maïftre Françoys de SAGON , Secretaire de l'Abbé de fainci Ebvroult..

D 7 LE

86 LE RABAIS DU

PAIGE DE SAGON AUX LECTEURS HUYCTAIN.

Lecteurs, Marot ce babouin,

Pour tranfmuer ung homme en bete, D'ung Sagon faict ung fagouin, La forme feroit deshonndte

. Sinon que gens de faine tefle

en

Diront, Lainf} eff appellé, . Sagouin jeune eff plus honnefle ne nef pas ung vien Rat pelk.

À Marot.

Mnrot, tn nus Affaire aux femmes Sagon de cela t'advertif,

S tn luy efcris en difrmes

I jçait comme on les divertif,

Et qu'au blafne on les convertif

De la mule qui les invente, Modere la tienne nng peri

Deformais G tant ne l'efvente.

AULTRE HUYCTAIN.:

LÉ

| CAQUET DE MAROT. :&,

ses OM EMA DE 20) « es À a Ve Re ES ROUES

PAIGE ve SAGON : | S’adreffant PO à monfiewr fon | |

FR Onfieur ung conge pour aller

- À ung double marauit parier

Qui rotiffant au feu fes tripes

A [2 Se veuit fervir de Frippelippes. HÔPE-S C'eft ce coquin, cecaignardier,

pe t ce poilleux: dont au jour d'hier

Me vint rompre & brouiller la tefte. Pr Avez vous poinét veu (en effait) L'efcript que ce Marauit à fait

Par Fripelippes {ecretaire?

Avez vous defir de vous taire, | Onc n’euftes (fans comparaifon) | D’efcripre plus grande vaifon, | Plus favorable ne meïlteure,

Que vouliez-vous dire à cefte heure?

Ce Marault: au oies _ pi Vous brafle u pe de laïct, | Tafchant urnde ethique & mefgre,

Si n'avez recours au vinaigre

4

Et à ce breuvage fi

Dons

83 . LE RABAIS DE Donc ce galleux tant fut gallé Pendant qu'il eftoit en fouffrance, Regrectant le bon laiét de France:

Qu'a-il à fon retour mengé? Veulr-il eftre de vous. vengé A force de controiver blafmes? Ferez-vous comme fimples femmes; Qui le craignent plus qu‘ung canon?

Monfieur , il me femble que non,

Car on peult lire en voftre face Ung cfprit qui Marot effaces Mais ne fault contre ung tel mañtin Hazarder l'honneur Sagontin. |

Mectez-moy contre luy, mon mailtre; Et me vucillez ce coup permettre Prendre la plume & le papier.

Pour enterrer en.ord clappier

Ce frippeur & lecheur de lippes: Qui fe faiét nommer Fripelippes. Ou fécretaire de Clement,

Qui porte avec luy fon tourment.. Je le congnoy, & fens ma force:.

Je fuis de boys, ileft. d’efcorce,.

p fuis le plus fort, or fus donc fponce il aura tout du long.

Et puis quoy gentil Fripelippes, . Fripeur commun qui par tout frippes: Matiere, füubject. argument, Ce n’eft pas toy ,.mais c’eft Clement». -_ Je prens le valet pour fon.maiftre, Veulx-tu mon:maiftre envoyer paiftre? Nenny non, ila trop bon cueur, : BPemande au fçavant Croniqueur .

Si Marot n’eft Fe mieulx choette Que Sagon n’eft maulvais oëte, JE ne vueil pas rabaifler les credi@z:

ne

CAQUET DE MAROT, 89

Des excellens par toy nommez & diétz, De fin Gelais : .Cherouet : Chappuy : Sceve; Ces quatre icy ne font folz eftourdys Comme ton maiftre: obftiné en mefdiz Dont en efprit le mien a douleur grefve :

Je pañleray avec louenge brefve Tous les derniers, fans m'arrefter au nom, On fçait aflez que ces huyt ont renom Comme Marot, ou mieulx s’entendreenrymet Quant pour mon maïiftre, icy ne dy finon Que voulontiers fe mettra foubz leur lyme.

Clement eft fot, Marot eit oultrageulx D'appeller veau ung homme courageux Qui luy fera & la refte & la figue. left infe&, ladre, pourry, fangeux, Et puis il eft pour faire entrée aüx jeux Enfariné plus qu'homme de fa ligue, Sa grace obtient comme l'enfant prodigue; Mais j'ay grant peur, & tout le monde auflÿ Qu'en abufant de grace & de mercy Le povre {ot ne tumbe au recidive, Il eft tout feur que s’il advient ainfy Faveur n’aura de perfonne qui vive.

Tu dis maïftre beuf, valet, veau, . Par dueil, par envie ou rancune, Que fi ung poëte nouveau Me& en lumiere chofe aucune, 1] fe trouble ou tient de la lune. Tu mentz, car pluftoft le foleil Donne à l'efprit grace oportune, L'effe& de lune n’eft pareil. |

Certes David n’a poinét di& fans raifon Que malheureux font leur gibet ou fofle: Pourquoy? en bref tu veoirras la faifon Que hault en l’air, en. patence bien grofle;" Marot fera du rofty pour la nopce, .

= rnb a ani ee na 2 Er se

bo LE RABAIS DU Ou fera prins au pi nu i: Y1 feit ung chant à la nopce d'Efcoñe, J1 pleurera quant il fera defaiét. _ Dy moy donc befte farouche, Si tu as langue en 1 bouche Et au fens quelque raifon, Le lieu où mon maiftre couche Des vers imparfaittz en couche Tu dis qu’il en a foifon: Tu mentz: & fai@z mefprifon Trop plus fans ner) Que je ne t'en faictz reproche: C'eft donc pure trahifon Ou quelque infaicte poifon Qui vers Sagon mal t'e

Ce que tu dis eft menterie Que avecques la Hueterie, Mon maiftre fe va esbatant. Tu fai@z des deux une afnerie Affin que Marot l’afne en rye, Mais en vain t'en vas debatant. Monfieur Sagon ne va flatant, - Ny ainfi que Marot grattant, Dont puiffe enfuyvir mocquerie. Et fi ne veoit Huet pas tant Comme fait ton maiftre, & pourtant Ce que tu dis eft refuerie.

Or venons aux beftes petites Et celles que tu as efcriptes, Dy moy Fripelippes ung mot, Ung fagouin ou ung marmot Suyt-il Sagon de forme telle, Qu’ung Marot & {à marotelle ? Tu diras maulgré toy que non Si tu ne dis qu'il fuyt lenom, . Mais quoy? Marot eft une qume Qué

En

RE ._—…

CAQUET DE MAROT. ge, Que Fripelippes acoquine Si bien, que s'il n’a que gripper Il va par tout fripelipper, Cherchant £ difnée ou fouppée, Vela que c’eft fripelippée.

Encor pren la rigueur du mot De Sagouin & de Marmot, | Le marmot convient à ton maîltré, Il ne s’en fault rien qu'une lettre, Du mien s’en fault plus la moitié: Or congnoy donc la maulvaiftié, Veoys-tu pas fans luy faire blafme Que fi Marot m’avoit une Ame Jentens au corps & non au mot 1] deviendroit cinge ou marmot,

Et fi rigueur du mot fault taire Adonc tu-diras le contraire | Que marmot a l'ame qu'il fault, Au fens de Marot qui default.

C'eft aflez parlé d'une lettre, Veoyons plus avant que ten maiftre Convient de nature au marmot Ainfi qu'il approche du mot,

Et nous trouverons deux natures, pee en ces deux creatures.

ung marmot, l’homme eft contrefai ; Marot fai@ ce qu’ung aultre a fai, J'en croy tous ceulx defquelz tu grippes Ceft luy, non eft, c’eft Fripelippes,

Ung marmot a ongles & doitz, Marot les a gluez de poix :

Diray-je ung mot de vehemence, Ces deux conviennent en fmence, Si Marmot:faiét laidz marmeteaux , Marot fait laidz fes maroteaux.

La veue en cecy fié la preuve

92 LE RABAIS DU J1 eft vray qu’en Indie on‘treuve, Des marmotz blancz par tout le corps;. Mais ce Marmot eft de Cahors

Auflÿ noir par defloubz blanc linge

Et plus riddé que n’eft ung cinge.

Bref Marot ef Marmot par tout

S’il avoit une queue ou bout, .

Mais c’eft uhg des marmotz d'Autrich:; Ou marmot nommé callitriche , Portant barbe noire au menton Comme layne d’ung noir mouton, Et fon regard fi très difforme Qu'il n’enfuyt des autres la forme, Je l’ay pris en livre ancien,

Pour marmot +thiopien.

Et fi ton œil à veoir s’encline,

Tu le pourras mieulx veoir en Pline» Que tu n'as fait ton marmoner, ‘Fu ne l'oys onc fermonner,

A Pline, ou auéteur de memoire, 1 eft forty de ton armoire,

Et en es le vray Calepin,

Car onc Cordelier, Jacopin, Auguftin, ou Carme en Karefme,; Ne le feift tumber à fon tefme,

Ainfi donc belte fecretaire,

Gentil farceur pour ung miftere;. Je te feray à regret taire

Je le fens bien,

Ton maiftre encor elementaire:

‘A il bien en lefprit de faire,

Ung apoftile & commentaire;

Sur concluer qui ne vault rien? Mon maiftre diét qu'il: n’eft pas fien: Il eft à ane tien.

Je paffe oultre icy ne differe, Toù

CAQUET DE MAROT. si.

Toutesfoys, pour te fatisfaire, | L'rprimeur l’a peu contrefaire, Car monfieur diét (il n’eft pas mien) Tu mentz donc ainfi le maintien. Et fans du mot faire foubftien S'il eft fai il le fault retfaire.

Car Frippelippes fagotier Tefte plus dure qu’ung mortier Marault, marotin, marotier, Demande à Marot tant habile Si humile, Doibt pour humble en Françoys. Ly bien en maiftre Alain Chartier,

. Expelle n’eft en fon pfultier,

Imitable eft hors du fentier, Fulgente, pharetre, & mille, Que en fon füille,. Marot ufurpe cent foys. + Quant au da d’une feulle rature; Que tu pretendz qu’on mecte en l'efcripture; Pour les erreurs de Sagon Corriger, Ton maiftre fault plus que toy à juger, Marot efcript foubz fainétes poëies Nombre exceffif de pures herefies Qu'il vauldroit mieulx rompre & brifer aux

mains

Que les montrer aux fidelles humains:

Où pour le moins s’il y avoit rature

Elle ofteroit le gouft de la leéture,

Et sil ny a herefie en {es faiétz

{lz ne font plains que de mefdi&z infe@z;

Ou de fcandalle, ou d’injure, ou d'envie, . :

Ou de brocardz fur gens de bonne vie,

Vel fon train, on ne peult trouver bout,

Mais au contraire & en tout & partout

Mon maiftre cfcript fans erreur & Fee : re £

_

v4 LE RABAIS DU Ét non Marot, à qui tu faiétz fervice. | Va donc te pendre ou retourne au caigoard Marault, hofticre, infaict, file, fouillud, Et dy premier que c’eft honte à ton maille Qu’auprès du mien à fon gré ne peultefire. 1] a bien veu le pathoys & jargon De ton caignard qui chapitre Sagom; Mais à cela di&-qu’il ne veult relpondre Pour te laifler à toy mefme confundre, Si le bourreau ung jour de ces demains Ne me für toy & puis fur luy les mains. Ne dy plus Quinault marmiteux Regnard pris qui faiét le piteux Et chien galleux qu’on tient en lefé, Que ton maiitre tant fouffreteux, Tant miferable & fi honteux Ayt mufe allaiétée en nobleffc; Ce mot toute noblefle blefc. Car Marot tant falle & tant laid Ne fut onc nourry d’ang tel hit, Mais croy pluftoft qu’une chimeré L'ayt Ds Es fon valet; Quoy que foi, ilz n’ont qu’une fAere, Tu parles d'Hercules, difant | Qu'il r'alloit la guerre falant si u'aux plus fortz pour faulver tof maiftre Et pour éxemiple fufifant . Ambres, cany, vas produifint Defquelz chafeun a renom d’eftre ; Bon capitaine & bien à dextre: | ei] Mais tu leur baillesung efchec Un . Du mot férroit, qui n’eft mot grecs Et du latin n’a delivrance. | Parle Françoys, ou cloz le bec. Car ferroit n’eft receu en France. For maitre eft-il maiftre on vallet? gel

%

Il a le cueur puatrefai@

RS

CAQUET DE MAROT. ss Refpoñdz moy gentil {ottellet, À il gaige, eftat ou office? Il die pour;iung rondellet, Pour ung ley, pour ung virelet, Ce n'eft chofe que bien ne feiflé, Leds que ne feufé en GS e monfeur Sagon que je fers. Tu es le plus td ie ferfz Et ton maitre n’a davantage Fors que en rapportant les deflertz 11 peult humeur ung froid potage Valet #ue ung Marot deguife À fa guide, Jamais ne feras beau fai, Ton maiftre par f {ottife Feu s'atife Tu len verras fatisfrié:

Et infai@

De cauteleufe faintife,

Jaçoit que à Lyon fut fait | =

Et refaiét |

Comme ung enfant qu’on baprife,

Tu metz contre ung nil vallet

Ung vallet >

Mais la ryme n’eft receus.

En Lay n'y en virelet,

Donc follet |

Ta coufume eft trep deceue, |

Celle figure n’eft fceue | |

Ny aperceue | |

En chanfon ou chapeliet, Le |

La ryme en eff tant baflüe: | | |

Et croflue

Que j'en fue en mon collet. Je veulx couvrir par prudence SR l | ng ci

96 LE RABAIS DU Ung mot d’injure & facheux & molefte

ue veulx à tort à Sagon impoer. Refpondz villain, qui te faiét tant ofer

De luy mander ce mot de punaifie,

Eft-il fufpeét feullement d’herefe

Par le dedans? Eft-il par le dehors Ainfi taché de Marot de Quahors

De cefte infaite & puante Verolle

Qui luy corrompt ou eftaint la parolle?

Ne fai donc plus reproche de ce point: Qui fuyt Sagon & Marot au vif poin®; Sagon eft fain fans cicatrice ou ridde

Et ton Marot punais comme Euripide, Qui devint roùge enflambé & marry;

Que ung jour en court on l'apella pourty. Ton Marot put en bouche & foubz les efles, J'en veulx bien croire aucunes Damoyfells Qui l'ont baifé: & ont diét puis aprés Marot fentir plus fort que le cyprez, Plus fort que baulme & plus fort ue une rofé; Mais fon odeur eftoit puante chole, Dedans £ fent quant humeurs font cfmuz, Et le dehors le monftre au nez Camus, A tout le moins tu as faiét Pouverture Qu’on reprochaft la punaifie nature

A ton Marot, qui eftant verollé Vouldroit Sagon eftre au livre enrollé Avecques luy, mais il feroit trop rogue Si ung tel homme eftoit au cathalogue. Venons au point, s’il a les yeulx de rane Et s’il eft filz d'ung juif & d’ung marrane: Rane eft latin, efcry donc autrefoÿs»

Royne en picard, ou grenoille en Françoÿ$. Ceîte grenoille a la guerre 3 Ja moufche,

Et fi a gouft delicat à la bouche,

L'œil de grenoille a de don gracieux Los

ed

TT

CAQUET DE MAROT. 97 Loy d'aclercyr l'œil humain chaflieux. Vela comment par les yeulx de grenoille Ton maiftre en toy n'entend ce qu’il barboïlle. Va donc chercher en un pays noùveau De l'elebore à purger ton cerveau. © farrazin! O infidelle! O afne! Appelles-tu ung Sagontin.marrane? O juif contraire à catholique foy, O le blafpheme. O quelle loy de toy? | As tu poinét leu ce lieu.de Tite-Live , : Où Sagontins ont eu la foy tant vive Que Hannibal ennemy des Rommains Ne les fceuft onc faire cheoir en fes mains, Pour paétion de paix qu'il eut offerte? Às tu poinct {çeu la fain qu’ilz ont foufferte, L’ennuy facheux, mifere & pitié Pour maintenir leur foy & amytié ? Ly, tu voirras que en foy furent tant fermes : Que quant la fain les mift aux derniers termes» Et que on eftoit en difpofition | De traicter paix par compoñition, . | Ou de laiflér leur pays & leur terre, Ou d’eflayer la cruauté de guerre, Les Sagontins firent en peu de temps Conftruire urg feu & mirent’ au dedens Tous leuts trefors leur famille & leursternmes, Puis toft après s’expoférent. aux flammes, Voulans mourir fideles aux Romains Plutoft que vivre en defloyaulx humains. Dont tu es Jung malgré ton ord mufeau, : Monftre maling, mefchant marault mefeau. . ; Or voy donc langue ferpentine La foy de la gent Sagontine - Fe Lors tu diras (fi tu n’es veau) Lo Ur Que ton maiftre Marot nouveau ce N'a la foy à Sagon pareille, | | Tome VI. Ê Ea

ns

où LÉ RABAIS DU En cecy né les apparéillé : Car Marot comme or à bien feeu A efte à Lÿon réçeu Pour fe rejoindre à noftre églife Mais on fçait bien en quelle guife, Car il y avoit pour le moins Une douzainié de tefraoings Qui l'ont rebatifé au monde En abjurañt Perrèeut irimuünde, Je dy erreürs ñôn pas erreur, Tant y en 4 qué é’eft hôrréut Aufquelz à fallu que ton maiftré _Ayt rétioncé preïhiér que d’eftfé Purgé, baptifé, & vefai& En äbeliflat fon forfaiét, Sa fauite eft pär léttre abolÿé, Mais il ne fault pas qu’il oublÿé Qu'il porté 1à Hioït au dédas. | Changéois propos parloñs des profes dents Viença marault, gtant bediér: grüs béuicé, Où fondes-tu Poultrecüidée éudate, Le fonge créux & menfonge parfaict Que vers Sagon ft as Eomihys fui? Ne dys-tu pas que lé vêis cor parafftré Et qu'il porta queléüé f6ys à tün fraitre UBE chant royal pour éffre corrigé? O mefthänt bliffre': O menteur tab Que te fault:il Fefbondie à ée men@séé F ors qué tü l'as érdtheté d'éucun née. Qui eft éelluÿ qui te éréfra jamais , Quant de Mméntir fi {UuYeht F'enttetA6tz? Dy à ton maifiré & à toÿ Fripeippes Qu'il n’y a Jehan, Gauléiér, Syinôn he PHIPE Qui l'ofaf dire, ou qui En advéttifé Nous roc bee ot + quil ne Pen défie 1CNn. Ce veau plein d'igièra pérance . €

Em |

, … CAQUET DE MAROT, gg Qui’ va efcripre & femer d'afleurance . | Que de Sagon à l'ouvrage refai& ,

Et ce villäin n’en à ung feul parfai@.

Voy gros afnier, en ton adoïefcence Ung chant Royal qui ait parfaite effence. Tu trouveras ({äns que nous debatons) L'ung d'eux clocher avec quatre baftons.

Veoit-on faillir la mufe Sapontine En chants Royal comme la Marotine ?

Voicy à ligne où meift tous fes efpritz Seulle merite entre toutes le prix.

Voyl de quoy voulut chañt Royal faire, Mais onc ne {ceut l’accomplif ou parfaire, Regarde bien comme il eft imprimé,

. Îl'eft ainfi que je l'ay exprimé.

Et il d’euft eftre (ou j'ay mauvaifé caufe)

De cinq baftons donc chacun vault fà claufe Et du Renvoy, cela s'entend aflez ,

Vrais chmtz Royaulx font ainfi compaîñlez. Confefle donc que celluy de ton maiftre

Ef imparfait & non tel qu’il deuft eftre:

Car il n'eft clos qu'avec quatre baftons

Et il en fault cinq de femblables tons,

Qu'on diroit mieulx ou couleur ou lifiere

Et palinode en la ligne derniere.

Monfieur Sagori aux fiens garde ces loix

Et mect à part chantz Royaulx {ervantois, Qui n'ont bef6ing de ligne ou palinode,

Bien de par dieu: c'éft à l'antique mode. Mais par ma foÿ: mon amy faulcement, Tu n’y entends que dés bœufz, ny Clement. Ettu vas dire, homme rude & champeftre, Que par moyen de ton ignorant maitre

Le mien gaigna la Palme de Rouen.

Va favetier chercher du cordouen,

Pour boblinet t£s jdn ou pantoufles

l 2 2. t

D'y gaigner prix, ton maiftre

190 LE RABAIS DU Et ne te joue à mon maiftre fans moufles, Rouen a veu triumpher ce François

Sur {on theatre, & Marot nulle OiS;

Et fi y fut avec fa mule vaine, Mais À perdit & fon temps & {a ir | Veu que jamais n’y gaigna ung 1€ os Où, pour fallaire & bruit des bons ne , Sagon a eu Palme, Lys, Signet, CE Avec la grace en iceulx prix enclofe. Eft-ce pas là pour tefprouver menteur, Difant mon maiftre avoir eu one A ton Marot, veu qu'il n’eft qu'une me Et qu’il s’eft tant en vain rompeu h tele, Cuidant attaindre au moyen de fçavoir Ce qu’à Rouen ne fçeut jamais aVOIr :

Et ñ a eu fa jufte recompenie. Le Mais plus y a d'affaire qu'on ue, Fe Bo ui toutesfois n’y gaigna jamais Tin. se tu efcriptz is d'autrui CARS Il n’eft pas vray, & en mentz par A gorgt Mot mot, vecy pis que devant Du coup d’efliy qui le tourmente,

Sagon qui eft homme fçavant

Et qui tant de chofes invente,

À chiffré ce mot foubz la tente

De ce Marot adolefcent. , : Va fot , il. n’eft plus temps qu’on mente;

_Il'en a de meilleurs un cent.

Si ton maiftre fut efcripvant Ce mot qui tant le mal contente, Sagon lavoit diét paravant J'en metz la reproche en attente: Puis, fon cpiftre adolefcente Eft poffible ouvrage recent. Sagon par ung feul mot le tempte;.

… Mais ce fut par faulte d’amy

CAQUET DE MAROT. 104

H ena de meilleurs ung cent. Sagon ne fe vaeflevant .

Pour ce.mot où ton maiftre attempte,

Marot tant qu'il fera vivant

En aura douleur vehemente.

Va donc povre befte infolente

Dire à Marot qui Feu fent,

Que Sagon n’en a vingt ne trente,

1 en a de meilleurs ung cent.

E N V O y.

Marault, fi ta colere augmente, Je te feray plus de tourmente Que n’euft Marot de France abfent: | Si Sagon fon eftime efvente. i Par ung mot de voix excellente, | : ll en a de meilleurs ung. cent.

Thelephus par fon.ennemy À fon mal receut allegeance,

Qu'il w’euft de l’ennemy vengeance. c Maint homme entre en telle arrogance | s Qu'en fe fiant en fa vertu ou Il prefte par oultrecuidance Se Les armes dont il eft battu. : | De fol penfer ne te veulx abftenir J'ay veu Marot prifonnier detenir, | Puis toft après avoir fa delivrance: - J'ai bien plus veu, je l’ay veu hors de France Pour fon erreur & chafler & banir. Jay bien penfé qu’on le pouroit punir. À Pautre fois: qu’il pouroit revenir : | Et pour ung temps celer {on arrogance. | De fol penfer. Se à uoy qu’à l’'advenir | Je penfe encore, ; d + q Veux;

102 LE RABAIS DU : Veaulx, plus que veaulx le vouldront fouftenit Non pas le Roy, trop as d’oultrecuidance De l'avoir mys pour Marot en la danke, Ou tu las peu de quelque fouvenir De foi penfer. .

Dys-tu pas jeune Jehan le Veau, Songecreux, tefte fans cerveau, Afne parefleux lourd & lafche, Si tu n'es le filz de la vafche,. Que Sagon les cornes dreffa Quant fon coup d'eflày adrefla Au Roy tant remply d’excellence: Allons tous beau fans violence Renchaine ung petit ton lyon, . Cela fuit fai@ dedans Lyon: Là mon maïiftre eflaya fa mufe Et fift ung dixain pour excufe, Ce n’eft rien que cela, non, non: Il a des œuvres de renom Que toft voirras en lumiere eftre Pour provoquer ton fot de maiftre, Affin que Marot mefdifant Naille plus par toy luy difant Qu'il chante comme une chouette, Mais trop plus hault qu’une allouette, Et plus doulcement fon le mord Qu'ung Cigne en prevoyant fa mort. Quant du Rofigaol je m'en pale Car c’eft des chantres l’outrepaife, Car je dis affez de raifons Pour vaincre tes conparaifons Je croy-que ouy. À l’autre ligne

u dys (Figuier mort en la vigne Et en terre inutile fais) Que Marot tant plein de malfai@z Me vouldroit de A prentiffage ox:

CAQUET DE MAROT. 163

Ouvrir à Sagon le pafage, | Va Coquin, va toy & Marot A Lucifer & Aftarat: Car tu ne es toy & ton mailtre Faillir brefvement à y eftre. Meétz-tu les grans {oubz les petitz Et maiftres derriere apprentis ? Ta folie en ce lieu trop haulte Demande à corriger ta faulte: O vray difciple de Judas,

O plus ignorant que Mydas Qui oyant Appollo chanter Et Pan dieu des bergiers flutter, Ayant en fagtaifie fienne Telle ignorance que la tienne,

.Laiffa d’Apollo la chanfon

Et de Pan prefera le fon,

Tant qu’Appollo faifant la Cane. . Luy eftablift oreilles d'Afne

Au chef, pour bien le corriger, Et pour Papprendre à mieulx juger. } Garde donc qu’Appollo ne fac Que tu fai&z jugement fi lafche Entre ces deux, comme tu faiétz Et juge l’homme par {es faiétz.

Mon maiftre eft ul , & n'eft homme qui

vive | Qui de fervice à force le pourfuive, J] n'eft qu’à luy: Sa liberté le veult. Or crye donc tes fouldars à voix vive | Que pour Marot, mon maiftre à coups on fuive, Car de luy feul, il veult & fi ne peult. Viengne Lion dont foy encor fe deuit. Ces cinq d’après que Fripelippes nomme: N'y viendront point pour Hp f mefchont

homme 'g : :

Mais.

QU ee Ce EC

104 LE RABAIS DU

Mais fi Marôt y vient, & fon Lion Sagon s’atend les renvoyer à Romme Pour eftre abfoubz de leur fidelium.

Ton maïftre à efpoir d’un Rocher 1] a befving d’eau de Fontaine:

Il tient Borderie amy cher:

Son amytié eft bien certaine: S’il faiét Brodeau fon Capitaine, Brodeau ne le voudra grever: D'ung Papillon fe peult faulver S’il eft de vollante nature,

Et ne craindra Sagon trouver Le fecours de Bonadventure.

Venez donc Chartier & Cretin Greban, Mefchinot: & Bertin - Après mortelle violence.

Venez au combat ferpentin: Quiétant le ruifleau argentin Vivans Poëtes d’excellence. : Venez appaifer l’infolence,

Ou vueillez impofer filence

A Fripelippes Marotin

Qui juge à l’injufte balence

Marot avoir équivalence

A ung poëte Sagontin.

Moulinet avec ton moulin Vien mouldre inenu comme lin Fripelippes qui tant offence,

Vien contre ce Marot maling Bouchet, & toy Germain Colin, Dangiers & Poetiers la deffence: Copin qui fçais plus'qu’on ne penfe Sortz de Rouen, je t'en difpenfe, Pour Voir Sagon quelque matin. ‘Et porte luy pour recompente Quelque dizain blafmant l'effence

n CAQUET DE MAROT. im De Marot malheureux mañtin.

me . Huet monte en ton avertin., Macé, en enfuyant Lertin cn ciploye icy de ta fcience :

(ns

Le Catholique Celeftin Vaincra d’épigramme latin

€ Marot l’orde Confcience, Le Blond aura. il Patience Qu'on donne à Marot Paudience: Sans joindre Sagon au butin >

On car le Dieu de prefcience Demonftre avec Experience . Que Marot n’eft qu'ung hillotin.

Or va donc moufl Plus infaié que vielz

Où piedz puantz gectent /’

Va lyme Ourde, tefte dur

.£n Court la cane, iperon & oreilles d |

l'afne, Je croy tous Palladins: fuppoftz ue fans droi@ & hors de propos. en u les appliques à mon maiftre; 215 c'elt le tien qui nous veult paiftre € bourdes où i] cit confit u de parolles. fans Profit, 2 caufe eft bien plus lepitime acCointer Dame Philetime OUr avoir par elle credit, Si elle et telle qu'il la di&. On Maiftre ne Ja. congnuft oncques - MOY, or je m'en: taira doncqucs.. Mieulx #ÿMant fon bien advouer ‘en œuvre Picquant la louer. “0R maiftre a bi fôttes compiraifons : | SES

J

té

De:

r06 LE RABAIS DU De la vertu de raifon aux oïfons, Mais ces raifons luy font comme poiions Car il n’en peult faire les lyaifons | Alors qu’il ryme: Qu'il prengne encor fon rabot & fa lyme, Et fi Sagon faiét rien trop gros, le lyme: Car de Marot il prend mauvaife eftime Quant il veoit corriger bonne ryme | Comme il a faiét. De ces deux fœurs, tu n'as bien fatisfaiét En ton efprit facheux & imparfait, Sagon avoit leur pays contrefaiét Pour des raifons fort grandes en eflict ne Que hier fçavoye. Sagon {çait bie ; Mais quelque D Lou rencontra en fa voye Deux autres fœurs de Paris dont t'envoye Et t’envoya ce qu’envoyer debvoye Couvertement.

Tu ne fçauras ne pour qui, ne comment;

Faictz fi tu veulx apoftille on comment En ceft endroit pour fuyr à togrment. Dy à Clement qu’il efcripre autrement - Une autre foys.

O bon Lombard, mauvais Françoys:. Qui t'a broilté en la cervelle Ce menfonge & bourde nouvelle Qu’à Sagon tu veulx impoier?

Pour luy je me veuix oppaier > Et fi ne defdys la parolle Je pri.à Dieu que ta verolle- Te puifle peu a peu miner,;. Et porrement exterminer.. Tu as di, creature infame, Vaifléau tout remply de diffâme; Pour gens. vers Sagon enflamer, |

n que deux font de Savoye,

Qi

CAQUET DE MAROT:. s07 Qui fans crainte a of£ blafiner L'humble Duchefle de Ferrare, Princeffé en noblefle, tant rare Que c'eft ung Phœnix feminin, Ou regle du fexe bening. Veulx-tu tirer À ta cordelle Sagon qui n’a dKt-qu'ung mot d'elle? Et quoy ? qu’elle n’euft empefché Pugnir Marot pour fon peche. Eft-ce fai@ tort, injure ou blafime ; À cefte tant honnefte Dame? : L Va te pendre infcét feduéteur : Dame fondant de l’aucteur L'efprit, le cueur & Ja pealée, Di& bien qu’elle n’eft offencée. Et que Marot par luy repris £ vouldroit bien avoir fprpris En quelque chofe deshonneRe our en faire par tout la fefte. Va donc fouillard prendre faifine € bonne heure en quelque cujfine à puiffes avoir du rouet. € defire plus le fouet Fe és À Sagon, & ne te hazarde : oo. De luÿ ‘offiir une NaZarde, Car tu te pourrois fans mentir . Griefvement plaindre & repentir Si tu avois l'audace prie EE De J'executer telle ertreprife. FA Mais refpondz moy homme fans apparence fopre à blafmer ung autre en fon abfence ,: j ue nc teneit Marot à ton advis ‘*#"

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Ces beaulx Propos alors que vis à vis Un [

A maiftre & luy au Pont fainét Clou Le vei. rente 1 5 | À

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10% e+LE RABAIS DU' C'eft puys deux moys, tu fçais qu'ilz s'eñtit- dirent.

Et s’il y euft en bref temps &fejour Des deux parts dit ung Dieu gard & bon jour. Au fort la Royne affife lors en table YŸ fervira de tefmoing veritable. Povre Marot, par ma foy tu trembloys Encor plus fort que quant tu fus à Blois, Fuyant le feu de la fureur civile, Qui pourchafloit ta charongne fi vile. Et ue faifoit mon maiftre-cependant? H citoit là, fon honneur deffendant Et refpondant à ung Bonadventure Qui luy faifoit de maint cas. ouverture, Puis ne {çachant contenance tenir Ton mailtre fut l’Abbé entretenir, Qui luy feiüt bien en peu d’heure fa refte Dont ce Marot euit fi grande molefte, Que par ung dueil dont il fe defpita, Monfieur l'Abbé honteufement quiéta; Et toft aprés le partir de mon maïftre L’Abbé & luy mienaflà par ta lettre, Quant lung & l’autre entendit cftre loing. © le marault; O que‘de coups de poing On {uy debvroit omofner fur la face De menailer de ft mauvaife grace,

Ma foy tu ne-{çays que tu dys Ne luy, tant eft plain de mefdiétz; I! veult fon parler contrefaire , Mais le {ot ne le:peult tant faire Qu'en, ne l'entende & juge bien Car tout ce qu'il faiét ne vault rien: Zon que ton éfcripture nomme. Monître. la prudence de l’homme; C’eft bien rymé fus Sagouin Zan deflus l'œil, Zon fus le groing. ci

CAQUET DE, MAROT. 10g

S'il y avait raifon ou ryme,

Je m'esbahy comme il imprime,

u que Fripelippes auéteur N'en fut luy mefme correéteur. | Que refte il plus: changeraie matiere

Affin de faire yne refponce entiere,

Ouy: & fi crains, car fi on aperçoit

Qu'au nom d’ung Paige ung fi hault œuvre {oit;

Les Marotins à ligues differentes Concluront tous par raifons apparentes , Qu'il aura part au ftille Sagontin | Pource que l’autre eft d’e prit Marotin. Si vault il myeulx refpondre à l’adventure Que de cefler pour. une conjecture Or fuyvons donc, tes motz peter d’ahm Conviennent-ilz à l’afne Balaan > . Ventendz-tu point la trop longue diftince e l'ung à l’autre en ryme & en fubftance ? Ta faulte enorme en ce lieu advertit ne ton. Marot deforme, pervertit L’efprit divin de la fainéte efcripture outes les foys qu'il.en fai& ouverture, S-tu trouvé en tes livres lifant Une autre afnefe ainfi prophgtifant ? N as-tu veu toy ou ton de maiftre Une pareille en boys ou en champs paiftre. n Ifrael ou en Hierufalem? En as-tu veu en Ferrare, en Miilan ? Je (TOÿ.que non, & encor moins Venife Nourrit anefle, ainfi le prophetife : ais ce Marot de fens tout depourveu ‘hiftoire au vray de l'anefle n’a veu :

Sagon Par toy eft afne, & puys qu'en eft-ceë-

ACOr tu mens, car c’eftoit une afnefle

Prens qu'il la foit: & ton Marot mauldit Soit Balaan que lefcripture di&:

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LES 2eme: ESpEME SZ

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10 LE RABAIS DU Quel eftoit-il? convoiteux de richefle Et fans merite eftimé en fagefle, | Combien qu’il euft ung parler gracieux, Cela eftoit par difpende des cieux | Ou don de Dieu pour dire en catholique. Ce Balaan euft la faveur publique Lors qu’ fceut bien declarer en maint lieu Par lefprit fainct la parolle de Dieu, En ce temps là qu’il rendoit aclercye. L’intention de mainte prophetie, Et qu’il donnoit pour malediétion Au peuple paix & benediction.

Vel du bien qui l’homme vivifie; Mais va tout beau & ne te glorifie Car Balaan s’obitina envers Dieu En refiftant contre fuy en maint lieu: J1 fut coupable en faifant l’edifice Pour à l’idole immoler facrifice : Il offenfa en demandant confeil Au Dieu regnant en magique appareil, Et fut repris du confeil voluntaire

Dont il aprift à tromper populaire.

Vela comment Balaan eft defcript Au tefte fainét dont j’ay tiré let rit. Encor fauit il l’afnefle autant defcripre Que le prophete, & n’en deubit on.point rire: Ce Balaan pour peuple martyrer

Sur elle monte & veult tout droit tirer Envers Balac: quant ung ange cælefte Feift en chemin 2 l’afnefñle molefte; Qui vit bien l'ange: & le prophete non Ce qu’en ce temps Dieu ne permit f nom Pour confuter par une fimple befte Lorgucil trop hault de Balaan prophete. Pour bien voir ceulx deffus l’afnefle aflis, Attens ung peu que ton f{ens {oit rafhs.

. CAQUET DE MAROT. . are

_ Cefai&, reduys en là memoire tienne

Les ennemys. de Ja foy chreftienne.

Lors tu voirras l’ung après Fautre: ceulx Tumbez d’afneffe ayant pas pareffeux. Quoy plus? l’afneffe en a vertu de l'ange

… (Car d’elle feulle en nature ne change)

Ne vouluft onc marcher ou efchaper, Combien qu’on fceuft la batre & 1à frapper. En ceft arreft l'afneffe prophetife . L'afneffe parle: & l'ange [uy devife.

Tout {on propos: ou luy-mefmes parla,

Puis tout fubit de ce lieu. s’en alla.

Vela donc l'afne alegué en ta ryme | C'eftoit afneffe, il fault qu'on t'en reprimes, J'ay des figures plus d'ung cent | Ou cefte afneñfe condefcend , . à | Et n'oferois dire‘au contraire, |

ais la longueur m’en fai retraire: . Toutesfois ung mot te diray,, | t puis ce propos cefferay | ; En confutant ton. coq à l'afne.. | Mon maiftre avoit bien une bane. D'afnes & de COqZ tous infeétz ais il ne: meift onc en {es faiCz L’anefle, & ne luy voulut mettre Craignant faire honneur à ton maiftre.. Âu refidu, c’eft Zon, C’eft hou, Hou eft propre à chaffer ung lou. t ZOn que Marot di@- & couche, Sent {on caignard à plaïgne bouche. : Villain, vilain, ne penfe poin@: de ue tu demeures en ce poinét: | | On maïftre aura ung Jour Revenge ; | Mais (comme Dieu) bien tard fe venge; | t d'autant qu’il eft longuement où le cas creift le tourment..

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12 LE RABAIS DV De fin defpit tu me faiétz rire Du mot où tu ofes efcripre Et mefler à ton different_ Ung Abbé fage & reverend. Tais toy ne menañle perfonne, Ta cornemufe trop bas fonne, Et celle de Marot auf,

Pour la faire ouyr jufque icy. Je Croy que tu penfes tant faire. Qu'il face que Sagon differe

- D’efcripre à Marot & à toy:

Tu es 4bufé par ma foy.

L'abbé n’a loy de faire taire

Sagon qui eft fon fecretaire,

Quant honneur à parler Paftrain&.

En droiét & en raifon le craint;

Mais je t'afleure qu’il peult eftre

Qu'il n’obeyroit à fon maiftre,

S'il luy commendoit s’abftenir

A ton erreur contrevenir;

Avant quiéteroit fon fervice,

Qu'il ne corrigeait le tien vice. Envers l’Abbé a bon credit,

Mais s’il vouloit que mot ne dift,.

Il n’auroit pour fon abbaye.

Volunté de luy obeye.

L'abbé n’a foucy ne derny .

Si Sagon eft ton ennemy, :

On fçait bien quel homme peult eftre

L'abbé, le maïftre de mon maittre.

Je ne t’en éfcry aultrement

Fors que ton di& plus oultre en ment.

Parquoy mon maiftre n’en fai cure. Et quant au regard de Ja cure De Soligny: va gentil veau,

Sagon n'en euft onc ung naveau,

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RS

n.

CAQUET DE MAROT. 113 Car l'abbé fans aucun prologue La donna à ung pedagogue, Que je puis nommer fans danger C'eft maiftre Françoys Bellenger Hommedifcret, prudent & ige. Or corrige donc ce pañfage, Et te tiens pour tout afleuré Que mon maitre a bien mefuré Ce lieu, ceft endroit, cefte place, Où tu mentz fans y avoir grace, Mais on te l’a di& en la court, En mentant, pour le faire court. Tu dys (afin de la fin metre) Que ceft grant honneur à mon maiftre Qu'ung vallet de Maro Françoys | Luy elcripue: © Marult cent foys! O voix indigne qu'on lefcoute: O vice qui d'orgueil depoutte! © tort! O fcandaleux mefchef: Que ne vift Mara de rechef | : our venger en ung mot Pinjure, : ; Qu'ung Marault Françoys luy procure. Ton {ot propos yfant de cueur pervers € fait changer en heroiques vers Et veult qu'en fin j’ufe de grave ftille € Mon efprit une fureur diftille 2 ù Qui Rat de Mantoue & Romain ! Me fai@ icy apefantir la main. Marot a il ploire en telle abondance Qu'il ofe prendre avec oultrecuidance 9 de Virgile ou de Maro latin ? le marault, le marmot, le matin, : | Qui s’atribue & derobbe louenge | I n'apartient qu'à ung fainét ou ung ange, | a6t a .1| gravité foubz doulceur °®Mmme Maro? Nenny j'en fuis tout fur “ | à

en aie : à

114 LE RABAIS DU Maro vivant defiroit fubjeétz graves, Marot punays fe fourre avec les braves Affin d'ouÿyr au boureau leger mot; Vela que faiét en vivant ce Marmot.

Maro Rommain eut tant difèrte lamgue Qu’en pronunceant ou recitant harangue Peuple rommain luy faifoit mefme honneur Dont il eftoit à Augufte donneur Et ne meétoit le peuple en differance Quant à luy faire honneur & reverance Autant de temps qu’il difoit la raifon.

Or juge donc fi ton maiftre à raifon De s’aprocher du poete & de l'homme Qui a efté tant celebre à Romme? |

Ne crainét poin@& non, rien n’y a perilleux. Croy que Sagon ne {era orgueilleux ,. Que ton Marot foubz ung nom fain4

dreffe Lettre ou epiftre infe@te & tant l’adrefle. J'ay plus grant paour qù'il ne foit malco Si d’aventure il veoit ou s'ilentend Que je t'ay faiét des vers de mainte tail, En te cornant pour Sagon la bataille. Vela que cc, |

D I X A I N A Fripelippes.

U beuf d'’arain Perillus feit l'efpreuvé Et l’inventa pour fa mort encourir: ; Au temps prefent femblable hiftoire on trou‘ Et ne fault plus au pañlë recourir. . On veoit encor en la guerre mourir Par chacun jour, de guerre l'inventeur. Maiot

CAQUET DE MAROT. 11# Maint treforier de taille collecteur A chercher mort y cherchant friperie, Comme à fa mort, ton maiftre le menteur À inventé la Fripelipperie. Vela que ceit,

EPA PAR ENG ANNE REIN T1,

Hs eum qui fcripfit in Sagontinum poetam gallum. :

NICOLAUS DENISOT À | Cenomanus.

U" furor? que nam improbitas , Rabiefve? tibi ne hoc

Perfuafere fuis Eumenides furiis Nlius ut rabido divertas carmine nomen Ci mufe G charites nil nifi grande ferant: O: sujuris, famofo famofa libello . Quid tibi vis? quefo: dic age, fama [un eff Infurgant leges,. armari jura fatcbor

Ut tandem infamem pœna flatsique ferant Quicquid id en Pecite tua en ta gloria st inte-

Imrmmeriium immerito carmine carmen Agat.

FRANCISCUS DENISOT.

Rs, natura,.labor, virtus, fortuna bearunt Te quidem , fs verum dixero totus homo es.

JOAN-

Live à te ne = 2

116 LE RABAIS DU SCO ETPGRICRIEND CRDI RO NT PONINNNIENIONN JOANNIS HUGUERI

In Fripelippeum.

Tulte, Sagontinum tentas qui ledere nomts

Diceris ex ipfo nil quod carbone notandum Cernere, tu jattas vane dicteria plebis Certaque funt iffhec jurgantis verba ragoiti Quifquis es: audeta dofum accufare poetin Dum tibi fit probitas @p par conftantia mou.

FRANÇOYS ROUSSIN | Bontigny page de Monfieur Sagon. |

Ar dieu, Mathieu Boutigny gentil pat

Monfieur Sagoneft à toy bien tenu. D’avoir ainfi renver£é Péquipage De ce Marot en erreur foubftenu. Les marotins ont par tout maintenu Que ce n'eft luy qui. efcript, mais ung hommé Que faintement Fripelippes il nomme. C'eft menterie (amy) car fon jargon

€ Caignardier: fe peult congnoiitre, comme

L'efcript haultain de ton maittre Sagon.

JOAN-

CAQUET DE MAROT. ‘17

JOANNIS HUGUERII TETRASTICON Ja Richerinm , quod parum apte Saguntino émprecetur cum ait. Atque Sagon , | &c. | Iteris boc Verfu Francifco dura precari Quid prater laudem continet illa fames ? Illa fames nomen fanila virintis habero

Quam pia perpetuo fit comitata fides.

Fin du Rabais du Caquet de Marot,

EPI:

118 . EPITRE RESPONSIVE AU

LAS

EPITRE RESPONSIVE (1) AU.

RABAIS DE SAGON.

Monftre en injures impetüeux, Montre trop plus que monftrueux. Mais penfes-tu par tes injures

Mifes fans nombres & mefüres, Tellement quellement affifes,

Et par menañes peu raffifes,

Entre les fçavans avoir place,

Et au monde acquerir Ja grace ? Dea fi la grace tu avois,

Et fi tant bien coucher {çavois (Ou

(1) Tiré de Fimprimé in 8, à Paris en 1537

RABAIS DE SAGON. 119 (Ou ton valet) que ceftuy là e Qui pour Marot-premier parka:

Vraiment ce feroit quelque chofe,

Et foit du texte ou de la glefe,

À tout le moins on en rireit,

Mais une tripicre diroit,

Et tiendroit fes noyfes & plaitz,

Tout auffi bien comme tu fais,

Certes une tefte legere;,

" De poiflonniere, ou harengere,

Quand a treuflé le gobelet

En dit autant que ton valet:

La barbuë de petit pont;

Tout auffi bien que toy refpond.

Ung tas de motz d’une ventrée Donnent à la refponce entrée

C'eft à fçavoir, coquin, pouilleulx, Rotiflant trippes, & galleux, | Caignardier; marault & beliftre, ‘ O bon commencement d’Epiftre, Tmpoffible eft qu’il n’y ayt bien Dedans, du fçavoir & du bien.

. Puisqu'au commencement y a

Tant de beaux motz, qu’on n’oubiya Quant à l’impreffion premiere ue Rouën nous mit en lumiere,

Elle eft fi laide, & fi ebfcure

Que de la lire on n'én a cure,

La feconde eft fi digne & ncéte

Qu'elle eft bien deuë à tel poëte.

À brief parler l’impreflion

En vault très bien l’invention.

Et fur ce point (o fecretaire) Ung gentil compte te vueil faire À ton honneur, ainfi s’entend : Ung jour que j’eus payé content

ee

jo EPITRE RESPONSIVE AU Ta refponce que j’acheptoye | Quelqu'un me rencontra par VOye: J'entens quelqu'un, lequel à voir Se monftroit homme de fçavoir. Or me dit-il raflifement Que la gardaffe dignement D'eftre maculée ou fouillée, Ou, par faulte d’efpart, mouillée: En quoy fe monftra gracieux, Car le temps étoit pluvieux.

Mais quant j’eu leu tant feulement Quatre vers du commencement, Je congnu bien (fans qu’il le nie) Qu'il parloit par une Ironie:. D'’injure & fi peu continent,

‘Que je penfay incontinent

Que tousjours (à propos de toy)

Le finge eft reflemblable à foy.

Et me fouvient que quelque jour Je te vy prendre ton fejour A broquarder fans fin, ne cefle Valet, chambriere, maitrefle, Allans, venans parmy la ruë, Et leur faifois le col de gruë. | Je n’en mentz point, car ce beau fait Dedans Paris a efté fait, Durant le temps (homme nouveau) Qu'on imprima ton coup de veau; Dont tu eftois tant fier & rogue,

. Car d’eftre mis au Catalogue

Des Poëtes, ha ce n’eft pas»

Comme tu penfois, petit cas. Et eft chofe bien honorable’

Quand par un zele favorable

Le commun dit lors qui te voit,

Voilà celuy qui efcripvoit

Et

El

De quelque harengere folle:

__ RABAIS DE SAGON. Êt qui a efcript de rechef: Qu'il a de fçavoir en fon chef.

Tu as donc efcript par deux foys Meritans deux cens coups de fouetz, Car encore que ta nature,

Comme on voit par ton efcripture, Soit aufi loing de Poëlie Comme Paris eft loing d’Afie: Ce nonobftant malignité,

Gloire, envie t'ont incité

Et miniftré entierement

Les vers que feis premierement. Secondement ; ire & defdaing, Defpit enflammé, & foubdain Mellé de fureur & de rage

Ont armé ton infeét courage D'une poëfie oultragée,

D'une poëfie enragée,

: Si poëlie fe doit dire …

Qui n’a nul art de bien mefdire

Car encor fault tenir moyen

En blafmant grant, petit, moyen;

Et nonobftant que l’on mefdie, Fault voir quoy, & comment l’on die, Car qui ne tient quelque maniere Quelque forme faine & entiere,

- Îf n’a ne grace, ne demie,

Ou grace, de grace ennemie,

Ainf que toy & ton fot page:

Dieu 1çait lequel eft le plus fage. ; ar quant je y ay bien advifé,

Tu nous le rendz tout defpuifé,

Parfois tu luy donnes Pole

€ qui ne revient au valet

on plus qu’à l'ame le fiblec.

. Tome VI, F

IR

122 LPITRE RESPONSIVE AU Farfoys tu le metz en telz rencz Que femblable à toy nous le rende, C’eft à fçavoir que le fais eftre Parlant ainis {on fot maiftse, J'entens, ainfi, avec.tel fie Confus & abfcur, entre mille. Voilà comment tu nous le paisgs: Et fa perfonne auf bien faings

Comme qui verroit en ses Ung homme ayant double ffature; Double habit & double: . Ou ung qui fuit à deude uiage; Brief tu le rends aufls divers

Que luy feis de fortes de vers. Mais refpons, homme glorieux, Ecervelé & furieux, | Quel befoing eftoit-il de dire

Et te vanter par gloire & ise Que plus d'œuvres as érigé Qu'oncques Marot n’en a forgé à © Dieu, quelle effrenée audace, C'eit là parlé de bonne grace. L'on dit bien vray: qui n’a perfonne Qui gloire & lauaege luy donne,

" 1 luy eft permis qu’il fe vouë

Du tout à foy, & qu’il & loué,

Or dy donc comme la grenouille Qui lourdement en l’eau gazauille: Ma voix de louange raifonne Et à foy même gloire donne, Jen fort & enroüé, . |

s mon dur chant n’ef point loué,

Des œuvres donc te vas vantant En glofant que tu en as tant,

Qui eft fi veau, qui les. eftime Veu les autres que l’on imprime

© Por-

a

RABAIS DE SAGON..

Portans faultes à Has

Où juge aux ongles les lions:

Par quoy tant Et es veau & befte

De nous perfer mettre er li tete

Que tu paifés avoir defcript Plufeurs grans chofës par efcripte

Tu en fais trop, car ce dit l’on

Mieulx en vabldrbit peu, & de bon

Je te laiffe à penfer combiea

Auff l’on a reputé bien

De c'que ton cueur indighé

Dit qu’il a tant de pris gaigné. ; Premierement rien je n'en {çay ;

Secondement, ton coup.d eye

Et ten rabais aflbz nie niénitré

Que fut pluftoft heur & rencontre,

Larrecin, ou faveur petite

Que ne fuit pas deb & merife: Re dE de ton rabais ord

nb que puanteor fort, Se Al Qu ms ble er d'u séien re

fre bar taire peine ve toutes:tesfrnltes reprendre, ‘ Car par trop de temps me fauldroit Pour te tonftrer le tune à: droit Et en .dreffat ung: teb libelle:,

Le jeu n’er:vauldroit- le chändelle,.

Et auffi:tu: n'en es pas digne, ‘: D'une tant fait. perite ligne: : -

Encoré trop d'honneur taie de Qui lit ton œuvre fninfaiéti

Adieu Poëta'Sagouim.,. © :: Adieu ton page: Babouis. .

| | Fa

139

RE-

124 REMONSTRANCE A SAGON

h.

Champefire par maitre . DALUCE LOCET;

ESS Ovre Sagon , en quel lieu t'es-f8 | 9 À : MIS, °° Q EETR Tu as:acquis cinq cens mille er A SNS - . nemys : vf ESS Penfant avoir los & renom de “ .cripre <: | Contre Marot qui.ne s'en fait que rire, Ettes efcriptz aufquelz a plufieurs motz Tant mal affis Jluy ee de Marmotz Ou finges vieulx, luy donnans pañle temps: Car quant il voit que tant peu tu aîtens En l’art de rime if ne peult (à vray dire) Se £ontenir qu’il ne fe préngne àrire Ne vois-tu point qu’ung chafcun va criant Que tu euz tort ainfi le defcriant-._ que Jamais (ce croy-je) il t’euft mesfait ; 9e encor qu'il euft vers toy forfait, plus ; p

+

ab. ?

1 É

RD OR ue ee te el Dire tte

| » ET A LA HUETERIE. A2 Plus toft debvois le forfait oublier + + Et humblement vers toy le r’allier Que te monftrer mefdifant. ennemy Par tes efcriptz qui n’ont ne fa, ne my. 1] t'euft aprins ce que tu ne fcez pas C'eft aflavoir d’efcripre par compas: Il t'euft aprins (fi tu n’eufles efté Si glorieux & fi :fort efventé) À compofer (fi l’eufles voulu croire) Et acquerir quelque louenge & gloire: Il t'euft aprins à dire bien d’aultruy Et non pas mal comme.tu dis de luy. | Ne voy-tu tant d’apprentis’ qui s'appliquent A te refpondre, & pour Marot replicquent Et de bon .cueur ung chafcun le deffent ? Tu le penfois faire petit enfant; Mais maulgré toy quelque bavart que foys Il regnera {ur tous. Poetes françoys, Il aura bruit en-defpit-de ta gueule Qui contre-luÿ fmble-qu’elle s’efgueulle. Mais vien ça, vien, dy-moy povre folet . . Qui fi bien fsings avoir quelque valet Qui fait refponce à celluy de Clement: Tu n'as ofé refpondre nullement Ea ta perfonne ayant paeur de reprife Qui de trois motz en trois motz feroit prife. En as tu ung qui réponde pour toy à De le fçavoir.j'en fuis en grant.efmoy Fors uog, Huet: je faulx, c'eft, Huterie. Qui fcet.fi.bien.controuver. menterie» ©: En fes efcriptz tant fottemeñt pourtraiétz, Qui ne font bons qu’à porter aux retraiétz, |

Où pour donner à ung apothicaire

Pour (quant vouldroit donner quelque . cli-

. . ftere) Torcher. le. cul; (puis qu’il fault que le die): F3 À

D:

e 126 REMONSTRANCE A SAGON A la perfenne eflant en maladie, |

Vela dequoy paurrant dervir les mers De ce Huet fi fetz & fi divers. n | te:

4

Ung aultre en 4s qu'on dévrojt mener pal Qui fe furnomme & dit poetechampcitre, Qui monftre bien, que fa foite. elcriptue Ne fent rien fers que l’herbe & la à sa D'afnes baftez, deiquelz il ef gardeur (Son bon {çsvair luy a :doriné ceft heur) I] luy fauldroit de lavoyne ou de l'orge Ou ung eftronc pour rafraifchir fa gorge Qui parle tant de merde. &r de tripaille En fe tant fotte & tant lourde rimaille. Je ne cray point qu'il n'ait efté forg uclque vieux trippier mal engor

D Où d'ung P

(ES ourceau qui miçulx SR) merde,

(Maiche 8: ) qu'il:ne fai l'herbe yerde Pource à Jia | ge - De fripemerde en v

a génealogie Eine elegie. :

On vait af: quil ft lourd à badsule .# us que ne fut fon.pere grant ajgault,

Tant {on. efcript A allo Port name _

Qu'au dyable foit le fourreau de fon ame,

.. Ma plume aufli devient toute affo blie

Quant j’entreprens d’efcripre & follie, : Confiderant qu’il fauldroit que je fufle

_ Trois MmOYyS entigrs avant qu'eicripte l'eufle, .

Voila pourquoy je le hiffé à repos: : : Pour retourner doncques à mo propos

Tu penfois

bien eftre sxaité du'monde

ÂAlars' que: fs ton livre très-immunde En contre luy faifant acroire au Roy Qu'il eftoit chef de tout le défätroy

Qui s’efleva (Dont ilye

PUIS quatre ans en: Paris ut maintes gens fart- maris)

D'aultres beaulx ças luy penfois faire acroire | | Que

ET À LA HUETERIE. 127

Que je ne veulx point reduire en memoires. Mais lors quelqu'un de cueur doulx & benin Donna remede à ton maulvais venin, Difant au Roy qu’à tes diétz ne creult point. Car il fçavoit où tendoit le poinét De tes efcriptz. C'eftoit comme je {çay (Quant luy donnas ton joly coup d’ellay) Pour impetrer de luy que par fa grace, Son plaifir fuft de t’ottroyer la place, Qu'avoit Marot pour lors hors de la France, Mais le bon Roy n’y euft foy, ne creance, Et reprouva tout ton dire, & efcripre, Penfant très bien que par rancune ou ire Ou par envie avois tant defgorpé Mal de Marot qui eftoit deslogé, Et fi j'avois temps à commandement Je t'efcrirois pourquoy, par qui, comment 1! s'en alla: pour au vray te montftrer Que tes efcriptz te fauldroit racouftrer : Mais je remetz cela au mois qui vient Si d'aventure ung loyfr me furvient, Où l'on veoirra l'apperte menterie Que tu fongeas avec la Hueterie. .

Mais ne {ceuz-tu autre moyen chercher. Que de mentir, & verité cacher, Pour efmouvoir (comme bien tu penfois) Noftre tant doulx & bening Roy Françoys À te donner l'office de l’abient ? Penfois-tu point qu'il y euft plus de cent Auitres que toy qui l'ont myeulx merité Defquelz le moindre a bien en verité, Plus de fçavoir que tu n'auras jamais ? Et m'esbahy comment tu t’entremes D’efcripre ainfi au Roy fi fottement, Ïl vit comment ta plume fotte ment Par quoy de toy ie rocat nç tint compte,

4

Pa-

RS RE Me 4 à

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ES pe

128 REMONSTRANCE A SAGON Pareillement y eut ung duc ou compte Qui luy dift bien qu’eftois par trep follet Pour le fervir en chambre de valet, Car à bien taire eftois ung peu trop nice Mais à mal faire eftois fur tous propice. Tu ne {çauroys (fans mentir) acquerir Honneur ny bruit, n'aulcung bien conquérir Par tes efcriptz, comme Marot a fait, Fu le fcez bien, & chacun en effe&t. Ne fcez-tu pas qu’il a tousjours efté (Fuft en yver, en printemps, ou efté Pour fon fçavoir bien venu là, & cà? On le veid bien quant la Françe laiff, Car le bon duc de Ferrare & ma dame L’ont retenu Peu le bon loz & fame Que tant de foys avoyent ouy de luÿ Si qu’à vray dire il n’y avoit celluÿ . Qu'il n’euft en {oy ni ide esjouiflance D'avoir à luy quelque peu d’accointance. Voyla en brief, qui pourroit tefmoigner De fa valeur, quand vint à s’efloigner Lors qu'ilaila fervir dame Renée Fille de France, en vertus bien ornée. Pour abreger, il n’eut jamais. envie D’efcripre rien de ta mefchante vie, Fors quant il veid que vins à t’avanfer, Dc fonger mal de luy & le tenfer : Si fottement fans caufe & fans raifon, Dont on te diét plus fot qu’ung jeune oyfon. Ne vois-tu point que les peris & grantz Vont jà-par tout ton livredenigrantz Qu'’au diable l’ung qui en vaille la vente, Puys lon fcait bien. que ta plume s'efventt, Trop füttement eferipyant d'aultruy mal Qui eft ung cas trop'vil & anormal: Mais le pis eft, que le pauvre Fees

\

‘ET'A LA HUETERIE.. rrÿ

Qui l'imprima, t'a donné (fon rhimeur)

À cent‘dyablotz , ainfi que l'on ma diét, Car par ton livre:a perdu le credit

Et ne s'en peult depefcher nullement Depuis qu’on fcet qu'il eft contre Clement. Et par ainfñ:fauldra que le pauvre homme

Perde d’argent (par toy) bien groffe fomme ,

Qu'il advança (dont il faiét male trongne)

Aux compagnons pour les.mettre en befongne:

Après ton diét vilain & mefchant livre, Qui ne vault pas de fablon une livre; . Car qui vouldroit bien donner à entendre:

* Ung'chafcun point qu'on y paurroit reprendre:

Fauldroit qu'il fuft ung an, ou d’avantaige

À ragencer ton: vil & {ot ouvrage. © Voyla pourquoy je ne m’amufe point

À corriger : Mais s’il venoït à point

Quelque autrefois &-que j’euffe loyfir

En paflant temps, & en prenant plaifir,

Tu pourrois veoir ce que j'en fçauray faires

On ne pert pas. tout cela qu’on differe. Contente toy’ doncques pour maintenant *

Car fuis fafché la plume en main tenant

Pour defchiffrer ung peu de tes menées.

Lefquelles as cà & là demenées..

Je penfe bien que tu replicqueras, :

Mais toutesfois, de moy. dupplicque auras ;

Où tu veoirras comment fur noître poëte

Ne doibs getter ton fot bec de chouette.

Qui eft Clement: car il prent pacience

(Laquelle pale & furmonte fciënce),

Et à dieu feul remet toutés injures.

Que luy.ont faiét fes envieux parjures: .: Or pour l'efcript meétré à fin, & à chef

Je t'averty & te dy de rechef, : .. .

Que fi tu D en ta main plume:

5

Pour

=

ro REMONSTRANCE 4 SAGON Pour contre luy efcripre ea forte aucune Tu recepvras, & t’en donne bien garde Ung horion, d'ung archer dela gæde

Qui te congnoift & tous les.tiens auflÿ. | Qu'or pleuft à dieu qu'ilz fuflent tous iÿ Très-bien liez fans verge.ne bafton | Je leur ferois confeffer en. hault ton Qu’ilz ont failly, ou la main me fauldroit

À frapper ‘fus à feneftre & à droit.

Je t’y fouhaitte aufly femblabiement

Car ton faulx cueur à eulx femblablement

Tu menerois tout le premier les danfes

Car le premier tu mors, picques, & tenfts.

, A fl BEIC CRE CREER LOU LA Pa Le VAE AT Va Re

Maiftre Dalnce Locet à | Sagem. À | HUICTAIN

SE: Sagon, fi tu me croix : Tu te tairas fans plus mentir, Ou aultrement par ‘fHinéte Croix On t'en fera bien repentir.

Tu as bien ofë defimentir Clement Marot en fon äbfence, Maintenant te veoit abeftir

Et rejééter en fa prefence.

D'IZ AIN Defpendiinr di Phulétain pretedèné par Ly-méfo T's bien meer

aTon À corde, _

PS DT ete RU NT CE ee FEAT st)

LA ET A LA HUETERIE, 131

xs Car le premier las irrité |

«gÿ Êtas rompu paix & concorde. | nm Quant eft à moy je m'y accorde;

“. Mais fi tu te veulx aménder,

Et humblement luy demander

Pardon de ce que luy as faict,

1l pourra très bien commander

., Qu'on meéte en oubly ton forfait.

ki COR LNAILN NID NNNINRICIILIININ LD ze Benedtus Serkifaus Salnrienfs in Sagoinume

# EPIGRAMM A.

1 L enat abfmien Sagoinus dente Marotu ,

Fode putans aliquot nominis Enlogion. | # Fallitur augurio, nam non livore paratur | Gloria, quarenda efi artibus ingenuis. À Hwetiam fheraffe pure du ve ua Maronis.,

# sr! #7)

hf Mt

Galli fubfansat, acere [nA. Falleris boc inquam A Philautia caca. Pracquitens ducit, gratis nulla tibi eff: Nam quanto fiellas, dy catera fydera Titan Excellét, tauto: te prior arte Maro. Dicere finequeas verum , tu difce tasere: "Ant reilis fudiis nomina recta pete.

FRANCISCUS FERRANDUS

Ad Campeftrem Poetam, Sagontum, & Huetum.

/ C mpeftris vates (modo fit fas dicere vatem Te fiupidum) haud mufas , [ed cole rura pracer.

Ad-

132 REMONSTRANCE 4 SAGON Admoneasque tui fimiles , Huetumque , Sagontu® Jndoëlos vates, litibus abflineant. Improba lingua malos fecit vocitare portas Vos, quibus in probris mufa repertafuit

LANRAIIDORDNDIRDRIONT CRIIRILIRI ATRRRAID

In Sagoinum Jacobi Mabræci Maroti aman- | tiffimi

EPIGRAMMA

| Ur Maro livoris pateretur [cripta rogatus, C Comprimet illa brevis, dixit, runs dis. A ego qua facili promo diéfante Minerva Tempus edax ; Pas nec premet ira Fovis Sic Maro Cacropins , latiusque, € gallicus ,altum Num vellet Sagonuwm [ape rogatus, ait Ajacem imbellis puduit velut hofiis Uliff, Hunc hoffem nobis fic reor effe nephas. ‘Parva trophan parit tennis vidloria , veruni Infigni ex rerum nomine laus fequitur.

Fr he ma gen.

LE 7

Ejufdem in eundem Sagoinum , qui naminé famuli ementito in Marotum {cripfit..

Entiris nomen fallo Sagoïne , quid iflud À Cenfuram galli vatis çy ora times Te famulum dicis falfo Sagoine, quid iffnd! Serdidus es, villi villior € famulo.

Re LE 2e

- ET À LA HUETERIE. ‘133

A Charles de la Hueterie à

TRIOLET. D. L.

Uet mon beau protenotaire,

À Apprens à rymer autrement. Ou bien du tout 1l fe fault taire, Huet mon beau protenotaire ,

Tu penfois eftre fecretaire

Mais ta penfée frivole ment. Huet mon beau protenotaire- Apprens à rymer autrement.

A Sagon , à la Hueterie, œ ah poete Cham- peffre. Françoys. Gaucher.

HUICTAIN.

CE veulx-tu plus dire mot:

Huet, & toy poete Champeftre, Ce n’eft ny Clement ny Marot

Qui vous danne tant à repaïftre :

C'eft ung apprentiz foubz bon maiftre, Mais toutesfois il {cet aflez | Pour corriger & la main. mettre

Deflus voz metres .ramaflez. |

-

134 REMONSTR. A SAGON &c.

sh port

PE: rural poete Champeitre,

Pocte qu’on debvroit mener paiftre, Ta fotte mufe monftre bien Que contre Marot tu n'es rien,

Car fon filz qui ne fait que naïftre Quant à rhimer, féroit ton maiftre. Or devinez doncque combien Loing du pere tu pourrais eftre.

’Éft trop crié apres fes veaulx, C Rien ne vallent pour tout potage, Fors qu’à menger choux ou naveaux, C’eft trop crié après fes veaulx;

Ilz fe dilent paetes noureaulx, Quant ilz paflént par ung vilage

C’eft trop crié apres fes veaylx

Rien ne vallent pour tout potage,

Fin de La Remonfirence,

æ

EPI-

A SAGON; & à la HUEYERLE.

ee,

NE m'esbahy qu'ung tas de gens - DE A s’emtrepicquer diligens, 7) À s'entremordre trop habiles /7à Se font tant renommer par villes! SEA Mais orrone-nous tausjours les

—.

" | "AZ

De la vente de leurs eforiptz? Efcriptz de façon peu chreftienne, Affin que ms je n’en fouftienne. Car je ne vueil favorifgr A lung pour l'autre defprifer, Bien dire vueil ce qu’il m°en {emble Tout franchementde tous enfemble , C'eft (brief) que tous, à mon advis Tiennent {otz plaitz; & fotz devis.

t fi penfent faire merveilles

OMpans au monde les areilles.

Davantage (qui eft le pis)

Ilz fe monfirent fiers & defpitz.

uant 1ilz n'efcrivent fans aucune Cos-

136 EPISTRE A MAROT, A SAGON

Contention, picque, ou rancune.

Par mon ferment, c’eft bien all, C’eft bien efcript, c’eft bien parlé, C’eft donné bone exemple au monde, Qui de {oy n’eft jamais trop munde. Voirray-je point le temps qu'on voile Mieulx efcrivant. fans picque, ou noyfe:.

Sagon du tout ne me:plaift point, Car le premier il picque, & point Trop lourdement, & en l’abfence D'ung qui peult ufer de deffence Telle, qu’à parler par raifon Il n’y auroit comparaifon;

En quoy faifant feit trop notoire Au monde, fon envie & gloire.

La Hueterie en quelque endroit En parle aatant à tort qu’à droit Si j'en ay bonne fouvenance.

Ung Normand vient en cefte dance Qui a renom foir, & matin: D'efcorcher le parler Latin, Marot revient, à fa venue

* Par fon valet vous les falué,. :-”

Et fi je ne faÿ pas comment "I Il fe monftre ung bien peu Clément, . : Mais l’on peult dire en verité = 1, Qu'on avoit prefuier irrité. *’ Davantage, ce qui mieulx' fonne;

J1 ne refpond en fa perfonne. :

Et puis je ne {çay quel. follet

Vous vient refpondre à ce valét,. C’eit aflavoir à Fripelippes - - : *

Se contrenomimant fripetrippes;.

Sa refponce cft très-bien garnie: D'ordure, & toute vilennie, : Si que fa grande infameté-: La

ET À LA HUETERIE. . 137 En à fins nombre degoufté | Qui defiroient mefmes de voir : Que de refpondre on feift devoir. | L'autre moins ord, mais peu modefte, Se vient auffi dy ka tefte,

Et tant fait fon‘ efcript refondre Qu'il eft plus d’ung moys à refpondre, Tant a reveu, & medité

Qu'il a quelque fluidité-

Dont il prent gloire, & vanterie , Si m’efl-il advis (Huterie)

* (Si j'ay jugement toutesfois) :

Que tu n'as efcrit les deux foys. Car il y a par trop à dire Du premier, & fecond efcrire; € m'en raporte au jugement De ceulx qui jugent agement t qui n’ont en cefte {cience auite de bonne experience. . | Je delaiffe 1à Fripetrippes; , Il eft trop plein d'ordure, & trippes t J'ayme mieulx me convertir Vers toy, affin de t'advertir , Que toy qui es encor novice ü tombes en ung mefine vice Lequel en aultruy tu reprens, n quoy beaucoup tu te mefprens. t n'y a point chofe plus hide, Car de vouloir donner remede aultruy , & ne povoir pas Se le donner touchant fon cas. chofe fmble difficile tout homme, tant foit habile. O medecin (ce dira lon)

Guaris tes mules au talon,

t puys après adviferas Puy ; PF | Com-

138 EPISTRE À MAROT À SAGON Comment les aultres guariras. Homme qui porte tache, ou marque Ne broquarde, ce dit Plutarque. Quiconque autruy blafimer vouldra Sur foy regarde, il fe tiendra. Celuy eft {ot qui veult mefdire Ayant fur {oy bien à redire. Car il convient que qui broquarde, Premierement fur foy-regarde. - Quiconque donc broquarde aultruy Nulle tache ne foit fur luy. Or nul n’eft fans aucune tache, Et pourtant donc ung chacun fache, Qu'autruy blafmer c’eft grant peché Puysque chafcun eft entaché, ‘_ Or ne veulx m’employer du tout Pour te nombrer debout en bout Et te demontrer tes deffaultes Trop apertes, & bien peu caultes, I! fuffira de quelques unes En delaïflänt les plus communes: Car quand m'y vouldroys employer Je n'en auroye pas grant loyer, Advife donc premierement Là où eftoit ton Jugement Quant commenças en cefte forte, Ainfi que ta refponfe porte: (Il eft bien vray comme l'evangile) À une chofe baffle, & vile, | Accommodant l’auétorité Et proverbe de dignité. . Tu as, fitu advifé bice à Au premier vers trap mis de (bien) Et fi Jamais efcript n'y as leu Auquel Marot fe foit voulu : | Attribuer le grant rengs :

De

ER.

ET À LA HUETERIE. 139. De Virgile, en prenant fon nom, | Parlant de foy, en {à perfonne: S'il ett ainf, je m’en eftoone. —— Si quelques gens de bon favoir Qui jugement doivent avoir À Luy ont ce nom accommodé S'enfuyt-il qu’il l'ayt demandé ? | Cela ne fait qu’on le defpri£e, Cr | Ains pluftoft il fait qu’on le prife: onc quand au lieu de le prifer Tu te metz à le defprifer, D'autant loing te retires-tu es gens {cavans, & de vertu: | ne s’ifz n'euflent veu reliyre En Juy quelque grace d’efcripre n Poëfie, & vers Françoys amais n’euffent (certain en lys). Penfé de luy bailler ce titre re ne peult que bon lo ytre, Et fl ton ftile euft efté tel | Poffble ce tiltre immortel. | u euffes ainfi qu’il aura ait que Frangoys on païlera, ombien que fon nom y confcnt Êt le tien en rien ne le fent. Mais pourfuyvons. Ton vers {eptiefme Cloche, cet Ja faulte traifiefme J'entens clocher. #aillir au fene : Comme en le lifint Je le fens.… :

Ce qui rend la féritence obfcure

Et y fair ceffer La leQure. |

(Porte barrault) vient puis après, s (belier) le fuyt de trop près. € laiffe les noms retournez

Lefquelz peuvent eftre tourner

En divers lens, àmal, d'hbiens ©. Aufis-

Re <<

-140 EPISTRE A MAROT, 4 SAGON

Auffi-toit le:tien, .que le-fien.

Et m'esbahy comment tuufes.

De telz argumens, .où t’amuüles, .

Qui {ont autant propres aux ungs

Comme aux autres, :car font communs. | (Or reconfeillez ce pouvre homme) Revient autant au propos comme Magnificat fait à matines, . |

C’eft pitié comment tu maftines,

Ces deux verbes mal habillez, .

( Abbolye, & reconfillez,). -. (Ceulx qui luy portent amytié)

Ne rentre pas de la moytié, - : :.

(Une cornille) nr'efinerveille,

Mais non fait pas uné corneille, : Parcillement (ung chant de hache) Vient aufli mal qu’ung coup de hache.

(Il a fouffrance) c’eft offert DE

2. lieu de . nr 2) ’uis (je ne dis) pour je ne Y» sn Me Cd ung péri Ho hardy, ".

(Et le valet) ne rentre pas. He Car il en cft trop loing d’ung pas.

De Marot tu te viens vante ‘ :

Que rien ne povoit inventer;

. À il faulte d'invention Qui feit la deploration :

De Robertet? & de ma dame: .

La Regente ? non für mon ame e

Et puis l'enfer tant bien fait? veu

Que le Roy l'a veu, & TEVEU. _ Quant tu faulx à ton entréprife

Laquelle eftoit bien haulte prife,

Tu dis que la faulteaefté

Non de toy, mais de fon cafté; .

Je ne voy point qu'il euft-puiflance pou

ET À LA'HUETERIE. 141 Pour lors t’y faire refiftance, Si non fa repütation En grace, & en‘invention, Et que lors f plume dorée FE Mefmement eftoit reverée: Voila ce qui peult t’empeféher. . De fon office toft pefcher. |

(Fuffe) pour ufles, eft mal mis. (Et fur cel) n’a nulz amys

hi referer on le puiffe ?

(Plufieurs blafmant} eft {on complice . De quoy à bon droit fe repent, oo Car il ne fçait dont il defpent, Tu reprens ce mot Sagouin Qui eft rymé encontre groing, Mais me femble auffi bon qué boive, ymé contre, liqueur fouefve 5‘ u comme, qui rimeroit, . cieux, SE » fuperfticieulx. L. De telz motz 7.a plus de mille - . Qui font receuz en Ja famille : 3. Des nobles rhetôriciens. ‘:: . … . : Tant des jeunes, comme anciens, _{....:: Tu dis que Marot-bien nr Se 7 Une amytié a mal ufé, | RE t danger a qu’encor n’en ue: | 'eft une maniere d'excufe, - … Et de blafiner {on adverfaire: Si croy-je qu’il ne daigné faire : À quelque amytié violence, tue ne vient d'autre infolence, 4% tn'ay pas paour de tel defroy . -.: Sur amytié qu’il ayt à MmOy. Poffible tes mesditz, & blafimes: (J defplairont à quelques femmes | Nÿ à quelques hommes euffy. . F. ar

Re : RE RE .

143 EPISTRE À MAROT, À SAGON Car je ne {çay comme en cecy

Bien deue, J

Car vituperes, & mefditz

Sont mieulx receuz que les bien ditz. Et jamais les gens de fcience, :

De labeur, & de diligence,

Et de vertu pareillement,

(Ainfi qu’on veoit facillement)

Ce temps pendant qu’ilz font en vie

]Iz ne font fans aucune envie.

La nature eft telle aux humains

Tefmoings les vertueux Rommains, Ta plume ment, & trop s’efgarc

Parlant du fouet de Ferrare,

Comment as-tu ofé fonger Ung tel propos, f: ue it-il croyable,

Car comment fero Ou aucunement vray-femblable, u’il euft lors efté fouete, Au lieu auquel fut arrefté, Et tenu en plus grant faveur, Que tu n’en fuz onc recepveur Au plus grant bruit que tu fuz encqne? Car ton grant bruit ce fut adonçques. N'’efle pour vous rendre esbahis,, Que luy abfent de fon pais Fut en plus grande reverence Que vous, au voftre, en fon abfence? Mais tu dis qu’en fon fel langage 11 fera bien ung {ot ouvrage. Tous ces propos ag font, que plaiétz: Je

-

ET À LA HUETERIE.

| 143 Je m'esbahy fi tant te plais,

Que par ton ftile (hærme nouveau) D'ung lyon cuide faire ung veau: Toutestois s’il fault quon sarsele Au Jugement de touts telle,

Marot à tous se fitisfait, | 2

Combien qu'il y foie le plus fait,

. Que quelconque autre perfonnage, Qu'on voye encor de {en aape. J'entens de ceulx lefquelz deflient

Eurs œuvres, & nous les publient, Or ne fut onc f boæ cheval |

Qu'il ne choppaît en. mont, ou val,

Ce qui ne: doit eftre merveille,

Quelquefois Homere fanmeille,

Et Cicero jugeoit ainf Mefine de Demofthene auf,

Grant orateur, auquel devoit La pluspart de ce qu'il fjavoit.

t parcillement Fite-Live, | Le fleuve d'eloquence vive, Quelqu'un l'adit, &recité

entir {à patayinité. | omere a bien eu fon. zoile,

Son pollio a eu Virgile : :

Ce n'eft donques pas de merveille.

Si ta plume tant & travaille :

“temps, & peine perde, & mette

À reprendre noftre poete. Fr

evers noftre Roy bien venu:

Et fon poete retenu, . .

à longtemps a, lequel encore: fr toute envie, il decore À {on retouy, car ne prent cefle pe De hanter grant prince, & princef&, Chery de gens d'autorité |

Qui

a EE

144 EPISTRE À MAROT, A SAGON

Qui l'ont en telle dignité

Laquelle à celluy appartient

Qui le nom de poete tient,

Poe ainfi comme Maro

A {on grant repreneur Pero,

Devant le Roy peult bien refpandre

Pour ton cueur co

Je Pen quant te tairas.

Comme difant, toy tu feras

Enfepvely avec filence:

Je vivray par mon éloquence:

Mon renom par mon.efcripture

Ne viendra point en fepulture;

Mes œuvres, mes efcriptz, mes vers,

Ne feront point rongez des vers, | Voyla comme il m’a femblé digne

De louer fà veine.benigne,

Son ftille doulx, & enrichy,

Lequel a tout autre affranchy,

T'efmoing les fçavans de noftre aage: ui le louent tous d’ung courage.

Garde les donc (fi tu pouvois)

Qu’ilz le louent tous d’une. voix,

Car. c’eft plus la communité

Des fçavans , & l’auétorité,

(Dont ton bas efprit eft forcloz)

Que moy, qui luy donne ce loz,

Et fi voz veines poetiques

Efloieït en vous fi autentiques,

Je ne ferois difficulté.

D'’en dire autant en verité,

Car à chacun louenge deue

Doibt fans envie eftre rendue. Mais garder me fault de exceder

Sans plus longuëment proceder.

Car j'ay dit qu’en cefte matiere fe |

me

ET À LA HUETERIE. 14$ Je ne feroie refponce entiere. : Le refte en oubly fera mis Ou à quelque autre temps remis. | Si par avanture il arrive Occafion que je refcrive , Je trouve encor lefcript bien jong. L veulx faire la fin, adonc: ; . n te louant, Sagon, de quoy une tes mis en te] arroy. Saches auflÿ que fi ta veine Luy approche, c’eft bien à eine, t de mon confeil ne te deulx Oùr ung il en trouvera deux. Que dy-Je? mais fuft-il abfent, Pour deux il en trouvera cent, Qui refpondront carmes » & profe. On en à ja veu quelque chofe Comme j’ay ouy reciter. Si vous les venez exciter imprimeur, on vous en livre Ui contiendront bien ung droit livre. Voila (leeur) leur efcripture Ouchant leur vie, & leur nature, _ eur ditz, leurs geftes, & leurs meurs | “ncernant Je fecret des cueurs: ” j eur confcience, & Dieu en juge, € n’en veulx point eftre Je juge.

Fin de PEpifire à Marot à Sagon, & à la Hueterie,

Tome Le d G | LES

146 LES DISCIPLES

DISCIPLES AMYS DE MAROT,

Cortre SAGON > l HUETERIE) © leurs adberentz.

HENDECASTLLABI SEQUENTIS

ARGUMENTUM

Uandoquidem Autor 707 vult fi at-

_Z rogare in re propria judiciurt Jjberum acit letfori benevolo judicare relte ne 47 perperam fecerit , fufcipiendo Regis poetæ Cle mentis Maroti patrocinium adverfus se

À DE MAROT À

$ | 47 dum Sycophantam , qui ipfum Marotum licet

abfentem blafibemie infimulare , maledictif- que lacerare aufus eft ; illa prefertim infœli- G tempefate ; qua patronos reperire diffcilli. Wu fuit. Quod ipfe Autor ad puri [ynce- rique animi [ui.judicium Periivere exiflimas, Ceterum in bac :apologia à fius calummiato. ris n0men ubique breffit , srdignum Putans quod feriptis apud doSos @ pios vukraretur,